

L'Enquête
ajouté le 3 avril 2009 - - Mots clés : Actualité, Fait du mois, Materalia
Le 24mars, le pôle de compétitivité lorrain Mipi (Materiaux innovants produits intelligents) et le cluster industriel champardennais P2MI (Procédés de mise en oeuvre des matériaux innovants) se sont unis dans un nouveau pôle de compétitivité dédié aux matériaux, baptisé Matéralia. Cette nouvelle entité doit permettre de développer des projets innovants et de positionner la région comme acteur majeur de ce secteur au niveau européen voire mondial. Une opportunité pour les PME et acteurs de la recherche locaux.
Dossier réalisé par Matthieu Leman et Olivier Guyot
À l'occasion du salon Innov'act de Reims, le 24mars, la création du pôle de compétitivité Materalia était officialisée. Il naît de la fusion entre le pôle de compétitivité Mipi, (Matériaux innovants produits intelligents) basé en Lorraine et le cluster industriel champardennais P2MI (Procédés de mise en oeuvre des matériaux innovants). Jean-Yves Le Déaut, vice-président du conseil régional de Lorraine, estimait que «les mines du XXIesiècle sont des mines de matière grise. La création de Materalia permettra d'atteindre une taille critique.Voilà l'enjeu de ce pôle matériaux. Alliant les savoir-faire de la forge, du métal et des matériaux intelligents, Materalia s'inscrit dans une compétition avec d'autres pôles au Japon, en Allemagne, en Grande Bretagne et au Québec. C'est par les projets qu'il parviendra à développer une aura mondiale et devenir une référence en la matière.» Si les officiels ont évoqué de fortes discussions dans l'élaboration de ce projet, les véritables défis du pôle sont devant lui. Avec une gouvernance revisitée, comme le préconisait l'évaluation des pôles de 2008 (qui classait le Mipi dans le groupe des pôles ayant atteint partiellement leurs objectifs), et une mandature de trois ans, Materalia devra inciter les entreprises lorraines à innover. Pour leur permettre de passer un gap et, pourquoi pas, de sortir des remous économiques actuels avec des arguments neufs.
Le 24mars, le pôle de compétitivité lorrain Mipi (Materiaux innovants produits intelligents) et le cluster industriel champardennais P2MI (Procédés de mise en oeuvre des matériaux innovants) se sont unis dans un nouveau pôle de compétitivité dédié aux matériaux, baptisé Matéralia. Cette nouvelle entité doit permettre de développer des projets innovants et de positionner la région comme acteur majeur de ce secteur au niveau européen voire mondial. Une opportunité pour les PME et acteurs de la recherche locaux.
Dossier réalisé par Matthieu Leman et Olivier Guyot
À l'occasion du salon Innov'act de Reims, le 24mars, la création du pôle de compétitivité Materalia était officialisée. Il naît de la fusion entre le pôle de compétitivité Mipi, (Matériaux innovants produits intelligents) basé en Lorraine et le cluster industriel champardennais P2MI (Procédés de mise en oeuvre des matériaux innovants). Jean-Yves Le Déaut, vice-président du conseil régional de Lorraine, estimait que «les mines du XXIesiècle sont des mines de matière grise. La création de Materalia permettra d'atteindre une taille critique.Voilà l'enjeu de ce pôle matériaux. Alliant les savoir-faire de la forge, du métal et des matériaux intelligents, Materalia s'inscrit dans une compétition avec d'autres pôles au Japon, en Allemagne, en Grande Bretagne et au Québec. C'est par les projets qu'il parviendra à développer une aura mondiale et devenir une référence en la matière.» Si les officiels ont évoqué de fortes discussions dans l'élaboration de ce projet, les véritables défis du pôle sont devant lui. Avec une gouvernance revisitée, comme le préconisait l'évaluation des pôles de 2008 (qui classait le Mipi dans le groupe des pôles ayant atteint partiellement leurs objectifs), et une mandature de trois ans, Materalia devra inciter les entreprises lorraines à innover. Pour leur permettre de passer un gap et, pourquoi pas, de sortir des remous économiques actuels avec des arguments neufs.
Jean-Louis Pierquin était président du Mipi, Jacques de Saint Gilles était à la tête de P2MI. Le premier prend la présidence de Matéralia, l'autre devient son bras droit. Sentiments partagés sur cette fusion.
