

Infrastructures
ajouté le 4 mai 2012 - - Mots clés : Actualité, Infrastructures, Ports de Mulhouse-Rhin, CCI de Mulhouse, Rheinports, Bâle, Weil-am-Rhein
Infrastructures Le projet de port transfrontalier se heurte, depuis 4 ans, aux lourdeurs de l'administration française. De leur côté, Suisses et Allemands avancent.
L'amendement adopté en début d'année avait réouvert le champ des possibles. En actant le principe qu'une autorité administrative ne pouvait s'opposer à un projet de décentralisation s'inscrivant dans un objectif de coopération transfrontalière, les parlementaires venaient conforter le projet de Rheinports. Un dossier qui doit permettre le rapprochement juridique et commercial des ports de Bâle, Weil-am-Rhein et de Mulhouse pour leur permettre de prendre la deuxième place des ports fluviaux en Europe et de répondre à un trafic conteneurs attendu en forte croissance dans les années à venir. Mais malgré cela, depuis 2008, ce dossier peine à avancer côté français.
«Les Suisses et les Allemands patients
» «Nous sommes toujours dans l'attente d'une meilleure visibilité sur la problématique des fins de contrats de concessions», explique Jacky Scheidecker, directeur des Ports de Mulhouse-Rhin, «les Suisses et les Allemands font preuve de beaucoup de patience avec nous depuis 3 ans...» Cela ne les empêche pas d'avancer : Bâle a ainsi annoncé en février dernier un projet ultra structurant de son port, 140 millions de francs suisses investis dans un terminal conteneur et ferroviaire sur le site de l'ancienne gare de triage de la ville. «Nous aurions pu nous positionner dans le projet avec notre terminal 3 à conteneurs, dont l'investissement s'élève à 25 millions d'euros, mais voilà, pour l'instant nous sommes sur la touche», regrette-t-il. Mais cette patience a peut-être aussi une explication très terre-à-terre : si Bâle capte à elle seule plus de la moitié du trafic fluvial (de l'ordre de 14M tonnes), elle est confrontée à une problématique de foncier disponible à laquelle les PMR et la CCI-Sud Alsace Mulhouse peuvent répondre. Une douzaine d'hectares sont ainsi à l'étude actuellement côté français. L'enjeu, pour cet ensemble constitué par Rheinports, est d'aller vers une structure unique de droit communautaire de type Landlord «qui nous donnerait réactivité et souplesse de gestion tout en protégeant le foncier», affirme le directeur. Une société supranationale de promotion de Rheinports, qui n'est qu'une association pour l'instant, est également prévue. Mais tant que l'incertitude pesant sur le statut des Ports de Mulhouse-Rhin ne sera pas levée, ce statut Landlord n'est pas adpotable côté français. «L'idée, chez nous, est de s'orienter vers un syndicat mixte ou un statut de société portuaire pour répondre rapidement aux sollicitations de coopérations transfrontalières, mais tout cela mettra encore au moins un an à se mettre en place», explique Jacky Scheidecker. Malgré un consensus politique plutôt large dans la région sur cette opportunité de créer Rheinports, sur le potentiel d'une telle infrastructure... «Voilà, on en est là aujourd'hui: nous on étudie, on mesure et on audite, eux ils bossent et construisent un nouveau terminal qui sera en partie opérationnel en 2014», conclut-il, avec une certaine amertume.
Philippe Armengaud
JDE | Édition Haut-Rhin 68 | 4 mai 2012

