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ajouté le 7 mai 2010 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Agrandissement, Investissement
Spécialiste de la galvanisation, soit le traitement du métal par du zinc, la SBG investit un montant important dans la modernisation de son site de La Chapelle-Caro. SBG fait partie de Protector, groupe implanté en France sur la façade atlantique nord et détenu à 90 % par ses salariés.
Nicolas Mollé
Inoxydable la Société bretonne de fonderie métallique? Cette entreprise de 110 salariés spécialisée dans la galvanisation va en tout cas investir 17M€ dans la modernisation de son site de la Chapelle-Caro. La dalle d'un tout nouveau bâtiment est au stade de l'achèvement. D'ici 2011, la prochaine usine devrait s'étendre sur près de 8.000m². Une surface légèrement inférieure à la configuration actuelle. Mais plus moderne.
«Fumées encapsulées»
«Nous réflechissons à une nouvelle usine depuis une dizaine d'années», explique Pierre Le Bohec, président du groupe Protector, maison mère de SBG. «Mais nous ne trouvions pas le modèle d'installation qui nous convenait. Nous nous sommes finalement décidés après avoir visité une usine en Autriche. Nous continuerons à ne rejetter aucun liquide, en phase avec les préconisations de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement. De plus, toutes les fumées seront encapsulées avant d'être traitées et rejetées. Pour au moins quelque temps, il s'agira de l'usine de galvanisation française la plus moderne.»
Frites et huile bouillante
Installation classée, l'actuelle usine est paradoxalement rongée par la corrosion. En levant les yeux, on peut y observer le manège des ?palonniers? et des tréteaux automatiques. Ces derniers acheminent des armatures de métal au dessus du bain rempli de zinc. Lorsque le métal passe des 10º de la température ambiante aux 440º du bain, le frisson est garanti. Avec comme effet induit de redoutables éruptions de zinc brûlant. Un peu comme lorsque l'on plonge des frites dans de l'huile bouillante. Les salariés peuvent heureusement observer la manoeuvre depuis une sorte de bunker adjacent muni de hublots encrassés.
Grille ou tonne à lisier
Ici, le poids des pièces métalliques traitées oscille de 50 grammes à sept tonnes. Les objets concernés par le traitement au zinc peuvent être des grilles d'entrée pour le bâtiment ou une tonne à lisier de 20.000 litres pèsant 3,2 tonnes. SBG s'approvisionne en zinc via des relais français auprès de fournisseurs australiens (Nyrstar) ou allemands (Metall Dinslaken). Les mines de zinc les plus importantes dans le monde se trouvent en Australie, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, en Chine. A la Chapelle-Caro, les lingots de zinc d'une tonne attendent sagement leur tour à l'air libre. A terme, l'ancienne usine servira pour leur stockage, entre autre.
Intensité capitalistique
La galvanisation est un secteur à fort intensité capitalistique: la construction d'un bain de zinc côûte à elle seule 2M€. «Le ticket d'entrée est élevé dans notre métier», confirme Pierre Le Bohec. «Il l'est moins dans le domaine de la peinture...» A l'exception du Morbihan, chacun des trois sites de galvanisation de Protector est adossé à une unité de peinture. Le groupe a pris dès 2001 ce virage stratégique de diversification en rachetant deux usines de peinture.
Gouvernance atypique
Et s'est distingué dès le milieu des années 90 par une gouvernance atypique. Il est en effet détenu à 90% par 80 salariés. Avec trois collèges: cadres, agents de maîtrise, employés/ouvrier. Lorsque surviennent des ventes d'action au sein d'une catégorie, ce sont les membres du collège concerné qui peuvent les racheter en priorité. IPO, son premier partenaire financier, était sorti de son capital lorsqu'un certain nombre de salariés actionnaires avait voulu acheter d'autres actions. «Dès le départ, les salariés ont souscrit massivement», constate Pierre Le Bohec. «C'est pour moi notre plus grande réussite. Le capital a été ouvert à des gens qui n'auraient jamais eu l'occasion dans leur existence de devenir actionnaires.»
Comment avez vous financé l'investissement de 17M€ de votre prochain bâtiment? Aux trois quarts par des emprunts, le reste par nos fonds propres.
Il s'agit d'une enveloppe conséquente. Va-t-elle aussi générer des emplois?