Quels sont les bilans de vos structures respectives? Jean-Louis Pierquin: Les pôles ont été constitués il y a trois ans. L'objectif était d'avoir la capacité de générer des projets collaboratifs. Un travail très important a été fait pour la promotion de l'idée de pôle. Nous sommes arrivés à un nombre respectable d'une centaine de projets pour un budget total de 130M€. Certains sont en cours de recherche de financement. Jacques de Saint Gilles: P2MI a été le seul Pôle non labellisé à être audité par l'État à l'été 2008. Le rapport a salué l'envergure régionale du pôle, une stratégie et une gouvernance opérationnelles et des moyens en croissance. Mais aussi les projets d'innovation déjà instruits et la collaboration avec d'autres Pôles. Au rang des réussites: près de 200 visites industrielles et 40projets instruits en 18mois sur toute la région Champagne Ardenne. Enfin, P2MI a noué ce qui devient les deux partenariats internationaux opérationnels de Matéralia: avec le Pôle de compétitivité wallon Mécatech et l'agence nationale de promotion de l'innovation du Luxembourg: Luxinnovation.
Quel est l'intérêt de la création du pôle de compétitivité Matéralia?
J-LP: La première complémentarité que nous avons identifiée est une complémentarité entre les compétences de forge et de fonderie des industriels champardennais et les outils de recherche académique très forts en Lorraine. Mais ce n'est pas la seule. La Champagne Ardenne et la Lorraine regroupent beaucoup d'activités en sous-traitance automobile, dans les matériaux utilisés dans le médical. Et puis il y a un effet d'échelle important. Cela nous permet de concentrer un maximum de force et de moyens mais aussi de développer des investissements de visibilité. Nous sommes arrivés à une taille critique au niveau européen.
Ne craignez-vous pas qu'il y ait une perte d'identité de ce pôle?
J.SG: La fusion ne change rien de fondamental: les PME conservent leur place prépondérante au sein du Pôle. Le dispositif des Pôles de compétitivité se veut au service des PME françaises. Materalia est très attaché à cette mission de service aux entreprises, aux grands groupes certes mais aussi aux petites entreprises champardennaises et lorraines. La fusion permet de disposer de moyens humains et matériels supplémentaires qui permettent d'accentuer prospection et travail de proximité avec les acteurs du Pôle sur le terrain.
Quels sont les atouts de Matéralia?
J-LP: Nous sommes le premier pôle matériaux français. Il y en a assez peu dans le monde. Il y a une forte concentration dans les biotechnologies et le spatial. Mais les matériaux sont au coeur des débats sur la consommation d'énergie. Avec le bâtiment, la mobilité (véhicules) et la fabrication des matériaux qui est extrêmement consommatrice d'énergie, ces trois secteurs représentent 90% des émissions de CO². Il faut trouver des solutions nouvelles. Sans compter que pour les nouvelles tranches nucléaires il n'existe pas encore tous les matériaux. Cela représente des opportunités de développement considérables.
Quelle est la place des PME dans Matéralia?
J-LP: Nous avons 60% de nos projets dans lesquels il y a une PME. Le travail avec les grands groupes n'exclut pas les PME. Mais le tissu a besoin d'être diversifié. L'innovation ne naît pas de la rencontre de clônes.
Quels sont vos objectifs?
J-LP: Il y a quarante projets en cours. Nous notons un succès des matériaux auprès de l'Agence nationale de la recherche (ANR). En matériaux et procédés, Matéralia remporte 50% des projets donnés. Nous sommes perçus comme crédibles. La crise est bénéfique dans un sens, c'est qu'elle induit des obligations de changement. Les règles de consommation et de production et la notion d'environnement changent dans l'esprit du citoyen qui exige des solutions différentes. Nous visons une augmentation de 30% des projets par an sur le mandat de trois ans. Mais aussi d'avoir une meilleure visibilité.
Jean-Louis Pierquin était président du Mipi, Jacques de Saint Gilles était à la tête de P2MI. Le premier prend la présidence de Matéralia, l'autre devient son bras droit. Sentiments partagés sur cette fusion.
Quels sont les bilans de vos structures respectives? Jean-Louis Pierquin: Les pôles ont été constitués il y a trois ans. L'objectif était d'avoir la capacité de générer des projets collaboratifs. Un travail très important a été fait pour la promotion de l'idée de pôle. Nous sommes arrivés à un nombre respectable d'une centaine de projets pour un budget total de 130M€. Certains sont en cours de recherche de financement. Jacques de Saint Gilles: P2MI a été le seul Pôle non labellisé à être audité par l'État à l'été 2008. Le rapport a salué l'envergure régionale du pôle, une stratégie et une gouvernance opérationnelles et des moyens en croissance. Mais aussi les projets d'innovation déjà instruits et la collaboration avec d'autres Pôles. Au rang des réussites: près de 200 visites industrielles et 40projets instruits en 18mois sur toute la région Champagne Ardenne. Enfin, P2MI a noué ce qui devient les deux partenariats internationaux opérationnels de Matéralia: avec le Pôle de compétitivité wallon Mécatech et l'agence nationale de promotion de l'innovation du Luxembourg: Luxinnovation.
