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Les Fromageries de Blâmont. En route vers la fusion

ajouté le 5 décembre 2008  -  - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Fromageries de Blâmont, rapprochement

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L'usine d'Herbéviller est aujourd'hui entièrement mécanisée. De quoi soulager les salariés de la manipulation des pâtes à Munster (Photo: Les Fromageries de Blâmont).

Le 1erjuillet naissaient les Fromageries de Blâmont, entité issue du rapprochement de la Coopérative agricole laitière et de l'Union lorraine des producteurs de lait. Un premier pas vers une fusion complète programmée au plus tard pour 2013.

Isabelle Kurth

Il aura fallu six mois à peine pour que le projet de rapprochement entre la Coopérative agricole laitière (Cal) de Blâmont et l'Union lorraine des producteurs de lait (ULPL) de Ludres prenne forme. C'est en effet le 12février 2008 que l'idée est lancée. Pour aboutir à la création d'une joint-venture le 1erjuillet, baptisée Les Fromageries de Blâmont (LFB). «Cette filiale commune permet de valoriser les actifs apportés à70% par la Cal (dont l'activité historique est la fabrication de pâte à Munster, NDLR) et à 30% par l'ULPL (qui collecte et vend du lait, soit 107M de litres par an, NDLR)», précise Albert Arent, directeur général des LFB. Ce rapprochement permet à cette holding de porter et détenir des participations dans huitentités fromagères.

Fabrication de fromages
Les Fromageries de Blâmont fabriquent, dans leur usine d'Herbéviller, environ 2.800tonnes par an de pâtes à Munster et 100tonnes de Carré de Lorraine (produit estampillé «La Lorraine notre signature»). Elles expédient ces pâtes en Alsace sur leur site d'affinage de Lapoutroie (68). Ce dernier commercialise sous la marque Val de Weiss 830tonnes de Munsters, 17 tonnes de Munsters «fermiers», 130tonnes de spécialités (Fleur de bière, marc de Gewürtztraminer...) et 20tonnes de crème de Munster. Elles expédient également, toujours en Alsace, une partie de ces pâtes à leurs filiales d'affinage Siffert et Frech (qui produisent respectivement 390et 450tonnes de Munster et spécialités). «Ce rapprochement nous permet de devenir 1erex aequo sur le marché, avec l'Ermitage, en ce qui concerne le Munster. Et nous devenons les leaders de la fabrication de Brie de Meaux.» Lequel est produit en Meuse et dans le Loiret, via la SAS Renard Gillard et sa filiale Courtenay. «2.400tonnes de fromages sortent tous les ans du site meusien. Soit 33% du marché. Quant au site de Courtenay, il produit 1.300tonnes de Brie de Meaux par an, soit 18% du marché. À elles deux, les entités représentent donc 51% du marché.» La SAS Renard Gillard fabrique aussi 21tonnes de Coulommiers et 14tonnes de crème de Brie de Meaux. Sans oublier 39tonnes du duo de Brie (gorgonzola, fines herbes, truffes...). «Le petit dernier est le duo Brie-Mirabelle qui a reçu le prix "coup de coeur et grand gagnant" du concours Inoval 2008 (voir notre édition du 3octobre 2008, NDLR).» Fin 2008, un nouveau duo sera commercialisé: Brie-Cranberries. «Il s'adressera en particulier au marché étranger (en Europe, principalement en Angleterre et en Allemagne, NDLR), plus friand du mélange sucré-salé.» Quant à Courtenay, elle produit aussi 22tonnes de Coulommiers et 10tonnes de Petit Courtenay.

Comté et autres produits
«Nous fabriquons aussi de l'Emmental, sur notre site LeFrancomtois à Belfort.» Soit 10.000tonnes par an, auxquelles s'ajoutent 145tonnes de gruyère, 9tonnes de metton, 720tonnes de concoillotte et 3.700tonnes de crème fraîche. «En matière de Cancoillotte, nous nous situons à la 2eplace du marché, derrière Actalis.» Quant à la SAS Grillot, dans le Doubs, elle produit 1.133tonnes de comté («nous occupons la 6eou 7eplace du marché»), 82tonnes de Frais et Pré-emballés, 170tonnes de Mont d'Or, 55tonnes de gruyère, 40tonnes de morbier, 17tonnes de raclette au lait cru et 10tonnes de crème de comté.

