Sarthe

L'Enquête

JDE Edition Sarthe 72

Risque routier. Principale cause d'accidents mortels du travail

ajouté le 4 septembre 2009  -  - Mots clés : Actualité, Fait du mois, Déplacements

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Thierry Boissinot, président de l'ASRE 49.

Le risque routier constitue la première cause d'accident mortel du travail. L'ASRE 49 (1), présidée par Thierry Boissinot, mène des actions de sensibilisation à destination des dirigeants et des salariés du Maine-et-Loire.


Quelle est la part des accidents routiers dans les accidents du travail?
En 2009, 55% des accidents mortels du travail sont connectés au risque routier. 40% d'entre eux surviennent lors du trajet quotidien domicile travail.

Les entreprises sont-elles conscientes de ce risque?
Pas suffisamment. Selon une enquête réalisée en 2008 sur le Maine-et-Loire, seules 18% des entreprises ont mis en place une évaluation du risque routier. Or, il s'agit d'une obligation réglementaire. Les comportements sont différents en fonction de la taille de l'entreprise. Généralement, les grandes entreprises mettent en place une organisation qui permet d'évaluer les risques, avec par exemple l'installation d'un chargé de sécurité
.
Quelles sont les missions de
l'ASRE 49? Son principal objectif est de sensibiliser les chefs d'établissements et les salariés au risque routier et de leur donner la possibilité de bénéficier des expériences déjà réalisées. L'association regroupe 40 représentants d'entreprises, qui emploient 20.000 salariés dans le Maine-et-Loire.
Quelles sont les actions mises en place?
Avec les chefs d'établissement, nous travaillons sur la responsabilité. En octobre, nous allons lancer trois actions, en partenariat avec le cabinet d'avocats Fidal et la police nationale, à Angers, Cholet et Saumur, autour des risques liés aux addictions. Nous évoquerons notamment les enjeux et les risques pour l'entreprise: l'impact possible au civil et au pénal, mais aussi les coûts directs et indirects liés aux accidents. Nous menons également des démarches en direction des salariés. À travers notamment un jeu concours, mais aussi, en les sensibilisant aux risques liés au mauvais état d'un véhicule. Des diagnostics pare-brise et pneumatiques sont notamment organisés. 15 à 20% des véhicules en circulation présentent un défaut sur leur pare-brise et plus de 50% roulent avec des pneus non conformes. À partir du mois de septembre, nous allons mener, en partenariat avec la Prévention routière, des actions avec révision du code de la route.



(1) Association sécurité routière en entreprise de Maine-et-Loire

Impress Metal. L'entreprise s'engage pour la sécurité

Jean-Luc Keravec, directeur d'établissement à La Flèche.

Impress Metal, fabricant d'emballages métalliques à La Flèche (72), a initié depuis 10 ans un plan de prévention des risques routiers. Sur les 350 salariés, seuls 10 effectuent des déplacements professionnels mais tous bénéficient des actions de prévention. Entretien avec Jean-Luc Keravec, directeur d'établissement.



De quand date la démarche sécurité des déplacements chez Impress Métal?
C'est notre 10e Plan de prévention annuel. L'objectif est de renforcer la sécurité routière des déplacements professionnels et nous l'avons élargi à l'ensemble du personnel. Le risque routier est inscrit au Document unique depuis le départ. Et pour marquer notre engagement, en 2006, Impress Métal a signé une charte de partenariat avec la préfecture et la Cram. La Cram est un partenaire important qui a eu un rôle primordial en phase de démarrage. Et depuis janvier nous sommes certifiés ILO-OSH 2001*.
Pouvez-vous donner des exemples d'actions que vous avez mises en place?
Les actions sont votées par le CHSCT, elles sont inscrites sur le plan de formation. L'année dernière la gendarmerie est venue deux jours sur site. Ils ont parlé de la vitesse, de l'alcool, des statistiques du département. Nous avons aussi distribué des alcootests. Pour ceux qui ont des missions de déplacements, les stages de conduite portent sur l'anticipation et la réaction à des situations à risque: freinage d'urgence, route glissante. L'année prochaine, nous aimerions refaire passer le code. Histoire de se rafraîchir la mémoire. Et peut-être intégrer sécurité et environnement et proposer des stages d'éco-conduite.
Avez-vous des indicateurs pour mesurer l'efficacité du plan de prévention des risques routiers?
Chaque année environ un tiers du personnel participe au concours de l'ASRE72 (lire ci-contre). J'estime que c'est un bon résultat.
Quel budget consacrez-vous à la sécurité routière?
Nous réinvestissons chaque année le montant des cotisations économisées grâce à nos actions de prévention.
Envisagez-vous un Plan de déplacement entreprise?
Oui et non. On va commencer par un état des lieux. 80% des salariés habitent à moins de 10km et 50% à moins de 5. Certains font déjà du covoiturage. Suivant les résultats de l'étude, nous verrons s'il y a des besoins. Mais ici, à La Flèche, ce n'est pas comme dans les grandes villes, il n'y a pas de transport en commun.