Quel est l'intérêt de la création du pôle de compétitivité Matéralia?
J-LP: La première complémentarité que nous avons identifiée est une complémentarité entre les compétences de forge et de fonderie des industriels champardennais et les outils de recherche académique très forts en Lorraine. Mais ce n'est pas la seule. La Champagne Ardenne et la Lorraine regroupent beaucoup d'activités en sous-traitance automobile, dans les matériaux utilisés dans le médical. Et puis il y a un effet d'échelle important. Cela nous permet de concentrer un maximum de force et de moyens mais aussi de développer des investissements de visibilité. Nous sommes arrivés à une taille critique au niveau européen.
Ne craignez-vous pas qu'il y ait une perte d'identité de ce pôle?
J.SG: La fusion ne change rien de fondamental: les PME conservent leur place prépondérante au sein du Pôle. Le dispositif des Pôles de compétitivité se veut au service des PME françaises. Materalia est très attaché à cette mission de service aux entreprises, aux grands groupes certes mais aussi aux petites entreprises champardennaises et lorraines. La fusion permet de disposer de moyens humains et matériels supplémentaires qui permettent d'accentuer prospection et travail de proximité avec les acteurs du Pôle sur le terrain.
Quels sont les atouts de Matéralia?
J-LP: Nous sommes le premier pôle matériaux français. Il y en a assez peu dans le monde. Il y a une forte concentration dans les biotechnologies et le spatial. Mais les matériaux sont au coeur des débats sur la consommation d'énergie. Avec le bâtiment, la mobilité (véhicules) et la fabrication des matériaux qui est extrêmement consommatrice d'énergie, ces trois secteurs représentent 90% des émissions de CO². Il faut trouver des solutions nouvelles. Sans compter que pour les nouvelles tranches nucléaires il n'existe pas encore tous les matériaux. Cela représente des opportunités de développement considérables.
Quelle est la place des PME dans Matéralia?
J-LP: Nous avons 60% de nos projets dans lesquels il y a une PME. Le travail avec les grands groupes n'exclut pas les PME. Mais le tissu a besoin d'être diversifié. L'innovation ne naît pas de la rencontre de clônes.
Quels sont vos objectifs?
J-LP: Il y a quarante projets en cours. Nous notons un succès des matériaux auprès de l'Agence nationale de la recherche (ANR). En matériaux et procédés, Matéralia remporte 50% des projets donnés. Nous sommes perçus comme crédibles. La crise est bénéfique dans un sens, c'est qu'elle induit des obligations de changement. Les règles de consommation et de production et la notion d'environnement changent dans l'esprit du citoyen qui exige des solutions différentes. Nous visons une augmentation de 30% des projets par an sur le mandat de trois ans. Mais aussi d'avoir une meilleure visibilité.
[--------]À la création du Mipi, les PME regardaient avec interrogation ce nouveau «machin». Avec la nouvelle gouvernance, les PME sont bien présentes dans Materalia, même si des réticences demeurent. [/--------]
«Les ingrédients d'un programme de recherche labellisé idéal sont un laboratoire, un centre de transfert de technologie, un grand compte et une ou plusieurs PME», confie Jean-Paul Chobaut, directeur du CM2T ingénierie. Le centre de ressources technologiques nancéien participe actuellement à huit programmes labellisés Materalia et un Pôle fibres. Le grand compte apparaît important, «obligatoire pour le succès économique du projet», appuie le Lorrain. Un sentiment partagé par Dominique Lupinski, président de Cristal laser (54), qui développe avec un laboratoire russe un programme baptisé Cristal de LBO grandes dimensions. Son budget total s'élève, sur 3ans, à 1,4M€, en partie financés par Oséo et le Fonds régional d'intervention locale (Fril) Lorraine. «La labellisation du projet par le Mipi nous a permis d'obtenir 10% d'aides supplémentaires.»
