

Billet local
ajouté le 6 avril 2012 - - Mots clés : Actualité, Edito, Malaise des TPE/PME
On a vu des patrons manifester devant la Banque de France à Mulhouse en février dernier, sous des bannières «SOS le premier employeur de France agonise». Le fait est assez rare pour être souligné, surtout venant d'une catégorie sociale qui n'a pas vraiment la culture de la «manif». Et lorsqu'on sait que ces dirigeants membres du collectif Défense PME sont prêts à remettre ça à Paris et parlent de mise sous séquestre des paiements de leurs charges sociales, on se dit qu'il y a un malaise. Après quatre années de crise, beaucoup de PME et TPE ont une trésorerie mal en point et peinent à trouver des financements. Même un emblème de l'industrie française comme Caddie, n'a pas réussi à convaincre les banques. C'est alors que le malaise se transforme en colère. Certains patrons ne veulent plus entendre parler des banquiers qui sont devenus pour eux des «ennemis», ou des «destructeurs de tissu industriel», plus préoccupés à vendre des téléphones portables et des alarmes qu'à jouer leur rôle de financeurs de l'économie. Ces accusations violentes ne doivent pas stigmatiser l'ensemble du secteur bancaire. Même s'il est vrai que la prudence est de mise depuis la crise de 2008 et les accords de Bâle III exigeants des banques un renforcement de leurs fonds propres. Tout le monde court après les lignes de crédit, mais sans un minimum de confiance, l'économie risque de s'essouffler et le malaise des PME n'est pas prêt de s'apaiser. j.giorgi@lejournaldesentreprises.com
Julie Giorgi
JDE | Édition Bas-Rhin 67 | 6 avril 2012