Non, nous n'allons pas créer d'emplois. Protector est aujourd'hui dans une logique de groupe et emploie déjà 320 personnes au total. Pour créer des emplois, il faudrait que nous soyons soutenus. Or, en France, on n'aide pas tellement les entreprises à grandir. Du coup, le pays manque d'entreprises moyennes, comparativement à d'autres comme la Grande-Bretagne et, surtout, l'Allemagne. Là bas, le tissu industriel est beaucoup plus dense. C'est probablement là que réside un de nos principaux problèmes de compétitivité. L'autre retard que nous prenons, c'est dans les réformes.
Que voulez vous dire?
Nous laissons le déficit public filer de manière beaucoup trop importante. La dette est très élevée et le pays ne progressera guère tant qu'elle continuera d'augmenter. Qui va payer? Avec la dette des retraites des fonctionnaires, on arrive à des niveaux insupportables. L'Etat est trop imposant, il devrait diminuer sa part. En Allemagne, les réformes ont été réalisées, que ce soit sous Gerhard Schröder ou Angela Merkel. En France, on se limite à des ?réformettes?. Probablement parce qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses...
Quelle place occupez vous sur votre segment d'activité, la galvanisa
tion?
Nos concurrents ont des actionnaires étrangers. Le leader du marché en France, France Galva Groupe, est détenu aux deux tiers par des capitaux britanniques et à un tiers par des belges. Nous, notre marché est principalement local. Quelqu'un qui fabrique en France ne galvanise pas à l'étranger. Nous avons 10% du marché de la galvanisation.
Que représente exactement ce marché?
Le marché de la galvanisation représentait 700.000 tonnes en 2009, nous avons traité 30.000 tonnes l'an dernier.
Vous aviez réalisé 15M€ de chiffre d'affaires avec la Société bretonne de galvanisation en 2008. Quel a été votre niveau d'activité en 2009? L'an dernier, SBG a réalisé 12,5M€ de chiffre d'affaires opérationnel. SBG compte pour 40% du chiffre d'affaires du groupe Protector.
En tant qu'acteur régional et national, nous avons souffert. Car lorsque PSA et Renault décident de construire une usine en Europe de l'Est, c'est autant de volumes qui ne seront plus galvanisés par nous.
Président du groupe Protector/Prestia, Pierre Le Bohec en est aussi le directeur administratif et financier. Parmi les premiers à avoir participé au rachat de l'entreprise par ses salariés (RES), il est aujourd'hui le premier actionnaire du groupe, avec 5.000 actions sur 32.000 titres. Directeur de SBG à La Chapelle-Caro, Gaëtan Cloarec est aussi président de Cronolac, une des deux unités de peinture du groupe, regroupée avec Galva 29 à Hanvec, dans le Finistère. Il fait également partie du comité de direction de Protector, tout en étant membre de sa holding Holdipro. Fabrice Fouquart est très présent dans l'organigramme de Protector/Prestia. À la tête de Galvalek, l'usine de galvanisation de Carpiquet près de Caen, il y dirige également l'unité de peinture Métal Protection. Tout en étant présent à Holdipro et au comité de direction de Protector. Arnaud Zedet siège à Holdipro et fait partie du groupe de direction de Protector. D'un point de vue opérationnel, il est directeur de Galva Caux, unité de galvanisation basée à Yerville (Seine Maritime), où ont été récemment construits des ateliers de peinture (Apy) et de galvanisation de petites pièces (Galvanorm).
1977
Création à La Chapelle-Caro de Galva Ouest, filiale de Galvelpor à Landerneau (galvanisation de matériels d'élevage).
1979
Rachat par la Safi de Galvelpor, rebaptisée SBG. Reprise de Galvalek.
1995-1996
50 salariés amorcent un RES concernant SBG et Galvalek.
1999
Création d'unités de galvanisation, à Hanvec (Finistère) et Yerville (Seine Maritime).
2001
Rachat de Cronolac (Finistère) et Métal Protection (Calvados).
2008
BNP développement prend 10% du capital.
2010
Début de la construction d'une nouvelle usine à La Chapelle-Caro.
- 3.000 tonnes de zinc consommées annuellement par le groupe, dont environ 1.800 par SBG. - 1.000 clients actifs sur une base de 4.000. Aucun de ses clients ne dépasse 10 % du chiffre d'affaires. - Un bain de zinc de 17 mètres, soit le plus long de France mais celui de la nouvelle usine ne fera plus que 16 mètres. - 8 camions intégrés et une quinzaine de remorques pour le transport, géré à 40 % en interne. - Tél. : 02.97.74.72.72.
JDE | Édition Morbihan 56 | 7 mai 2010

