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ajouté le 3 avril 2009 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Raoul Lenoir, Dominique Steichen
Située à Cosnes-et-Romain, Raoul Lenoir, spécialisée dans la séparation magnétique et le levage, a pour ambition de devenir le pôle environnement du groupe Delachaux. Après avoir prospecté en France, l'entreprise se tourne vers l'Allemagne.
Isabelle Kurth
Créée entre les deux guerres par Raoul Lenoir, l'entreprise éponyme a débuté son activité par le bobinage de moteurs pour la sidérurgie. Au début des années 60, la fabrication d'électro-aimants pour le levage fait son apparition. «Ensuite, nous avons inclus les aimants pour séparer les métaux ferreux et les métaux non ferreux», annonce Dominique Steichen, directeur commercial et marketing. De l'entreprise familiale qui verra trois générations se succéder, à l'entreprise actuelle, Raoul Lenoir n'en a donc pas fini avec son développement. «Depuis notre entrée dans le groupe Delachaux en 2000, nous avons une croissance interne avec un fort développement à l'international. Aujourd'hui, nos ventes à l'export représentent 50% de notre CA.» Un chiffre d'affaires qui émane de deux activités majeures: le levage et la séparation-recyclage.
Activité de levage
S'adressant à la sidérurgie, à la métallurgie et à la chaudronnerie, l'activité de levage magnétique représente 40à 45% du CA de Raoul Lenoir. Longtemps activité principale de l'entreprise, la conception et l'exécution de systèmes électromagnétiques pour le levage et la manutention de produits sidérurgiques s'effectuent à l'international. «Cette activité concerne surtout la sidérurgie. En Europe, aujourd'hui, les entreprises sont déjà équipées. Nous nous occupons donc surtout de leur maintenance.» La conception y est en effet plus marginale. Alors que dans les pays émergents, les besoins existent. «Nous travaillons en Égypte, en Inde, en Chine ou encore en Arabie Saoudite.» Où de gros projets sont actés. «Nous venons, par exemple, de fournir une entreprise indienne qui nous avait commandé 80aimants et 5ponts pour traiter des tôles de 40mètres de long et à 600º.» Ces gros chantiers représentent 5M€ sur les 18M€ de CA réalisés par Raoul Lenoir en 2008.
Séparation et recyclage
Deuxième activité phare de l'entreprise, la séparation et le recyclage. «Elle prend de plus en plus d'ampleur. Mais nous sommes fortement attachés au cours des métaux.» Concernant plus particulièrement les métaux ferreux et non ferreux, cette activité marche fort quand les cours sont intéressants. «Mais nous faisons aussi la protection d'équipements ou de produits.» Pour différents secteurs comme l'agroalimentaire par exemple. «Dans le process du sucre, il peut y avoir des détériorations qui entraînent des déchets dans le produit. Nous avons les appareils qui peuvent trier.» Idem pour la protection des broyeurs dans les mines et carrières. «On travaille aussi en fonderie pour la séparation de la chromite (minerai de chrome, NDLR). En conclusion, ce qu'il faut retenir, c'est que nous intervenons dans le recyclage des métaux ferreux ou non, dans l'épuration des produits et dans la protection d'équipements.»
Filiale du groupe Delachaux
Racheté par le groupe Delachaux en 2000, Raoul Lenoir regroupe 52salariés sur deux sites en Lorraine (Marville dans la Meuse et Cosnes-et-Romain) et 20en Italie dans sa filiale Mec Delachaux à Visano. Développant depuis un an et demi des solutions de tri complètes, l'entreprise poursuit son développement international. «Nous avons créé un bureau de distribution de nos plateformes mobiles de traitement des ferreux et non ferreux l'année dernière en Allemagne.»
Depuis un an et demi, vous oeuvrez pour devenir le pôle environnement du groupe Delachaux. Quel est votre objectif?
Nous sommes au coeur du système, car nous produisons des équipements de tri. Nous voulons proposer des solutions de tri complètes, clé en main, à nos clients. Ainsi, nous proposons une solution type qui est une unité mobile de traitements des mâchefers, ces résidus obtenus par l'incinération des ordures ménagères. On se sert de ces produits pour réaliser les enrobés des routes. Aussi, ils doivent être épurés de toute ferraille et avoir un calibrage bien précis.
