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ajouté le 2 mars 2012 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, mancelle de fonderie, Investissement, Résultats
Filiale du groupe AFE Cronite, la Mancelle de fonderie à Arnage investit 500.000euros par an pour rester leader mondial sur son marché tout en cherchant d'autres débouchés.
En ce début d'année, l'investissement de 450.000euros est en marche chez AFE Cronite - Mancelle de fonderie. Cette nouvelle cellule robotisée, utilisée pour le parachèvement du produit, avant l'envoi chez le client, assure «la sécurité des salariés et la productivité de l'usine», explique Gérard Leroux, le directeur d'établissement manceau. La Mancelle de Fonderie a été créée en 1935 par la famille Bollée, pour alimenter la société des Segments Amédée Bollée en fonte moulée. Le Groupe AFE Cronite est devenu actionnaire majoritaire en 1984. AFE Cronite - Mancelle de fonderie est aujourd'hui le leader mondial de la fabrication d'outillages et pièces de fours en acier réfractaire, c'est-à-dire capables de résister à de hautes températures. Ses produits sont principalement utilisés dans le domaine du traitement thermique de pièces mécaniques et des fours d'incinération d'ordures ménagères.
Se protéger de la conjoncture
Cet investissement de 450.000euros est dans la lignée des précédents, dédiés à l'outil de production comme l'achat d'une nouvelle machine à noyauter en 2009 et un usinage à grande vitesse en 2006. La moyenne annuelle des investissements productifs se monte à environ 500.000euros. «Nous souhaitons doubler l'usinage à grande vitesse en 2012 ou plus probablement en 2013», reprend Gérard Leroux qui ne cache pas ses doutes pour cette année à venir, pleine d'incertitudes «entre les élections françaises, américaines, et la tenue des marchés financiers». Car le sous-traitant subit deux phénomènes. Premièrement, sa production, en amont de toute activité industrielle, est soumise aux aléas des cours des matières premières utilisées (acier, nickel, fonte, ferro-alliage...). Ces dernières années, leurs fluctuations ont souvent été à la hausse. Malgré tout, cette tendance n'a pas posé trop de contraintes selon l'industriel «car nos clients suivent comme nous les cours mondiaux, ils acceptent donc ces variations de prix, sur lequel nous sommes indexés». Deuxièmement, les commandes des donneurs d'ordre - les constructeurs et équipementiers automobiles (70% du CA) et utilisateurs de four de traitement thermique ou de fours d'usine de valorisation énergétique des déchets - varient en fonction de leur santé économique.
Développer une autre activité
Sur l'exercice 2011, la Mancelle de fonderie affiche un chiffre d'affaires de 29millions d'euros, en progression de 16% par rapport à 2010. Mais la crise de 2009 dans l'industrie automobile a laissé des traces. Cette conjoncture avait entraîné une baisse de 35% des ventes du site sarthois. «Heureusement, notre autre secteur sur les fours incinération s'est bien tenu, nous avons donc pu limiter les dégâts». Mais la fonderie en a tiré une conclusion: la nécessité de se diversifier en créant une troisième branche d'activité porteuse. «Dans cette idée, nous avons un bureau de recherche et développement en République Tchèque, financé par les unités de la branche. Les recherches aboutiront à court et moyen terme vers un autre type de produit, sur un nouveau marché porteur, mais nous n'en dirons pas plus !», précise Gérard Leroux.
S
Pour l'heure, il perdure deux problèmes majeurs, et inattendus pour la fonderie: l'attrait de la matière première et l'embauche de main-d'oeuvre. En effet, le site manceau a connu de nombreux vols en 2010. La hausse spectaculaire des cours des matériaux en est la première explication. «Nous avons donc investi lourdement dans la sécurisation de notre site, avec barrières, badges, vidéosurveillance, et gardiennage».
Embauches désirées
Pour la main-d'oeuvre, si le site sarthois compte 140 salariés, le chiffre pourrait augmenter sans cette difficulté à trouver des salariés qualifiés et motivés. «C'est un fait que la fonderie est un travail dur, et nous avons du mal à attirer les jeunes générations. Aussi nous avons créé des modules de formation, adaptés à nos besoins, et nous consacrons chaque année près de 3% de notre chiffre d'affaires à la formation», conclut le directeur de l'établissement.
Comment se profile l'année 2012 pour votre activité?
Nous connaissons un report de quelques affaires début 2012 qui nous incitent à la prudence, et peut-être à la modération de nos investissements cette année. Néanmoins, l'activité de notre branche poursuit son développement et son évolution, dans le groupe AFE, présent dans le monde entier et fort de son expérience. Notre mission aujourd'hui, outre nos investissements vers de nouveaux marchés, c'est trouver et former une main-d'oeuvre jeune et compétente pour poursuivre notre activité.
Quelle est la part de vos ventes à l'international ?
Nous réalisons 40% de notre chiffre d'affaires à l'international et au grand export: Mexique, Argentine et Asie notamment. Le reste de notre activité est en France et en Europe, avec de belles perspectives vers les Pays de l'Est et la Russie. La présence des filiales ou agences du groupe, dans plusieurs de ces pays est un atout évident, du fait de la proximité et de la plus facile implantation dans les marchés locaux.
Le marché AFE Cronite/Mancelle de Fonderie est le leader mondial des pièces de traitement thermique. Pour les autres activités, pas de concurrents français pour AFE Cronite/Mancelle de Fonderie mais des concurrents européens (allemands, autrichiens) et aussi chinois ou brésiliens. L'activité est dépendante des fluctuations quotidiennes du cours des matières premières sur le marché mondial et ses prix sont indexés dessus. Le groupe AFE est implanté dans 17 pays et compte près de 2.500 salariés à travers le monde.
Bérengère de Portzamparc
JDE | Édition Sarthe 72 | 2 mars 2012