*ILO-OSH 2001: référentiel international pour les systèmes de management de la santé et la sécurité au travail.

Les Co-Mobiles. Une offre d'accompagnement unique à l'échelle d'un département

Les Co-Mobiles proposent aux entreprises du Maine-et-Loire un accompagnement spécifique pour l'élaboration de leur Plan déplacement entreprise (PDE). Seize employeurs ont rejoint le dispositif en 2009.


«Grâce au dispositif Co-Mobiles nous avons découvert ce qu'était un PDE et nous avons décidé d'en enclencher un très rapidement», explique Virginie Buniet, responsable environnement chez Thalès. Le site choletais a été l'une des premières entreprises du Maine-et-Loire à s'engager dans la démarche afin d'optimiser les trajets domicile-travail de ses 1.000 salariés.

Apprendre à manager les déplacements
À ce jour, 13 PDE sont engagés dans le département et 16 employeurs ont rejoint les Co-Mobiles cette année. Au total, plus de 28.000 salariés sont concernés par des actions visant à rationaliser et améliorer les déplacements professionnels. Opération inédite à l'échelle d'un département, elle a été initiée en 2007 par un groupe de partenaires: CCI du Maine-et-Loire, Communauté d'agglomération du Choletais, Angers Loire Métropole, conseil général du Maine-et-Loire DDE, Association sécurité routière en entreprise 49, Cram des Pays de la Loire et Ademe. Des groupes de travail interentreprises sont organisés tout au long de l'année. Une formation collective inter-établissements gratuite est également proposée, à raison de quatre ateliers d'une demi-journée et d'une session de bilan par an. Le but est d'évaluer la motivation de l'entreprise, de la former et de l'accompagner dans sa démarche. Lieux d'échanges et de partage de bonnes pratiques, ces sessions de formation permettent à l'entreprise de situer les enjeux du management des déplacements et de préparer son projet. Pour 2010, l'objectif est d'intégrer un nouveau groupe d'entreprises et d'axer le travail sur la mise en place de plans de déplacements inter-établissements permettant une réflexion sur les déplacements des salariés par zone géographique, par bassin d'emploi. Selon Virginie Buniet, la mise en place du PDE est «simple et nous pouvons rapidement améliorer nos pratiques». Il aura fallu seulement trois semaines pour réaliser le diagnostic du site choletais de Thalès. Et plusieurs actions ont pu être lancées: développement du réseau de covoiturage par zones, partenariat avec Cholet bus pour améliorer l'utilisation des transports en commun et mise en place d'une politique vélo.

Colas Centre-Ouest. Des «Quarts d'heure sécurité»

Jean-Luc Pavard, relais sécurité au sein de Colas Centre-Ouest.

Via son siège social basé à Nantes, l'entreprise Colas Centre-Ouest à Champagné (72) dispense des formations de prévention et de sécurité routière à l'ensemble de ses salariés.


Spécialisée dans les travaux routiers, Colas Centre-Ouest à Champagné compte 90 salariés dont 15 chauffeurs de poids lourds et 15 chefs de chantier conduisant régulièrement des véhicules de la société. «Au-delà de ces chiffres, ce sont70 personnes qui sont susceptibles de conduire un véhicule professionnel à un moment ou à un autre», souligne Jean-Luc Pavard, relais sécurité au sein de l'entreprise. Et c'est pour cette raison que les «quarts d'heure sécurité» concernent l'ensemble du personnel.Les grandes orientations et les thèmes à aborder sont donnés par le service sécurité, basé à Nantes. Chacune des 17 agences du grand Ouest dispense ensuite la même formation, le même jour. «Lors de ces rendez-vous, nous évoquons des thèmes relatifs aux accidents qui se sont produits au sein de l'entreprise.» Mais c'est aussi et surtout dans un cadre préventif que l'entreprise souhaite agir: rappel du code de la route, questions liées à la vitesse, à l'alcooletc. «C'est également l'occasion d'échanger avec les salariés sur ces thématiques. Ils nous donnent leur avis et suggestions.»

