Alsace

L'Enquête

JDE Edition Alsace 68

Créatrices d'entreprises. Encore trop peu nombreuses

ajouté le 26 mars 2009 à 11h51 - Mots clés : création d'entreprise, femmes

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Valérie Gerrer est sculpteur graveur et présidente de FCE à Mulhouse. Elle a créé son entreprise en 1993.

À l'occasion de la journée de la Femme, le 8mars, Le Journal des entreprises a décidé de donner la parole à ces femmes qui entreprennent. En Alsace, elles représentent une faible part des créations et reprises d'entreprises. S'il n'est pas facile de s'imposer en tant que femme et de concilier vie de famille et vie professionnelle, plusieurs y sont parvenues et montrent l'exemple. Les mentalités évoluant et le contexte de crise aidant, elles pourraient être de plus en plus nombreuses à passer le pas.

Dossier réalisé par Adelise Foucault et Julie Giorgi

On est encore loin de la parité. En Alsace, en 2008, selon les chiffres des CCI, les femmes représentent seulement 23% des créations d'entreprises, personnes physiques et morales confondues. Il n'existe pas de chiffres nationaux détaillés sur la création d'entreprise au féminin. On dispose seulement d'un chiffre concernant la part des dirigeantes dans le paysage économique. Il révèle que 31% des TPE et PME françaises sont dirigées par des femmes (selon une enquête TNS-Sofres réalisée pour l'Agence pour la création d'entreprise (APCE) en 2007 auprès de 1.600 entreprises). Les chiffres sont révélateurs de la faible part de femmes à la direction et à la création d'entreprise. Mais, avec l'évolution des mentalités et la période de crise actuelle, elles sont de plus en plus nombreuses à oser franchir le pas. «Les femmes peuvent être créatrices. Il est important de poser ce fait-là. Il ne faut pas oublier que depuis des millénaires, les femmes créent leur entreprise: la famille. Pendant la guerre, elles ont repris les entreprises et cela fonctionnait parfaitement». Danièle Dietrich, chargée de mission aux droits des femmes et à l'égalité dans le Haut-Rhin, estime qu'il faut garder en mémoire ces éléments.

Du rêve à la réalité
Les femmes qui osent entreprendre et poussent la porte d'Alsace Active (organisme qui facilite l'accès au crédit bancaire par le biais de garanties) «ont généralement entre 40 à 60 ans» constate sa directrice adjointe, Sonia Rapin. Des femmes qui décident de lancer leur propre activité «souvent après un licenciement, parce qu'elles ne retrouvent pas d'emploi, ou qu'elles n'ont pas assez cotisé pour leur retraite», souligne-t-elle. D'autres attendent aussi que leurs enfants soient autonomes pour se lancer dans la réalisation d'unrêvede longue date. Ce sont souvent «des réorientations professionnelles complètes», estime-t-on encore à Alsace active. Que ce soit dans le commerce, les services (secteurs où elles sont le plus présentes), ou l'industrie... la majorité des femmes interrogées dans l'enquête de l'APCE (84%) se disent satisfaites de leur choix. Entrepreneures dans l'âme, elles doivent cependant souvent capitaliser plus d'énergies qu'un homme pour parvenir à leurs fins. Car aux problématiques rencontrées par tout créateur s'ajoutent la gestion de la vie personnelle et les obstacles liés à des mentalités somme toute en lente mutation. Les financements sont souvent plus difficiles à obtenir, la répartition des tâches au sein du couple souvent encore loin d'être équilibrée. Et dans certains secteurs encore très masculins, la confiance et le respect des employés, fournisseurs, clients, pas toujours aisés à gagner.

L'équilibre entre vie privée et vie professionnelle
«Il n'est pas plus difficile de créer une entreprise pour une femme que pour un homme. C'est simplement une autre approche: il faut parvenir à articuler vie familiale et vie professionnelle», constate Danièle Dietrich. Créer ou reprendre une entreprise demande beaucoup d'investissement et de temps, et implique forcément des sacrifices au niveau de la vie familiale. «Tout est question d'organisation, de gestion de planning. Mais ensuite, une fois que l'entreprise tourne et qu'on arrive à gérer sa vie sur les deux tableaux, cela se passe très bien. J'encourage les femmes à créer leur entreprise», affirme Valérie Gerrer, présidente de l'association Femmes chefs d'entreprises à Mulhouse, et sculpteur graveur depuis 1993. Pour Corinne Herlin, à la tête du laboratoire de cosmétiques Idenov qu'elle a fondé il y a deux ans, cette gestion du temps est problématique. Le fait de ne pouvoir répondre à toutes les invitations de clubs et réseaux le soir, et donc de ne pouvoir «réseauter» comme le font les hommes constitue, selon cette mère de deux enfants, un frein dans la croissance de son entreprise. Les créatrices et dirigeantes aimeraient plus que d'autres, posséder le don d'ubiquité...