Un facilitateur
On peut néanmoins faire sans, comme Les Bronzes d'industrie, grosse PME familiale d'Amnéville (57), spécialiste de la fabrication et l'usinage des pièces de révolution. «Au début, je me demandais à quoi cela servait, avoue Luc Lajoye. Comme ancien chercheur, et avec LBI cela fait longtemps que j'ai une connaissance des labos et des mécanismes. J'aurais pu travailler seul sur un projet. Mais ils m'ont apporté une rapidité dans la réponse.» Si bien qu'il a choisi de s'impliquer dans la nouvelle gouvernance. «Pour moi, c'est l'inverse d'un monstre pour les PME. Materalia apporte plus que le simple financement. Pour la PME, ils peuvent leur dire si l'idée d'innovation est bonne, si d'autres travaillent sur des thèmes connexes et, si ceux-ci sont d'accord, les mettre en relation. C'est un facilitateur.» SLCA (57) et les Ateliers Cini (54), qui portent le projet Capsairtm (voir ci-dessous) ont aussi fonctionné sans l'appui direct d'un groupe. «Nous sommes entre gens de bonne compagnie, entre Lorrains. Pourquoi prendre des grands comptes avec lesquels on peut ne pas s'entendre?», remarque Alexandre Cini.
Club
D'un autre côté, la participation des PME aux projets d'envergure, dont l'impulsion vient souvent de ces mêmes grands groupes, comme PSA, Saint-Gobain ou Arcelor mittal, ne va pas de soi. Car de nombreuses réticences demeurent dans le camp des petites entreprises. «Elles ont peur de se faire spolier leur savoir-faire, que ce soit trop lourd administrativement, de ne pas être suffisamment innovantes, de ne pas avoir les ressources humaines nécessaires», énumère Jean-Paul Chobaut. Pour leur permettre de participer quand même à ces aventures dont elles peuvent apprendre beaucoup et recevoir tout autant, notamment en terme de contrats de sous-traitance, CM2T ingénierie a développé en octobre2008 un «club» dans le cadre du programme Matbraz. «Il regroupe seize membres, avec lesquels on prépare le projet, en prenant notre tempset avec l'aide de Materalia qui nous aide à le monter dans le bon sens», explique Jean-Paul Chobaut. Une réflexion est menée avec le pôle pour élargir cette formule à d'autres programmes.
[--------]À la création du Mipi, les PME regardaient avec interrogation ce nouveau «machin». Avec la nouvelle gouvernance, les PME sont bien présentes dans Materalia, même si des réticences demeurent. [/--------]
«Les ingrédients d'un programme de recherche labellisé idéal sont un laboratoire, un centre de transfert de technologie, un grand compte et une ou plusieurs PME», confie Jean-Paul Chobaut, directeur du CM2T ingénierie. Le centre de ressources technologiques nancéien participe actuellement à huit programmes labellisés Materalia et un Pôle fibres. Le grand compte apparaît important, «obligatoire pour le succès économique du projet», appuie le Lorrain. Un sentiment partagé par Dominique Lupinski, président de Cristal laser (54), qui développe avec un laboratoire russe un programme baptisé Cristal de LBO grandes dimensions. Son budget total s'élève, sur 3ans, à 1,4M€, en partie financés par Oséo et le Fonds régional d'intervention locale (Fril) Lorraine. «La labellisation du projet par le Mipi nous a permis d'obtenir 10% d'aides supplémentaires.»
Un facilitateur
On peut néanmoins faire sans, comme Les Bronzes d'industrie, grosse PME familiale d'Amnéville (57), spécialiste de la fabrication et l'usinage des pièces de révolution. «Au début, je me demandais à quoi cela servait, avoue Luc Lajoye. Comme ancien chercheur, et avec LBI cela fait longtemps que j'ai une connaissance des labos et des mécanismes. J'aurais pu travailler seul sur un projet. Mais ils m'ont apporté une rapidité dans la réponse.» Si bien qu'il a choisi de s'impliquer dans la nouvelle gouvernance. «Pour moi, c'est l'inverse d'un monstre pour les PME. Materalia apporte plus que le simple financement. Pour la PME, ils peuvent leur dire si l'idée d'innovation est bonne, si d'autres travaillent sur des thèmes connexes et, si ceux-ci sont d'accord, les mettre en relation. C'est un facilitateur.» SLCA (57) et les Ateliers Cini (54), qui portent le projet Capsairtm (voir ci-dessous) ont aussi fonctionné sans l'appui direct d'un groupe. «Nous sommes entre gens de bonne compagnie, entre Lorrains. Pourquoi prendre des grands comptes avec lesquels on peut ne pas s'entendre?», remarque Alexandre Cini.