Une conduite sûre et économique
Parallèlement, Jean-Luc Pavard dispense des formations spécifiques aux chauffeurs de poids lourds. Depuis le mois de mai, il les forme par exemple à une conduite sûre et économique. «Par petits groupes et pendant deuxheures, nous abordons, via un DVD ludique et interactif, différents thèmes : comprendre les causes d'un accident qui aurait pu être évité ou se sensibiliser à l'éco-conduite par exemple. La plupart des chauffeurs y sont très réceptifs. Ce sont des réflexes de conduite qu'ils peuvent aussi reproduire avec leur véhicule personnel.» D'autres actions sont en projet pour l'année à venir. Parmi elles, les audits de conduite réalisés par des organismes extérieurs.

Manager ses déplacements. Un nouveau défi

Les trajets professionnels et domicile-travail impactent de manière important la performance des entreprises. (Photo Claude Prigent, Le Télégramme)

La semaine nationale de la sécurité routière aura lieu du 16 au 22septembre. Elle coïncide cette année avec la semaine européenne de la mobilité qui aura pour thème l'éco-mobilité. L'occasion pour les chefs d'entreprises d'entamer une réflexion sur les déplacements au sein de leur établissement. Plan déplacement entreprise, formations à l'éco-conduite ou sensibilisation au risque routier... plusieurs actions peuvent être envisagées.

Stéphanie Bodin, Isabelle Dulau et Delphine Talvat


À la mi-septembre, sept jours durant, la voiture sera au centre des attentions à travers la semaine nationale de la sécurité routière et la semaine européenne de la mobilité. Dans ce cadre, les entreprises ont aussi un rôle à jouer. Les trajets professionnels et domicile-travail impactent en effet de manière significative la performance des entreprises. Les organiser permet de limiter leur impact sur l'environnement, la sécurité, l'économie et le social. À l'évidence, les enjeux sont d'abord d'ordre économique pour les sociétés. Les transports entraînent des coûts directs (carburant, entretien, assurances, stationnement, péages...) et indirects (accidents, temps de déplacements...). Le budget annuel d'une voiture individuelle dans une entreprise est évalué à 6.100€ (1). Un coût indéniable pour toute PME possédant un parc automobile.

Une analyse globale des déplacements
Mais au-delà des finances, les chefs d'entreprises doivent aussi prendre conscience du risque routier, puisque leur responsabilité peut être engagée en cas d'accident. Les déplacements effectués dans le cadre de l'entreprise représentent la première cause d'accident mortel du travail. L'impact sur l'environnement est également à prendre en compte: les entreprises ont un rôle important à jouer dans la participation à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Dans ce contexte, il est important d'analyser globalement les déplacements dans l'entreprise, en prenant en compte les différents enjeux, pour aboutir à une meilleure maîtrise et une optimisation des déplacements de ses salariés. Un nouveau défi à relever pour les entreprises.

(1) Source: www.plan-deplacement.fr

ASRE 72. Information juridique et outils de prévention

Olivier Cresson, président de l'ASRE 72.

Créée en 1999, l'association de sécurité routière en entreprise de la Sarthe (ASRE 72) multiplie les actions de sensibilisation.