Comment développez-vous ce pôle?
On travaille avec des prestataires qui sont nos clients. Mais on ne leur vend plus seulement des équipements traditionnels, puisque nous leur proposons ces plateformes mobiles. Ces plateformes sont distribuées par exemple par Framateq Sud-Est. Qui a vendu un de nos équipements au groupe Pizzorno environnement à Toulon.
Quel avenir pour ces unités mobiles?
En expansion. Car le Grenelle de l'environnement a apporté une donnée primordiale: on nous demande d'aller plus loin dans le recyclage. Cela veut dire qu'il faut trouver des solutions pour aller jusqu'au bout des choses. Et trouver des solutions pour traiter ce que l'on fait mal aujourd'hui.
Par exemple?
Le Grenelle propose de rouvrir les anciennes décharges pour en retirer tout ce que l'on peut comme métaux et matières fermentescibles. Des projets sont en cours. Ainsi, nous avons livré des équipements pour le traitement d'anciennes décharges sur Marseille et Valence. Il s'agit de séparateurs magnétiques des métaux ferreux et non ferreux. Ce projet est mené par l'entreprise ardennaise Vaucher qui fabrique une usine sur place. Associée à Valorga (Sud de la France) qui est l'exploitant et Urbaser (Espagne) qui est le bureau d'ingénierie.
C'est donc un nouvel axe de développement pour vous?
Oui. C'est l'ouverture sur de nouveaux marchés, car là, nous traitons le brut. Alors qu'avant, nous étions sur des flux calibrés. Plus largement, nos projets de croissance interne passent par le développement à l'international de ce type de solutions. Nous avons déjà trouvé des partenaires en France. Nous poursuivons cette recherche, en Allemagne. Où nous avons créé un bureau de distribution de ces plateformes mobiles.
Éric Iung est le directeur technique et administratif de Raoul Lenoir, et Dominique Steichen, le directeur commercial et marketing. L'entreprise appartient au groupe Delachaux (Gennevilliers), qui est organisé autour de trois branches: les systèmes et composants pour les voies ferrées, les équipements conductiques et les produits spéciaux (métaux, magnétisme et aciers spéciaux). Raoul Lenoir compte 52salariés à Cosnes-et-Romain et 20à Visano (Italie) pour son usine de fabrication et de distribution. CA 2008: 18M€ (12M€ pour Cosnes-et-Romain et 6M€ pour Visano). Les pays émergents ont généré 5M€ de CA. Résultat net:+de 10% du CA. Effectif: 2.600salariés sur l'ensemble de la planète. CA 2008: 800M€. Tél.: 03.82.25.23.00. www.raoul-lenoir.com
Dominique Steichen, 35ans (à gauche). Ingénieur diplômé de l'école des Mines de Nancy, le Lorrain est spécialisé dans le traitement physique, la chimie et les déchets. Entré en 2004 dans l'entreprise, il a travaillé auparavant pour la concurrence. Il est directeur commercial et marketing.
Éric Iung,
44 ans. Ingénieur en électricité, Éric Iung est diplômé de l'École nationale supérieure d'architectes et ingénieurs (ENSAI) de Strasbourg. Il est entré en 2002 chez Raoul Lenoir. Comme son collègue, il a une grande expérience dans l'environnement acquise chez des concurrents. Il occupe les fonctions de directeur technique et administratif de l'entreprise lorraine.
1941
Raoul Lenoir crée son entreprise de bobinage de moteurs pour la sidérurgie.
Début des années 60
Lancement de la fabrication des électro-aimants de levage.
Fin des années 70
Lancement de la production d'électro-aimants pour la séparation.
Début des années 80
L'entreprise entre dans l'ère du recyclage.
Août2000
Le groupe Delachaux rachète l'entreprise.
2007
Création du pôle environnement Raoul Lenoir.
Juillet2008
Ouverture d'un bureau de distribution de plateformes mobiles de tri en Allemagne.
JDE | Édition Meurthe-et-Moselle 54 | 3 avril 2009