Club
D'un autre côté, la participation des PME aux projets d'envergure, dont l'impulsion vient souvent de ces mêmes grands groupes, comme PSA, Saint-Gobain ou Arcelor mittal, ne va pas de soi. Car de nombreuses réticences demeurent dans le camp des petites entreprises. «Elles ont peur de se faire spolier leur savoir-faire, que ce soit trop lourd administrativement, de ne pas être suffisamment innovantes, de ne pas avoir les ressources humaines nécessaires», énumère Jean-Paul Chobaut. Pour leur permettre de participer quand même à ces aventures dont elles peuvent apprendre beaucoup et recevoir tout autant, notamment en terme de contrats de sous-traitance, CM2T ingénierie a développé en octobre2008 un «club» dans le cadre du programme Matbraz. «Il regroupe seize membres, avec lesquels on prépare le projet, en prenant notre tempset avec l'aide de Materalia qui nous aide à le monter dans le bon sens», explique Jean-Paul Chobaut. Une réflexion est menée avec le pôle pour élargir cette formule à d'autres programmes.
Capsairtm est aujourd'hui l'un des projets les plus avancés de Materalia. Son chef de file est SLCA, installée à Florange. Il comprend aussi le pôle de plasturgie de l'Est, les Ateliers Cini et l'Ensam de Metz.
Le projet Capsairtm signifie conception allégée de pièces de structures aéro- nautiques par infusion de résine et RTM. Son objectif est de parvenir à la production de pièces plus légères en composite pour l'industrie aéronautique. Il a été lancé il y a un an et demi. Il est à mi-parcours. SLCA se charge des pièces, le PPE du process, Cini de l'outillage et l'Ensam des processus de fabrication en outillage.
SLCA
Filiale d'Aircelle spécialiste du composite, entité du groupe Safran, SLCA a investi fortement en Moselle en 2007. «Ce projet est très important dans notre stratégie, explique Hervé Hurlin. Avec le PPE nous avions identifié le besoin d'un démonstrateur dans l'infusion de résine. Cela s'est concrétisé avec l'appel d'offres DGE.» SLCA monopolise une personne à temps plein sur Capsairtm et des spécialistes selon les besoins. «Notre rôle est de rapporter aux autorités l'avancement du projet. Au début c'était une découverte et nous avons été aidés par le Mipi. C'est un point important car ils connaissent les rouages et les bonnes portes pour les financeurs.» Le groupe se retrouve mensuellement pour des réunions avec avancement des projets et plannings. «Nous avons tous le même objectif. Chacun travaille et met à disposition ses travaux sur le site web du Mipi et le support de communauté en ligne.»
Ateliers Cini
Les Ateliers Cini sont à l'origine du projet. L'entreprise dirigée par Alexandre Cini mobilise une personne à plein temps. «C'est de la recherche, on ne sait pas ce que ça va nous rapporter, confie-t-il. Sans Materalia, nous n'aurions pas mené ce projet, car nous ne connaissions pas les labos du coin. Le pôle cherche les financements (le budget du programme serait d'environ 100.000€ par an, NDLR), met de l'huile dans les rouages.»
Pôle de plasturgie de l'Est
Le PPE apporte des solutions sur le process. Il travaillait avec Cini et SLCA avant le projet. «Nous avions constitué le projet et avons attendu la bonne fenêtre de tir, précise Gilbert Pitance. Lorsque l'appel à projet est publié, il faut déjà savoir ou l'on veut aller.» Pour le PPE, cette expérience lui a permis de mettre un pied dans le secteur aéronautique. Il est aussi sur un autre projet Mipi, Comac. «Deux projets en même temps c'est à notre échelle.»
Capsairtm est aujourd'hui l'un des projets les plus avancés de Materalia. Son chef de file est SLCA, installée à Florange. Il comprend aussi le pôle de plasturgie de l'Est, les Ateliers Cini et l'Ensam de Metz.
Le projet Capsairtm signifie conception allégée de pièces de structures aéronautiques par infusion de résine et RTM. Son objectif est de parvenir à la production de pièces plus légères en composite pour l'industrie aéronautique. Il a été lancé il y a un an et demi. Il est à mi-parcours. SLCA se charge des pièces, le PPE du process, Cini de l'outillage et l'Ensam des processus de fabrication en outillage.