Albert Arent. «Nous allons vers une fusion complète»


Pourquoi avez-vous opéré ce rapprochement entre la Cal et l'ULPL?
Il s'agit pour nous de mettre en commun nos moyens et nos ressources. Il existait déjà des participations conjointes avant le 1erjuillet. C'est donc une suite logique qui nous permet de mieux travailler ensemble. N'oublions pas que nous sommes dans la coopération agricole. Les agriculteurs aiment bien avoir une gestion commune. Cependant, il s'agit d'une première phase. Car la Cal et l'ULPL continuent d'exister en tant que telles. Nous allons vers une fusion complète d'ici cinq ans au plus tard. Je précise que ce rapprochement s'est effectué sans restructuration. Nous n'avons licencié personne.
S'unir pour mieux grandir. Mais quel bilan faites-vous aujourd'hui?
Le marché fromager est légèrement négatif depuis le début de l'année. C'est lié à une hausse des prix de l'ordre de 10à 12%. Elle-même liée à la hausse du prix du lait. Le fromage a toujours été un produit relativement cher. Le fait que les médias bassinent les gens avec la baisse du pouvoir d'achat, cela ne nous aide pas. Et la crise financière en rajoute une couche. Mais cela ne nous empêche pas de rester à l'affût de toute opportunité de croissance externe.
Toujours sur le marché du fromage?
Oui, surtout sur les AOC et les niches de marché. Nous restons sur le domaine fromager, car c'est quelque chose que nous savons faire, gérer, manager. Quand on connaît mal un marché, on risque de mal faire.
Parlez-nous de la modernisation de l'usine d'Herbéviller pour laquelle vous avez débloqué un budget de 5M€.
Dans un premier temps, il s'agissait de mécaniser les égouttages. Avant, tout était manuel. Depuis juin, ce sont des robots qui retournent les pâtes à Munster. Nous avons perçu une subvention de 160.000€ de la MSA (Mutualité sociale agricole, NDLR) pour réaliser ces travaux. Cet investissement doit nous permettre de passer de 2.700tonnes de pâtes par an à3.600t.
Cette phase est opérationnelle, mais vous avez poursuivi avec la construction de caves d'affinage. Pourquoi?
Nous voulons fabriquer des pâtes molles dès début 2009. Il s'agit pour nous de trouver de nouveaux marchés, notamment à l'international. Car à l'exception du Brie de Meaux, les fromages dit à pâte fleurie sont difficilement exportables.

L'équipe dirigeante

Les Fromageries de Blâmont collectent le lait, ont un rôle de conseil auprès des producteurs ainsi qu'une activité de fabrication de fromages. Outre Albert Arent qui dirige Les Fromageries de Blâmont (LFB) à Ludres, l'équipe dirigeante est également composée de:

-
Romuald Auriemma, directeur marketing LFB.

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Céline Kuntz, responsable qualité du groupe LFB.

-
Catherine Feve et Olivier Richard, directeurs commerciaux LFB.

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Stéphane Bel, directeur de l'usine Le Francomtois à Belfort.

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Michel Petrement, responsable conditionnement de l'usine Le Francomtois.

-
Alain Miquel, gérant de la société alsacienne Frech.

-
Pierre Klein, directeur de la fromagerie Siffert, en Alsace.

-
Philippe Bertin, directeur des sociétés Renard Gillard en Meuse et Le Courtenay dans le Loiret.

-
Benoît Mangin, responsable de l'affinage des Munster et responsable achats.

-
Christian Saunier, directeur de la production laitière.

-
Rémi Sesmat, responsable de la fromagerie de pâtes molles Munster à Herbéviller.

Les Fromageries de Blâmont

La joint-venture Les Fromageries de Blâmont conserve les bureaux de Blâmont (où se situe son siège social) et ceux de Ludres (pour le siège administratif). Par ce rapprochement, elle affiche un chiffre d'affaires de 140M€ pour 2008, emploie 440personnes réparties sur huit sites (quatre de fabrication et quatre d'affinage) et regroupe 470sociétaires. La holding porte et détient des participations dans huit entités: les Alsaciens Siffert (99% des parts) et Frech (100%); la SAS Renard Gillard dans la Meuse (91%) qui elle-même détient 100% de la Fromagerie Le Courtenay dans le Loiret; la SAS Grillot (100%) dans le Doubs; la SAS le Francomtois à Belfort (85%); la Fromagerie de la Meix en Meurthe-et-Moselle (33%) et Biogam à Château-Salins en Moselle (12%). Les Fromageries de Blâmont produisent 148M de litres de lait par an et en achètent 75M. Elles fabriquent 18.500tonnes de fromages par an, dont deux AOC. Tél.: 03.83.76.06.06 (siège social) ou 03.83.26.10.10 (siège administratif).

Etapes


1946
Naissance de la Coopérative agricole laitière à Blâmont.
1969
Le décret du 21mai reconnaît l'AOC Munster Val de Weiss.
1982
Le 18juin, dépôt de la marque semi-figurative (qui protège à la fois un nom et un logo) Val de Weiss.
2002
Formation de la société pour l'Union lorraine des producteurs de lait à Ludres.
2007
Création par la Cal du nom Les Fromageries de Blâmont. Et lancement d'un programme de modernisation de l'usine d'Herbéviller, d'un montant de 5M€.
2008
Rapprochement de la Cal et de l'ULPL pour former, le 1erjuillet, Les Fromageries de Blâmont.

JDE | Édition Meurthe-et-Moselle 54 | 5 décembre 2008

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