R.Bethoux. «Les femmes font un plan de vie global»

Raymond Bethoux, actuel conseiller en stratégie, à Lyon, a rédigé les différentes études consacrées à l'entrepreneuriat féminin et menées par la société Fiducial entre2001 et2006.


Quelle est la part de créations d'entreprises par les femmes en France?
Cette information existe, mais l'Agence pour la création d'entreprises comme l'Insee ne sont pas disposés à les fournir. Sans doute car ils ne veulent pas faire de statistiques de genre. Les chiffres disponibles concernant l'entrepreneuriat féminin ne sont pas spécifiques aux créations d'entreprises. Ils se rapportent à l'ensemble des femmes dirigeantes. Selon une estimation, les créations par les femmes représentent entre 27 et 30% des créations totales annuelles.
C'est peu. Les pouvoirs publics n'ont-ils pas conscience de ce potentiel de croissance?
Cette prise de conscience ne peut se développer que si on l'étaye par des données macroéconomiques précises sur le volume et les spécificités de l'entrepreneuriat féminin. Ce n'est pas le cas en France, contrairement à d'autres pays comme le Canada et les Etats-Unis.
A quelle période de leur vie ces femmes se lancent-elles?
Les études réalisées dans ce domaine montrent l'existence de deux périodes clés. Il y a les femmes qui se lancent très rapidement après leurs études, voire pendant. Puis une deuxième vague vers 35-40 ans: des femmes dont les enfants sont sortis de l'adolescence. L'âge moyen des entrepreneures se situe autour de 47 ans.
Que faisaient les créatrices avant de se lancer?
Selon l'étude réalisée pour l'Apce auprès de 1.600 entreprises PME et TPE (voir ci-dessus), la majorité (62%) étaient salariées.
Pourquoi passent-elles du salariat à l'entrepreneuriat?
On trouve des femmes qui ont un plan de carrière en tant que salariées, principalement cadres. Mais pour la création d'entreprises, c'est différent. La créatrice est souvent amenée à saisir une opportunité à un moment de la vie. Les femmes font souvent le constat des inconvénients du système salarial pour gérer à la fois vie professionnelle et personnelle. C'est aussi ce qui explique que la majorité des créations se font à domicile. Aux USA cela est bien admis. C'est le «Home based business». Mais en France on le déconseille.
Comment l'expliquez-vous?
Cela ne correspond pas à l¹image de ce que doit être une entreprise: avoir des locaux professionnels, être constituée en société. Or, en France comme dans d'autres pays, la majorité des sociétés sont des entreprises individuelles.
Quelle différence y a-t-il entre créateurs et créatrices?
Les typologies sont différentes entre les hommes et les femmes, en termes d'attitude, de plan de carrière. Les femmes ne manquent pas d'ambitions, mais élaborent plus souvent un plan de vie global, et pas seulement professionnel. Avec ce raisonnement récurrent: «Je veux limiter la taille de mon entreprise parce que je veux aussi pouvoir m'occuper de mes enfants».
Au fond, hommes et femmes sont complémentaires...
Aux USA on a bien pris conscience de ces différences. C'est pourquoi le co-entrepreneuriat - un homme une femme - y est très répandu. Les hommes doivent s'inspirer des valeurs féminines et vice-versa. Des points faibles et forts de chacun pourra émerger un modèle de gestion fait de complémentarité, et donc plus complet.

Secteurs «masculins». Des difficultés pour s'imposer

Certaines femmes décident de créer ou reprendre une entreprise dans le domaine de la viticulture, des transports, du BTP... Des secteurs où le beau sexe a parfois du mal à être crédible.


Betty Muller est la dirigeante des transports Tym à Illzach. Elle a repris l'entreprise familiale (aujourd'hui une centaine de salariés, CA: 13M€) à 40 ans, en 2001. Sa position de femme, et de fille des anciens patrons, lui a causé des difficultés. «Cela prend plus de temps de s'imposer lorsqu'on est une femme. Je suis passée par tous les services de l'entreprise.» Même constat de la part de Virginie Fillatre, actuelle dirigeante de Strasol, entreprise de revêtement de sol à Geispolsheim (14 personnes; CA: 3,5M€). «Le patron de l'entreprise où je travaillais en tant qu'assistante commerciale l'a revendue pour en monter une nouvelle, en 1998. Je l'ai accompagné dans l'aventure. J'étais encore salariée, mais j'ai suivi toutes les étapes de la création, avant de prendre la tête de l'entreprise à son départ en retraite, en 2007.»