SLCA
Filiale d'Aircelle spécialiste du composite, entité du groupe Safran, SLCA a investi fortement en Moselle en 2007. «Ce projet est très important dans notre stratégie, explique Hervé Hurlin. Avec le PPE nous avions identifié le besoin d'un démonstrateur dans l'infusion de résine. Cela s'est concrétisé avec l'appel d'offres DGE.» SLCA monopolise une personne à temps plein sur Capsairtm et des spécialistes selon les besoins. «Notre rôle est de rapporter aux autorités l'avancement du projet. Au début c'était une découverte et nous avons été aidés par le Mipi. C'est un point important car ils connaissent les rouages et les bonnes portes pour les financeurs.» Le groupe se retrouve mensuellement pour des réunions avec avancement des projets et plannings. «Nous avons tous le même objectif. Chacun travaille et met à disposition ses travaux sur le site web du Mipi et le support de communauté en ligne.»
Ateliers Cini
Les Ateliers Cini sont à l'origine du projet. L'entreprise dirigée par Alexandre Cini mobilise une personne à plein temps. «C'est de la recherche, on ne sait pas ce que ça va nous rapporter, confie-t-il. Sans Materalia, nous n'aurions pas mené ce projet, car nous ne connaissions pas les labos du coin. Le pôle cherche les financements (le budget du programme serait d'environ 100.000€ par an, NDLR), met de l'huile dans les rouages.»
Pôle de plasturgie de l'Est
Le PPE apporte des solutions sur le process. Il travaillait avec Cini et SLCA avant le projet. «Nous avions constitué le projet et avons attendu la bonne fenêtre de tir, précise Gilbert Pitance. Lorsque l'appel à projet est publié, il faut déjà savoir ou l'on veut aller.» Pour le PPE, cette expérience lui a permis de mettre un pied dans le secteur aéronautique. Il est aussi sur un autre projet Mipi, Comac. «Deux projets en même temps c'est à notre échelle.»
Tous les acteurs s'accordent sur le fait que les pôles de compétitivité sont de «formidables interfaces entre l'industriel qui ne maîtrise pas la paperasse et les institutionnels stratégiques», selon Jean Saling, directeur de Magna Lorraine emboutissage à Henriville (57). Il y a cependant des limites au système. Il y a la question de rythme de travail. «C'est très intéressant de travailler avec les laboratoires universitaires. Mais ils sont dépendants du calendrier scolaire, précise Jean Saling. Sur notre projet avec l'Ensam (porté également avec Arcelor research), nous avons un contact permanent, mais le reste de l'équipe change en septembre. Ils ne sont actifs que six mois dans l'année.» En ce qui concerne les financements, Dominique Lupinski, président de Cristal laser (54) s'est vu refuser le financement de l'Agence nationale de la recherche (ANR) pour deux projets, pourtant labellisés Mipi. «Pour l'un d'eux, l'ANR nous a dit que s'il y avait eu un grand compte, cela aurait été mieux...C'est également souvent le cas pour les financements européens. Le grand compte apporte de la crédibilité». Du côté des grands comptes justement, le son de cloche n'est pas forcément meilleur. «On nous a dit à plusieurs reprises que notre projet avec l'Ensam et Manoir industrie était un bon projet. Le problème vient de la DGE, estime Claude Hingray, directeur d'Ascoforge safe (57). Un projet présenté par les pôles sur trois est accepté. En forge, on ne se situe pas sur un secteur porteur d'image comme les biotechnologies. Du fait du blocage de la DGE, nous avons dû trouver d'autres financements et perdu une année.» Un sentiment partagé par plusieurs consortiums. Les décisions sont ressenties comme des choix de stratégie industrielle, voire politiques face à certains groupes.
Le Mipi était l'un des pôles de compétitivité mis en place par le gouvernement Raffarin en 2005. Il était positionné sur les matériaux innovants et les produits intelligents. Sur la première mandature de trois ans, il a labélisé 92 projets pour un budget de 154M€. Plus de la moitié des projets était attachée à l'Agence nationale de la recherche. Et 55% des projets intégraient des PME. Le Mipi a suivi des dossiers dans les domaines des pièces pour l'aéronautique, pour l'automobile, mais aussi dans le traitement de surface. Ses points forts restant la métallurgie et les matériaux composites. Le pôle, non-labellisé, Procédés de mise en oeuvre des matériaux innovants (P2MI) a tenu sa première réunion le 23février 2007. Il avait pour objet d'accroître la compétitivité de ses partenaires (en particulier les PME) sur la scène mondiale grâce à la mise en commun de leurs compétences au travers de projets de R & D collaboratifs. Le pôle a été axé naturellement sur le travail des matériaux en lien avec la forte tradition métallurgique de la région. Les compétences de P2MI s'étalaient sur les marchés de l'emballage, automobile, aéronautique, industries mécaniques, médical et du transport. Il s'appuyait sur les technologies de la fonctionnalisation de matériaux, les nouveaux procédés de traitement de surface, les procédés de mise en forme de matériaux innovants, le recyclage de matériaux spécifiques, les RFID (radio-indentification) et les cartes sans contact, le contrôle de procédés par analyse d'images, l'architecture et matériaux pour l'allégement des véhicules, la traçabilité et les technologies d'identification.
