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Rencontre

JDE Edition Bas-Rhin 67

Bernard Stalter. Le philanthrope

ajouté le 4 décembre 2009  -  - Mots clés : Actualité, Rencontre, Bernard Stalter

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Bernard Stalter: «Mon bonheur est de rendre service aux gens, de parvenir à les aider dans mes fonctions, de défendre la cause des artisans. Je serais fier de remettre l'artisanat à sa place dans le monde économique».

Bernard Stalter cumule les responsabilités dans l'économie alsacienne tout en restant chef d'entreprise et coiffeur. Homme de dialogue et de terrain, il demeure profondément ancré dans son temps et dans son territoire.

Impossible de rater ou d'oublier ces moustaches. De belles bacchantes blanches volumineuses, bien peignées et un brin excentriques, qui donnent au personnage un côté très avenant et sympathique. Bernard Stalter les porte depuis longtemps par souci d'esthétisme et surtout de convivialité. L'homme se classe dans la catégorie des bons vivants, des optimistes et des généreux. «On ne peut pas être coiffeur sans aimer les gens», déclare-t-il. Rien ne lui plaît davantage que le contact humain et le fait de voir sortir de ses salons des personnes «rayonnantes» et revigorées. Pour toutes ces raisons et parce qu'il était en «rupture scolaire» (et non en échec, précise-t-il), Bernard Stalter a choisi de s'orienter vers le métier de coiffeur. Il a effectué son apprentissage dès l'âge de 14 ans et a ouvert son premier salon en 1993. Aujourd'hui, il en possède trois, à Brumath et Strasbourg.

Multiples responsabilités
Il est particulièrement fier de ce parcours professionnel car il ne possédait aucun membre de sa famille dans le milieu. «Je suis également fier des personnes qui m'ont aidé et qui m'ont fait confiance. Maintenant, c'est à moi de rendre service», souligne-t-il. Un engagement qu'il concrétise en défendant avec énergie les causes qui lui sont chères. Et elles sont nombreuses. De fait, Bernard Stalter cumule les responsabilités. Il est président de la Chambre des métiers d'Alsace, président du Conseil économique et social d'Alsace (Cesa), conseiller technique auprès de la CCI de Strasbourg, président de l'Union régionale de la coiffure d'Alsace et vice-président de la Fédération nationale de la coiffure française, chargé de la communication et des relations consulaires et européennes. De quoi donner le tournis et laisser perplexes les personnes dites «débordées». «La passion fait qu'on trouve du temps. Ce n'est jamais un problème de temps. Il y a tellement de choses à faire. L'économie a besoin de gens qui donnent de leur temps. Pour nos enfants, il faut préparer le mieux possible l'économie de demain», soutient Bernard Stalter.

«Des preuves d'amour, c'est mieux»
Armé de ses convictions, il oeuvre pour l'économie alsacienne et pour l'artisanat. Il souhaite «remettre l'artisanat dans le monde économique à la place qui lui revient». Selon lui, l'artisanat n'est pas assez reconnu ni représenté dans les institutions politiques régionales et nationales. «Tous les responsables politiques sont favorables à l'artisanat. Mais de l'amour c'est bien, des preuves d'amour c'est mieux. Même si on dit qu'il s'agit de la première entreprise d'Alsace, elle n'est pas reconnue comme telle», regrette le président de la Chambre des métiers. Et l'homme possède d'autant plus de crédibilité qu'il continue à exercer son métier de coiffeur deux fois par semaine. «Je serais frustré si je ne pouvais pas le faire. Je pense qu'il est important de rester en contact avec les gens qu'on représente», observe-t-il. Bernard Stalter ne conçoit pas d'assumer ses responsabilités cloîtré dans son bureau, déconnecté de la réalité. Dans son salon de coiffure à Brumath, il «entend» et il «écoute» ce que dit le «citoyen», et il essaie ensuite de «porter ses messages».

