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Wienerberger. De terre cuite et d'innovation

ajouté le 2 avril 2010  -  - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Wienerberger, Briques, Résultats, Construction

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Le groupe autrichien Wienerberger a pris pied en France il y a quinze avec le rachat du briquetier alsacien Sturm. Aujourd'hui, la France est un marché source d'innovation car exigeant d'un point de vue technique et réglementaire.

Le briquetier d'Achenheim a été victime l'an dernier de la chute du marché de la construction. Il compte néanmoins sur le déploiement des normes de haute qualité environnementale pour faire valoir les qualités isolantes de la brique et renforcer sa présence en France.

Philippe Armengaud

Ringarde, la brique? À l'heure où la construction bois veut se bâtir une image écolo sur un marché dominé par le bloc de béton, l'ancestrale mais peu médiatisée brique de terre cuite tente de se faire une place au soleil. L'enjeu: faire décoller une part de marché dans la construction individuelle et collective située aux alentours de seulement 20% en France (pour 45% en Europe). Directeur général de Wienerberger France, Francis Lagier affirme que son entreprise, filiale du groupe bicentenaire éponyme, détient un tiers du marché de la brique en France. «Nous avons su développer un produit à la fois compétitif d'un point de vue économique et efficace d'un point de vue énergétique», avance-t-il, «permettant de répondre aux normes de haute qualité environnementale».

La concurrence stimule l'innovation
L'entreprise a en effet su améliorer la performance de mise en oeuvre de sa brique Porotherm par une pose simplifiée grâce au développement de la ?maçonnerie roulée? mise au point en 1996. «Il suffit d'apposer un mortier colle au rouleau, plutôt qu'un mortier à la truelle», explique Francis Lagier, «cela permet de gagner 30% de tempset donc de baisser le coût». Wienerberger s'est également attelée au développement de produits permettant de réduire les consommations d'énergie des bâtiments. La technologie ?monomur? utilisée permet d'accroître l'inertie thermique du mur grâce à des briques dont l'intérieur est truffé de compartiments isolants. Résultat, l'air chaud ou froid extérieur peine à ?percer? le mur en été comme en hiver. Le faible besoin de matière isolante complémentaire permet également au mur de respirer plus facilement tout au long de l'année. «L'émulation est très forte entre tous les acteurs du bois, du béton ou de la brique, sur le terrain de l'innovation», poursuit Francis Lagier. L'enjeu est de taille: frappé par la crise, le marché français reste l'un des plus exigeants en Europe de par ses réglementations techniques et environnementales. Quinze ans après sa naissance suite au rachat du fabricant alsacien de briques Sturm, Wienerberger France pèse 8 à 10% de l'activité globale du groupe autrichien. Un groupe qui a beaucoup misé sur l'Hexagone: une centaine de millions d'euros ont été investis depuis 2003 sur différents sites de production de briques Porotherm en Maine-et-Loire (démarrage cette année), dans le Nord, dans l'Ain et en région parisienne. Ils s'ajoutent aux usines d'Achenheim et de Betschdorf dans le Bas-Rhin. Ces six sites, complétés par des dépôts dans le sud, permettent un maillage presque parfait du territoire. Essentiel car au-delà de 300 kilomètres, le coût du transport grève la compétitivité des briques.

La tuile soutient la brique
Mais la stratégie de diversification du groupe menée en 2003 avec le rachat de Koramic (fabricant de tuiles en terre cuite) a également eu un impact sur sa filiale française. Elle a hérité du site que cette société possédait à Seltz. La tuile, fabriquée également sur plusieurs autres sites à travers l'Hexagone, représente aujourd'hui la moitié de son activité. Mieux, elle lui a permis de limiter les dégâts l'an dernier car la tuile est utilisée dans le neuf mais aussi dans la rénovation (50% des débouchés). Le marché de la tuile n'a ainsi reculé que de 14%, contre 20% pour la brique. «Les activités brique et tuile devraient évoluer de la même façon cette année», prédit Francis Lagier, «nous nous attendons encore à un marché légèrement négatif». Avec un espoir toutefois: que la brique de structure prenne encore des parts de marché sur le béton. Cela entraînerait mécaniquement les ventes de Wienerberger et du coup l'activité de ses sites qui n'attendent que cela pour exprimer leur capacité de production. Et pour justifier les investissements réalisés.