«L'association compte une centaine d'entreprises adhérentes, ce qui représente environ 30.000 salariés sur le département», souligne son président, Olivier Cresson. À l'instar de ses homologues départementales, l'objectif de l'ASRE 72 est de diffuser aux chefs d'entreprise une information juridique sur les risques routiers et de leur donner accès à des outils de prévention. Dans ce cadre, l'association forme chaque année des «hommes - relais» ou référents sécurité qui mèneront des actions concrètes dans les entreprises «en fonction de la taille et de l'activité de la structure». Parallèlement et pour la huitième année consécutive, l'ASRE 72 organise un concours départemental de sécurité routière en entreprise à partir du 1eroctobre. «C'est un moyen ludique de sensibiliser les salariés de nos entreprises au risque routier. Nous abordons des thèmes d'actualité comme la conduite sous l'influence de l'alcool, de la drogue, et, thème plus récent, des médicaments.» Ces thématiques sont également abordées au cours de petits-déjeuners organisés dans différentes villes du département, en présence d'un gendarme, d'un médecin et d'un avocat. Chaque intervenant exposant les risques encourus du point de vue de sa fonction.Le prochain rendez-vous est fixé le 25septembre à Château-du-Loir. Et qu'en est-il du PDE en Sarthe? «Aucune entreprise sarthoise n'a pour le moment mis en place de PDE mais c'est un projet que j'aimerais voir aboutir au cours du 1er semestre 2010. C'est en bonne voie», conclut Olivier Cresson.

Contact: asre72@medef-sarthe.fr

PDE. Un véritable projet d'entreprise

Le Plan déplacement entreprise (PDE) consiste à mettre en place un ensemble de mesures concrètes visant à optimiser les déplacements liés au travail en favorisant l'usage de modes de transports alternatifs à la voiture individuelle, tels que la marche à pied, le vélo, les transports en commun, le covoiturage, les véhicules propres... Elles peuvent s'appliquer aux trajets domicile-travail, mais aussi aux déplacements professionnels des collaborateurs et à la mobilité des clients ou des partenaires. Démarche d'analyse globale de tous les déplacements d'une entreprise, le PDE aboutit à la mise en place d'un plan de mobilité dans lequel de nombreuses solutions peuvent être envisagées: amélioration de l'accès des bâtiments pour les piétons, encouragement à l'utilisation des transports publics, aménagement des horaires de travail, promotion du vélo, développement de la visio-conférence ou du télétravail... Véritable projet d'entreprise qui peut s'inscrire dans une démarche qualité ou dans un système de management environnemental, ses avantages sont multiples. Initié d'abord pour limiter l'impact environnemental, le PDE offre aussi des outils d'amélioration de la productivité. Une telle démarche, responsable et citoyenne, constitue également un atout en terme d'image et un outil de dialogue social dans l'entreprise.

Bodet. Véhicules neufs et formation à l'éco-conduite

La société choletaise Bodet, leader européen de la mesure et la gestion du temps, a choisi de s'investir concrètement dans une démarche de développement durable avec l'achat de 100 véhicules neufs, plus respectueux de l'environnement, et une formation à l'éco-conduite. Ce style de conduite est basé sur une sollicitation modérée des organes d'un véhicule. La voiture doit être entretenue et adaptée au besoin du conducteur. Le but est de limiter les émissions de CO2, tout en maîtrisant les coûts d'utilisation. Le renouvellement du parc automobile représente un investissement d'1,2M€ pour l'entreprise. «L'économie réalisée sur l'achat de ces 100 véhicules sera investie dans la formation à l'éco-conduite de leurs utilisateurs», indique la direction. En tout 230 collaborateurs itinérants vont bénéficier du programme de formation réparti sur le deuxième semestre 2009, à raison d'une journée par personne. Il représente un investissement de 80.000€. La combinaison de ces deux actions permettra à la société Bodet de réaliser une économie de 10% sur les 600.000 litres de gazole consommés chaque année par ses véhicules.

Covoiturage. Maine-et-Loire et Sarthe mutualisent leurs sites

Les salariés vivent de plus en plus loin de leur lieu de travail. Les villes excentrées sont souvent peu ou mal desservies par les transports en commun. L'incitation au covoiturage peut être une des solutions mises en place par une entreprise pour améliorer les déplacements domicile-travail de ses salariés. Favoriser les rencontres entre les salariés habitant une même zone grâce à un affichage ou un site intranet ou encore réserver des places de parkings aux covoituriers, peuvent faire parties des actions, simples et peu coûteuses, envisagées par l'employeur. Les conseils généraux de la Sarthe et du Maine-et-Loire pilotent chacun une centrale de covoiturage départementale. Depuis le début de l'année, les deux sites ont mutualisé leurs données afin de proposer une solution aux nombreux déplacements professionnels réalisés quotidiennement entre les deux départements.

JDE | Édition Sarthe 72 | 4 septembre 2009

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