Confronter sa vision à celle des autres
C'est par cette même démarche de dialogue et d'ouverture que l'homme est devenu président du Cesa. «Au Cesa, mon rôle est de prendre de la hauteur. Cela me permet de confronter ma vision avec celle du monde syndical, du monde associatif... Être ainsi à l'écoute de tous est bénéfique pour mon entreprise et pour la Chambre des métiers», assure Bernard Stalter. Le dialogue est son maître mot, l'assurance de trouver «toujours une solution».

«Nous militons pour la qualification dans l'entreprise»


Quelle est la situation de l'artisanat alsacien aujourd'hui?
Les moments les plus glorieux sont derrière nous. Aujourd'hui, c'est plus compliqué. Mais les difficultés permettent aussi une remise en cause de nos dirigeants. Quand on n'a plus le nez dans le guidon, on peut se poser des questions pour améliorer la gestion de son entreprise, pour préparer la sortie de crise... Je suis confiant car l'artisanat est un hors-bord qui s'adapte plus facilement qu'un cargo comme l'industrie. Surtout que les artisans ont évolué, ils sont devenus de vrais chefs d'entreprises. Et puis, il faut dire merci aux collectivités qui ont réagi en mettant en oeuvre des travaux. Les plans de relance ont énormément aidé.
Où en est le dossier de l'auto-entrepreneur, que vous avez combattu?
Il n'est pas où je souhaiterais qu'il soit. Mais entendons-nous bien: je ne combats pas l'auto-entrepreneur. Pour l'étudiant qui donne des cours du soir, par exemple, c'est bien. Cela permet de régulariser certaines situations. Que ce statut serve de période transitoire de deux ans avant de créer son entreprise, cela nous convient également. Mais l'auto-entrepreneur doit posséder les mêmes droits, devoirs et avantages fiscaux que l'artisan. Nous souhaitons un contrôle de la qualification. Il ne s'agit pas uniquement de protectionnisme, il s'agit de protéger le consommateur. Nous militons aussi sur la qualification dans l'entreprise artisanale classique.
Comment?
Aujourd'hui, il suffit d'un CAP ou de trois ans d'expérience pour monter son entreprise. Nous souhaitons exiger les deux: un CAP et trois ans d'expérience. C'est fondamental pour pérenniser les sociétés.
Quelles sont les priorités de la Chambre des métiers en 2010?
Nous ne devons pas seulement aider les entreprises en difficultés, nous devons aussi aider celles qui se développent. Nous avons embauché une personne en charge de l'innovation au sens large. Nos animateurs économiques territorialisés (ils sont une quinzaine) doivent détecter les entreprises innovantes et les orienter vers des structures d'aides. L'autre axe fort est celui de la formation.
Comment envisagez-vous l'année 2010? Êtes-vous plutôt optimiste ou pessimiste?
Je suis de nature optimiste. Il faut se retrousser les manches. Je pense que se lamenter coûte de l'énergie. Donc, je suis confiant.

Parcours


1957
Naissance à Brumath
1974
Brevet de compagnon coiffeur hommes
1976
Brevet de compagnon coiffeur dames
1988
Naissance de son fils
1993
Ouverture de son premier salon à Brumath
2000
Rachat d'un salon à Strasbourg
2004
Président de la Chambre des métiers d'Alsace
2007
Président du Conseil économique et social d'Alsace
2008
Vice-président de la Fédération nationale de la coiffure

Il aime: - Réfléchir et anticiper les choses - La piscine - La restauration - Se retrouver entre amis - Rire et se détendre - Aboutir et se donner les moyens d'aboutir - Être dehors Il n'aime pas: - Les conflits - Décevoir quelqu'un - Les choses non ordonnées ou non structurées - Lorsqu'il n'a pas la réponse - Lorsqu'il n'a pas eu assez de temps pour préparer une réunion

Julie Giorgi

JDE | Édition Bas-Rhin 67 | 4 décembre 2009

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