Persévérance
A force de persévérance, en prouvant son professionnalisme, on finit par se faire respecter par les salariés et par les clients, «aussi bien qu'un homme» estime Betty Muller. Toutefois, «si on n'est pas une ancienne salariée de l'entreprise, ou qu'on ne reprend pas la société familiale, il me paraît quasi impossible qu'une femme s'impose dans ces secteurs encore très masculins», pense Virginie Fillatre. «On vous pardonne moins quand vous êtes une femme dans un milieu d'hommes» souligne aussi Valérie Gerrer, sculpteur et graveur sur pierre à Mulhouse.

Soutien des réseaux
Etre crédible auprès des collaborateurs et clients n'est pas toujours la croix et la bannière. Son diplôme d'ingénieur oenologue en poche, Mélanie Pfister a repris l'exploitation viticole de ses parents, à Dahlenheim, en mai2008. Et s'est rapidement fait accepter dans le milieu, en participant notamment régulièrement aux manifestations organisées par la confrérie des vins d'Alsace, dont elle est membre. «Mes parents communiquaient très peu, mais avaient bien préparé le terrain en prévision de mon arrivée. Le fait de gagner en visibilité, notamment par le biais des médias, a permis de rassurer nos clients.»

Commerce et services. Les secteurs des petites entreprises

Les femmes créent le plus souvent leur entreprise dans des secteurs -commerce, services- où les structures sont petites.


Le commerce a la cote auprès des entrepreneures. Selon les chiffres des CCI d'Alsace, en 2008, il représente 50% des créations et reprises d'entreprises par des femmes. Les services en représentent 44% et l'industrie seulement 6%. Le commerce et la restauration restent les secteurs les plus prisés par les créatrices qui font appel à Alsace Active (organisme qui facilite l'accès au crédit bancaire par le biais de garanties). «Cela s'explique par la typologie de notre public. Il s'agit souvent de femmes en reconversion professionnelle. Donc, elles ont rarement un diplôme de tourneur-fraiseur, par exemple», souligne Pierre Grenet, chargé de mission auprès d'Alsace Active à Mulhouse.

Souvent seules
Dès leur formation, les femmes s'orientent aussi vers des secteurs dits "féminins": communication, santé, conseil, textile... A l'image de Caroline Lux, de formation ingénieur textile qui a exercé pendant 17 ans des postes de responsable qualité puis de responsable marketing dans un grand groupe textile, avant de créer à 40 ans, son cabinet de consultant marketing à Colmar, dans le domaine du textile, de la décoration et de la puériculture. «Tout naturellement, les entrepreneures se tournent vers les secteurs qui leur conviennent le mieux, et dans lesquels le marché est encore ouvert à des entreprises de petite taille», analyse Raymond Bethoux, rédacteur d'études consacrées à l'entrepreneuriat féminin (cf interview page précédente). Selon l'Observatoire Fiducial de l'entrepreneuriat féminin 2006, «les femmes ont une très forte probabilité de créer et développer une entreprise individuelle de petites tailles». 83% de celles créées en 2004 l'ont fait sans salarié.

Aides à la création. Des outils adaptés aux femmes

Le Fond de garantie à l'initiative des femmes offre une garantie des prêts à hauteur de 70%. Dans la région, il est porté depuis trois ans par Alsace Active.


Pour créer son entreprise, il faut bien sûr un projet solide. Mais aussi, et surtout, des capitaux. En Alsace, au-delà des aides et subventions de l'Etat ou de la Région, et du cautionnement d'Oseo, quelques organismes - Alsace Entreprendre, Cap création, les plateformes d'initiatives locales... - accompagnent aussi les créateurs dans leur projet, et auprès des banques, par le biais de prêts d'honneurs, de formations, de parrainages. Au-delà de ces interlocuteurs "classiques", Alsace Active alloue depuis trois ans une garantie spécifiquement réservée aux créatrices ou repreneuses d'entreprise: le Fonds de garantie à l'initiative des femmes (FGIF), auparavant géré par la Région.

Suivi personnalisé et approfondi du projet
Les banquiers, pour se couvrir de tout risque, «s'appuient très souvent sur une caution personnelle, d'autant plus s'ils ont une femme en face d'eux», constate la directrice adjointe d'Alsace Active, Sonia Rapin. Cette "hypothèque" sur les biens personnels, les revenus actuels et futurs, constituent un frein à l'initiative entrepreneuriale. D'où l'intérêt de ce FGIF, qui garantit des prêts (plafonnés à 27.000€) à hauteur de 70%, en remplacement de la garantie personnelle. «Ce dispositif nous a permis de gagner la confiance des banquiers avec lesquels nous travaillons, souligne la directrice adjointe. D'autant que depuis huit ans que le FGIF existe en Alsace, les projets garantis présentent un taux de réussite de 80% au bout de cinq ans d'activité.» Car la garantie n'est accordée qu'après examen approfondi du projet, présenté in fine à un comité d'engagement constitué d'une quinzaine d'acteurs du monde économique et bancaire. En 2008, sur les 351 personnes reçues dans les bureaux de Mulhouse et Strasbourg, 221 étaient des femmes. Et sur les 136 dossiers expertisés, 107 ont reçu un accord de ce comité, dont 68 concernant le FGIF, pour un montant moyen des garanties de 17.875€.

