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Cgl Pack. Concevoir la boîte en plastique du futur

ajouté le 4 septembre 2009  -  - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Investissement, Innovation R/D

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Centre d'usinage à commande numérique du site Cgl Pack à Gestel. Le poste informatique est relié à la machine qui va ?sculpter? le prototype. Hors frais d'études, un outillage coûte de 4.000 € à 20.000 € à un client.

Spécialisé dans l'agroalimentaire, le site de Gestel/Lorient du fabricant d'emballages plastiques Cgl Pack est l'un des deux réacteurs de cette firme basée à Annecy. Le thermoformeur investit aujourd'hui dans plusieurs broyeurs pour mieux recycler le plastique de demain.

Nicolas Mollé

Interminables tuyaux métalliques d'un blanc immaculé, tapis roulants, plafond géant: on se croirait dans le sous-sol de la rampe de lancement de la fusée d'? Objectif Lune?. Nous ne sommes pourtant que dans le nouvel atelier de broyage de 1.350m² du fabricant d'emballages Cgl Pack, à Gestel. Fin 2009, un troisième broyeur viendra compléter un arsenal de machines qui permettent depuis peu d'y recycler plus de 70% des matières premières. En descendant quelques marches, on accède aux entrailles des monstres: de gros moteurs dotés de véritables lames de sabre qui mettent en pièce méthodiquement les emballages à recycler. Ceux-ci échouent ensuite dans de grands estomacs de tissu, sous forme de petits éclats, de paillettes plastiques.

L'agro, principale cliente
Ce substrat est ensuite réacheminé en production et thermoformé, c'est-à-dire mis en forme à haute température dans des moules. Les deux tiers des déchets sont réutilisés, avec un objectif à moyen terme de 2.000 tonnes retraitées par an. «On ne peut pas réutiliser 100% de matière broyée», signale Marie Barthès, directrice du site. «Il y aurait un risque d'altération des caractéristiques mécaniques du plastique.» Ce que ne permet pas l'exigeance de qualité élevée des clients de Cgl Pack. L'entreprise fournit en barquettes, présentoirs, blisters, plateaux, coques, couvercles en matière plastique des acteurs majeurs de l'agroalimentaire: Bigard, Bongrain, Bonduelle, Mix Buffet, Délifrance... L'agroalimentaire représente 95% de son chiffre d'affaires. Ce portefeuille permet de générer du volume puisque, pour ce secteur, un projet nécessite au minimum unmillion d'emballages, à 4 € les 100 unités.

Sur-mesure exclusivement
Pour l'industrie de la cosmétique, deuxième client de Cgl Pack Lorient avec Beiersdorf (Nivéa), MT Packaging Alcan, Axilone, les plus gros projets ne dépassent guère les 100.000 pièces. Mais sont tout de suite plus conséquents en valeur puisqu'ils sont facturés 20 à 50 € les 100 exemplaires. Dans l'industrie, le volume d'activité est plus marginal mais Cgl Pack fournit néanmoins en emballages Plastimo (accastillage) ou Sibjet (briquets). De plus, contrairement au site Cgl Pack d'Annecy, qui réalise plus de 20% de son chiffre d'affaires avec environ 80 modèles différents de boîtes blibox (pour la quincaillerie par exemple), Lorient n'élabore que du sur-mesure.

Bibliothèque de moules
Les techniques et innovations les plus pointues sont ici utilisées: multicouches qui permettent de ?peler? l'emballage ou barrières sensibles au temps pour les dates limites de consommation. L'une des richesses de Cgl Pack, sa mémoire concrète, ce sont les dizaines de moules sur-mesure qui reposent sur des étagères, tels des livres sur les rayonnages d'une bibliothèque. Dernièrement, Cgl Pack Lorient a également obtenu la certification sécurité-santé-hygiène OHSAS 18.001. «Cela a été l'aboutissement d'un processus engagé depuis presque cinq ans», souligne Marie Barthès. «Avant de nous soucier de la durée de vie des arbres, nous préférons nous inquiéter du bien-être de nos salariés. Sinon, on tombe vite dans une démarche ?écolo-bobo?.» Une manière aussi d'attirer et de conserver les compétences: dans le domaine du thermoformage, le personnel correctement formé se fait rare.

Programme d'extension
Il y a trois ans, l'entreprise s'est lancée dans un programme d'agrandissement de 6M€. Première étape, en juin2006: un magasin de produits finis de 1.850m² et de 14 mètres de haut, pour 2M€. Puis l'atelier de broyage, qui a nécessité presque autant en investissement. Cgl Pack Lorient, qui a vu son chiffre d'affaires progresser de 47% en sept ans, maintient un niveau de développement élevé, tout en conservant son résultat positif. Son taux d'endettement ne dépasse pas ses capitaux propres. Doté d'un peu moins de 100 clients, dont 70 contrats vraiment actifs, Cgl Pack livre ses emballages à 150 destinations, en faisant appel à trois sociétés de transport bretonnes.