Francis Lagier. «Nous sommes structurés pour affronter 2010»


Quel bilan tirez-vous de l'exercice 2009?
Il a été, de façon globale, un exercice difficile. La baisse de notre activité (-17%) a accompagné celle du marché même si le développement de notre couverture territoriale a porté ses fruits. L'enjeu a donc été de fidéliser nos clients et d'adapter l'outil industriel à l'évolution du mix des ventes et du marché, qui demande des produits à plus forte valeur ajoutée. L'année a également été difficile car nous avons dû réduire fortement nos coûts, ce qui nous a permis d'assurer nos liquidités et une bonne gestion du besoin en fonds de roulement.
Comment se présente 2010?
Les deux premiers mois de l'année sont encore en recul, de l'ordre de 20% par rapport à 2009. C'est largement dû à un hiver rigoureux qui a retardé les chantiers. Mais si nos carnets de commandes ne sont pas pleins et que l'on attend une année au mieux stable, voire en léger recul, nous sommes structurés pour affronter 2010.
Vos investissements ne sont toutefois pas stoppés... Nous venons d'investir 1million d'euros à Seltz pour lancer prochainement la production d'une nouvelle tuile destinée au marché allemand. Seltz a obtenu cette production car elle est proche de l'Allemagne et dispose d'une bonne expérience de ce type de produits.
Comment lutter contre l'image vieillotte, notamment comparée au bois, de la terre cuite?
Nos briques Porotherm sont à la fois structurantes et isolantes quant le béton n'est que structurel et que le bois seul n'apporte pas de solution d'isolation thermique et a un cycle de vie plus court. Avec une épaisseur de mur mesurée, nous pouvons faire du bâtiment basse consommation. Il y a un gros travail pour porter cela à la connaissance du grand public.

L'équipe dirigeante

De g.à dr.: MM. Meyer, Abadie, Claudel, Lienhart, Mme. Reydel, MM. Vallé, Lagier, Varescon, Ungerer (contrôleur de gestion) et Mougin.

Directeur général de Wienerberger France depuis 2008, Francis Lagier est âgé de 41 ans. Ingénieur diplômé de l'École des mines de Nancy, il a effectué l'essentiel de sa carrière chez Lafarge. Le comité de direction compte également Claudia Reydel, 48 ans, responsable de la communication interne. Diplômée d'une école de commerce à Pforzheim (Allemagne), elle a rejoint l'entreprise en 1996. Jean-Marc Claudel, 52 ans, est directeur commercial. Titulaire d'un BTS commercial, il a intégré l'entreprise fin 2007 après avoir évolué au sein de Danone et de Kronenbourg. Âgé de 54 ans et ancien de Koramic, Robert Vallé est ingénieur et occupe la fonction de directeur industriel. Directeur des ressources humaines, Jean-Louis Varescon, 51 ans, a rejoint l'entreprise il y a 10 ans. Il est diplômé de Sciences Po et titulaire d'un DESS en ressources humaines. Il a travaillé chez Peuget, Imerys et Fromagerie Bel. Didier Lienhart, 44 ans, est directeur administratif et financier de l'entreprise depuis 2001. Titulaire d'une maîtrise de gestion des finances de l'ULP à Strasbourg et du diplôme d'expertise comptable, il a travaillé dans un cabinet d'expertise comptable avant de rejoindre l'industrie. Ancien de Sturm, Constant Meyer est le directeur technique, environnement et qualité. Il est diplômé de génie civil et de gestion d'entreprise. Pour sa part, Lionel Labadie est directeur import-export. Âgé de 46 ans, il a rejoint la société en 2003. Il est titulaire d'un troisième cycle en gestion et administration des entreprises. Jean-Luc Mougin, 59 ans, est directeur général de Pacema (filiale de vente des briques apparentes).

Étapes



1819 Création de l'entreprise au ?Wienerberg? de Vienne
1995 Rachat du groupe Sturm en Alsace, déploiement en France
1996 Reprise de Terca (brique de parement)
1999
Reprise de Migeon Briques (Alsace et Rhône-Alpes)
2003
Rachat de Koramic (tuiles)
2003-2010 100 millions d'euros investis dans différents sites français

Wienerberger France

- Filiale du groupe Wienerberger - Directeur général : Francis Lagier - CA 2009 : 165 M€ (-17%), soit 9% du chiffre d'affaires du groupe (1,8 Md€ en 2009) - Résultat net : non communiqué - Répartition de l'activité : 50% briques (Porotherm et Terca), 50% tuiles (Koramic) - Effectifs : 911 salariés dont 300 en Alsace (à Seltz, Betshcdorf et au siège à Achenheim) - Contact siège : 03.90.64.64.64 - Sites internet : www.wienerberger.fr ; www.koramic.fr

JDE | Édition Haut-Rhin 68 | 2 avril 2010

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