Véronique Jeanmougin. Parcours d'une créatrice

Véronique Jeanmougin a ouvert en décembre2008, à Mulhouse, une boutique de confiserie des spécialités régionales françaises. Un vieux rêve, qui s'est réalisé sans trop de difficultés.


A 42 ans, cette ancienne salariée de DMC profite d'un licenciement économique pour se lancer dans l'ouverture d'un commerce de bonbons à l'ancienne. «Comme j'étais représentante syndicale dans l'entreprise, j'ai su dès le mois de janvier qu'il y aurait un plan social en juillet. Je me suis portée volontaire pour partir». Ainsi, entre février et juillet2008, Véronique Jeanmougin prépare son projet. Mais au moment de se lancer, bien souvent on ne sait jamais par où commencer... «J'avais le sentiment de me retrouver face à une montagne énorme! Mais, une fois dans le mouvement, tout s'est bien enchaîné», assure-t-elle. La créatrice commence sa quête en toquant à la porte de la CCI et d'un expert-comptable afin d'élaborer un business plan. «Entre la CCI et l'expert-comptable, les obstacles sont tombés», se souvient-elle.

Locaux trop chers
La deuxième étape consiste à identifier des fournisseurs. Véronique Jeanmougin les a presque tous trouvés dans le Bottin Gourmand. Dès le mois de mars, elle les contacte pour leur demander les tarifs. «Je voulais voir où je mettais les pieds», dit-elle. L'étape suivante, et non des moindres, est la quête d'un local. «J'ai eu beaucoup de mal à trouver. A chaque fois que j'en repérais un, il était plus cher que le précédent!» Finalement, la créatrice en déniche un en plein centre-ville de Mulhouse au mois de septembre. Véronique Jeanmougin a eu la chance de ne pas avoir eu à passer par la case «banque». Son projet rentrait dans son budget sans la nécessité d'emprunter. Finalement, après quelques travaux et après l'enregistrement de sa micro-entreprise à la CCI en novembre, la commerçante a ouvert sa boutique le 18décembre dernier. Ravie d'avoir enfin réalisé son rêve.

Ce qui les a motivées

Marie Supper, 47 ans, Actions RH, Strasbourg.
«C'est le vieux rêve de tout salarié... Faire ses choix stratégiques, être dans l'opérationnel, cela me plaît. J'avais quitté le cabinet RH pour lequel je travaillais pour lancer un pôle RH dans un cabinet. Ca ne s'est pas fait. J'ai donc lancé mon propre cabinet, en 2002. Je l'ai fait sereinement car mon fils était autonome. Cela demande une implication totale!»
Corinne Herlin, 44 ans, laboratoire Idenov, Strasbourg.
«J'ai occupé pendant une quinzaine d'années des postes de direction de divisions cosmétique-hygiène... pour de grands groupes pharmaceutiques, hors Alsace. J'avais des idées de concepts qui n'ont pas trouvé preneurs. J'ai donc décidé de les lancer moi-même, il y a deux ans. J'ai aussi voulu revenir dans la région pour être près de mes enfants et de mon mari.»
Valérie Sérillon, 39 ans, en cours de reprise d'une société.
«J'ai toujours voulu posséder mon entreprise, soit en créant, soit en reprenant une société existante. Ce qui me plaît dans le métier de dirigeante est le fait de mener sa propre barque et d'effectuer des tâches très diverses. Ma motivation vient aussi de mon goût du challenge, je veux me prouver que je suis capable de diriger mon entreprise.»

Les chiffres clés

  • 23% des créations d'entreprises en Alsace en 2008 sont le fait de femmes (chiffres CCI)
  • 24,5% des créations d'entreprises dans le Haut-Rhin en 2008 sont le fait de femmes (chiffres CCI)
  • 50% des créations et reprises d'entreprises par des femmes en Alsace en 2008 concernent le secteur du commerce (chiffres CCI)
  • 68,4% des créations d'entreprises artisanales par des femmes en Alsace en 2008 concernent le secteur des services (chiffres CMA)
  • 53% des créatrices démarrent avec moins de 8.000€ d'apport (chiffres Insee 2005)
  • 27% des femmes créatrices d'entreprises reprennent une affaire existante contre 20% des hommes (chiffres Insee 2005)

Pour aller plus loin

JDE | Édition Alsace 68 | 26 mars 2009

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