Le Mipi était l'un des pôles de compétitivité mis en place par le gouvernement Raffarin en 2005. Il était positionné sur les matériaux innovants et les produits intelligents. Sur la première mandature de trois ans, il a labélisé 92 projets pour un budget de 154M€. Plus de la moitié des projets était attachée à l'Agence nationale de la recherche. Et 55% des projets intégraient des PME. Le Mipi a suivi des dossiers dans les domaines des pièces pour l'aéronautique, pour l'automobile, mais aussi dans le traitement de surface. Ses points forts restant la métallurgie et les matériaux composites. Le pôle, non-labellisé, Procédés de mise en oeuvre des matériaux innovants (P2MI) a tenu sa première réunion le 23février 2007. Il avait pour objet d'accroître la compétitivité de ses partenaires (en particulier les PME) sur la scène mondiale grâce à la mise en commun de leurs compétences au travers de projets de R & D collaboratifs. Le pôle a été axé naturellement sur le travail des matériaux en lien avec la forte tradition métallurgique de la région. Les compétences de P2MI s'étalaient sur les marchés de l'emballage, automobile, aéronautique, industries mécaniques, médical et du transport. Il s'appuyait sur les technologies de la fonctionnalisation de matériaux, les nouveaux procédés de traitement de surface, les procédés de mise en forme de matériaux innovants, le recyclage de matériaux spécifiques, les RFID (radio-indentification) et les cartes sans contact, le contrôle de procédés par analyse d'images, l'architecture et matériaux pour l'allégement des véhicules, la traçabilité et les technologies d'identification.
L'un des principaux avantages du rapprochement du Mipi et de P2MI est le poids que le nouveau pôle occupe désormais sur la scène européenne. Comme les programmes se financent mieux avec un grand groupe, les projets des pôles se financent d'autant mieux que le poids de ceux-ci est important. Tant concernant les fonds délivrés par l'Agence nationale de la recherche que par l'Europe. «Associer plusieurs régions sur un projet lui donne plus de poids, notamment vis-à-vis du ministère (de la recherche, NDLR)», estime ainsi Jean-Paul Chobaut, directeur du CM2T ingénierie. Le centre de transfert nancéien développe, par exemple, un programme co-labellisé Materalia et ViaMéca, le pôle de compétitivité mécanique qui regroupe lui-même six régions (Rhône-Alpes, Auvergne, Centre, Languedoc-Roussillon, Limousin et Midi Pyrénées). À fin 2008, ce pôle revendiquait 146 programmes de R & D labellisés regroupant 128partenaires dont 69PME. Sur les 64projets financés à fin 2007, pour un budget total de 83M€, 31M€ avaient été réunis sous forme d'aides par le pôle. La création de Materalia aura aussi des retombées pratiques non négligeables. Les entreprises et organismes lorrains étaient déjà nombreux à travailler avec des structures de Champagne Ardenne, notamment dans le domaine de la fonderie où les deux régions possèdent de fortes ressources et compétences. Materalia facilitera, et simplifiera les programmes associant ces entités.
Les statuts du pôle de compétitivité ont été votés le 28novembre 2008. À la fin du premier trimestre 2009, Materalia représentait : - 202.707 salariés; - 135 unités de recherche; - 118.000 étudiants; - 5.500 chercheurs; - 15 centres régionaux pour l'innovation et le transfert de technologie; - 4 instituts Carnot. Sur le plan industriel: - 15% des effectifs de la métallurgie nationale; - 24% en fonderie (1er); - 26% en sidérurgie (1er avec le Nord Pas-de-Calais); - 30% en forge et estampage. Au niveau académique: - 9e pôle de compétitivité aux résultats ANR 2008; - 40% des projets de pôle sur l'appel à projets «Matériaux et procédés»; - 10% des laboratoires dédiés aux matériaux. Au niveau de l'organisation: - 125 membres répartis en quatre collèges, dont 80 entreprises (40PME, 27 groupes, 13 organisations professionnelles et clusters), 15structures d'enseignement supérieur et de recherche; 12 centres techniques et neuf collectivités territoriales; - huit permanents répartis sur Metz (4), Charleville (3), Nancy (1); - 80 projets labellisés pour un budget total de 123M€; - 50 projets financés pour 56M€; - une trentaine de projets en cours d'instruction en 2009; Et en ce qui concerne le budget: - 1M€ en 2009.