L'équipe dirigeante

Alain Wirth, fondateur, est P-dg de Cgl Pack, lui-même possédé à 100% par PSB Industries, groupe détenu majoritairement par des membres de la famille Entremont. D'abord recruté comme directeur commercial en 2006, Sylvain Raux devient directeur opérationnel puis prend la suite de Romain Lecot à la direction générale de Cgl Pack. Après une formation d'ingénieur en apprentissage, Marie Barthès a pris la tête du site de Lorient où elle a remplacé Georges Sorek, qui partait à la retraite.

Parcours


1980
Patrice Charles crée les Plastiques de l'Arvor à Lorient.
1985
La société s'installe à Gestel.
1989
Cgl Pack intègre le groupe PSB Industries.

1995 Le site de Lorient double sa surface et est certifié Iso 9.002.
1998
Certification Iso 9.001
et désengagement de Patrice Charles, qui nomme Georges Sorek à la tête du site de Lorient.
2001
Rachat des Plastiques de l'Arvor par Cgl Pack.
2003 Le site est rebaptisé Cgl Pack Lorient.
2004
Certification Iso 14.001
de l'usine de Lorient.
2006 Création d'un second atelier de thermoformage occupant le bâtiment de stockage des matières premières.

2007 Construction d'un nouveau bâtiment de stockage des matières premières et acquisition d'une nouvelle génération de machine thermoformeuse.

2008
Second bâtiment pour une nouvelle activité de recyclage.
2009
Activation de l'atelier broyage, le site de Lorient est certifié OHSAS 18.001.

Marie Barthès, directrice: «Le sur-mesure moins délocalisé»


Lorsqu'on consomme moins, on fabrique aussi moins d'emballages. Comment résistez-vous? Nos clients sont essentiellement issus de l'agroalimentaire, un secteur moins rémunérateur que les cosmétiques mais qui reste stable, moins risqué. De plus, le sur-mesure se délocalise moins. Nous aurons changé de métier avant que Bigard ne quitte la région.


Qui sont vos principaux concurrents?
Picard ou le groupe Guillin sont basés loin d'ici. En Bretagne, nos vrais concurrents s'appellent Knauf ou Plastobreiz. Mais dans le domaine du sur-mesure, nous sommes le leader français et sommes plus importants en terme d'effectif que Plastobreiz (65 personnes, NDLR).

Avec quels matériaux concevez-vous vos emballages sur-mesure?

De la matière plastique à 98%. Il y a un peu de carton mais ce n'est pas transformé chez nous. Dans ce cas, soit on sous-traite, soit on indique au client les coordonnées d'un partenaire pour le carton.
Vous êtes donc de gros consommateurs de pétrole. Sous quelle forme vous parvient-il? À Annecy, Total nous livre des granulés plastiques. À Lorient, nous réceptionnons des bobines de feuilles déjà extrudées. Mais
nous utilisons aussi d'autres matières que les plastiques génériques.
Lesquelles?


Il existe des biopolymères
, non pétrochimiques. Ainsi que des polymères mixtes qui mêlent un petit pourcentage de pétrole au bois, au talc, à la canne à sucre, au bambou. Nous utilisons aussi le Polylactique ou PLA, élaboré avec de l'amidon de maïs. C'est un matériau intéressant quoique très cassant: en compostage industriel, il est dégradé en 45 jours. Il est pourtant compliqué à développer.
Pourquoi?
Son éco-bilan n'est pas si bon que ça. Ce que vous ne dépensez pas directement en pétrole doit alimenter le réservoir du tracteur. La production du PLA nécessite en effet de larges parcelles cultivées de maïs. Et donc le recours aux OGM. Il y a deux ou trois ans, les prix du PLA ont commencé à baisser en Europe mais l'élan a été coupé net car il existe une véritable phobie du consommateur vis-à-vis des OGM, avec la crainte que les cultures ?contaminent? la production alimentaire.
Le PLA est-il intéressant d'un point de vue économique?
Il reste plus cher que le plastique générique. Nous autres thermoformeurs sommes prêts mais le marché doit également être suffisamment mûr. Les coûts de mise en oeuvre pour des filières en amont restent à amortir.

CGL Pack en chiffres

- 17,8M€ de chiffre d'affaires réalisé en 2008 à Lorient sur 45M€ au global, réalisé à 21% à l'export. - 90 salariés à Lorient. - 280millions d'emballages fabriqués par an. - Près de 7.000 tonnes d'emballages produits par an. - 25.400m² de surface dont 6.600m² de bâtiments et moins de 800m² de bureaux. - À Gestel. Tél.: 02.97.80.12.80.

JDE | Édition Morbihan 56 | 4 septembre 2009

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