Les statuts du pôle de compétitivité ont été votés le 28novembre 2008. À la fin du premier trimestre 2009, Materalia représentait : - 202.707 salariés; - 135 unités de recherche; - 118.000 étudiants; - 5.500 chercheurs; - 15 centres régionaux pour l'innovation et le transfert de technologie; - 4 instituts Carnot. Sur le plan industriel: - 15% des effectifs de la métallurgie nationale; - 24% en fonderie (1er); - 26% en sidérurgie (1er avec le Nord Pas-de-Calais); - 30% en forge et estampage. Au niveau académique: - 9e pôle de compétitivité aux résultats ANR 2008; - 40% des projets de pôle sur l'appel à projets «Matériaux et procédés»; - 10% des laboratoires dédiés aux matériaux. Au niveau de l'organisation: - 125 membres répartis en quatre collèges, dont 80 entreprises (40PME, 27 groupes, 13 organisations professionnelles et clusters), 15structures d'enseignement supérieur et de recherche; 12 centres techniques et neuf collectivités territoriales; - huit permanents répartis sur Metz (4), Charleville (3), Nancy (1); - 80 projets labellisés pour un budget total de 123M€; - 50 projets financés pour 56M€; - une trentaine de projets en cours d'instruction en 2009; Et en ce qui concerne le budget: - 1M€ en 2009.
Les pôles de compétitivité sont nés en 2004 de la nouvelle politique industrielle du gouvernement Raffarin. Axés sur l'innovation, ils sont entrés progressivement en fonction dans les régions. On en dénombre 71. Le pôle de compétitivité est une association qui permet la mise en relation d'entreprises, de centres de recherche, de laboratoires et d'organismes de formation sur des projets innovants. Ces projets sont ensuite menés en commun, le pôle servant ainsi de relais, notamment dans les démarches administratives et la rédaction d'un dossier. Les objectifs d'un pôle sont de développer la compétitivité de l'économie française en accroissant l'effort d'innovation, de conforter sur des territoires des activités, principalement industrielles, à fort contenu technologique ou de création, d'accroître l'attractivité de la France grâce à une visibilité internationale renforcée et de favoriser la croissance de l'emploi.
Les pôles de compétitivité sont nés en 2004 de la nouvelle politique industrielle du gouvernement Raffarin. Axés sur l'innovation, ils sont entrés progressivement en fonction dans les régions. On en dénombre 71. Le pôle de compétitivité est une association qui permet la mise en relation d'entreprises, de centres de recherche, de laboratoires et d'organismes de formation sur des projets innovants. Ces projets sont ensuite menés en commun, le pôle servant ainsi de relais, notamment dans les démarches administratives et la rédaction d'un dossier. Les objectifs d'un pôle sont de développer la compétitivité de l'économie française en accroissant l'effort d'innovation, de conforter sur des territoires des activités, principalement industrielles, à fort contenu technologique ou de création, d'accroître l'attractivité de la France grâce à une visibilité internationale renforcée et de favoriser la croissance de l'emploi.
D'autres structures viennent en appui, qu'elles soient étatiques ou portées par la Région. «Nous avons d'autres astuces pour mobiliser les PME, explique Jean-Paul Chobaut, directeur du CM2T ingénierie. Leur proposer de petits dossiers de faisabilité et de prototypage pendant la période qui sépare la phase de montage du projet et son acceptation, qui dure un an. En Lorraine, deux outils le permettent: la Prestation technologique réseau (Oséo) et le Fril (fonds régional d'innovation Lorraine).» Les dossiers refusés, notamment par l'ANR, peuvent aussi trouver un second souffle avec une structure comme le Fril. Ainsi, Ascoforge safe et Manoir industrie, qui avaient vu un projet recalé au national, ont pu compter sur un soutien régional pour Forlorpréci.
- Materalia: Tél.: 03.87.37.42.82; 03.83.36.83.00; www.materalia.fr - Les pôles de compétitivité: Que peut-on en attendre?, de Gilles Duranton, Thierry Mayer, Philippe Martin, Florian Mayneris; éditions Rue d'Ulm. - L'évaluation des pôles de compétitivité: bilan de la 1re phase 2005-2008, de CM International; éditions La documentation française. - Les pôles, réseaux d'excellence et d'innovation: Enquête sur les pôles de compétitivité, de Jean-Sébastien Scandella; éditions Autrement.
JDE | Édition Moselle 57 | 3 avril 2009

