Maine-et-Loire

Rencontre

JDE Edition Maine-et-Loire 49

Bruno de Laage. Leader de cordées

ajouté le 6 novembre 2009  -  - Mots clés : Actualité, Rencontre, bruno de laage, crédit agricole

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A 58 ans, Bruno de Laage cumule les responsabilités. Il se retrouve aujourd'hui à la tête du Crédit Agricole Anjou Maine, de la banque en ligne B for Bank et du pôle de compétitivité Végépolys.

Il aurait pu être négociant en Cognac. Comme ses aïeux. Mais Bruno de Laage a choisi la voie bancaire. Le Charentais de naissance se retrouve aujourd'hui à la tête du Crédit Agricole Anjou Maine, de la banque en ligne B for Bank et du pôle de compétitivité Végépolys.

Thomas Giraudet

«Quand vous êtes là-haut, il y a un sentiment de plénitude et de solitude. Quelque part, on a même une démarche spirituelle ou philosophique.» Là-haut, ce sont les sommets. Au sens premier du terme. Ceux des Pyrénées et des Alpes que Bruno de Laage a déjà gravis à plusieurs reprises. Le pic d'Aneto en Espagne, à 3.400m d'altitude, fait partie de ses plus beaux souvenirs. On connaissait le directeur général du Crédit Agricole Anjou Maine à l'aise dans les hautes sphères du monde bancaire et économique. On le découvre passionné des pentes escarpées et d'un univers aux antipodes de son milieu professionnel. Diplômé de HEC, Bruno de Laage s'est, dès le départ, «préparé à exercer des responsabilités.» Son parcours professionnel confirme cette profession de foi. Après une expérience dans le conseil, il entre au Crédit Agricole de Charente en 1974. Au gré de ses mutations, il devient directeur du marché entreprises, Dg adjoint, directeur général du Crédit Agricole Sarthe puis de la caisse régionale Anjou Maine depuis la fusion en 2000. Une ascension, semble-t-il, sans anicroches. À l'image d'un parcours (presque) classique de cadre bancaire supérieur... pour lequel il n'était pas forcément destiné.

La finance plutôt que la vigne
Né à Saintes (Charente), Bruno de Laage est en effet le descendant d'une longue lignée de négociants en Cognac. Fondée en 1850, l'entreprise familiale lui était promise. Avant de la céder au groupe Marie-Brizard, son père lui a fait de l'appel du pied. Forcément. Le rejeton apprécie le produit mais décline l'offre. Il est engagé sur un autre chemin, celui du Crédit Agricole. Les chiffres plutôt que l'eau-de-vie. Malgré tout, Bruno de Laage pense y avoir développé des aptitudes identiques à celles d'un entrepreneur. «Je crois pouvoir dire que je me suis trouvé une compétence pour faire travailler les gens ensemble afin d'aboutir à des résultats.Moi, je m'estime chef d'une entreprise bancaire, de 2.100 salariés, réalisant un produit net bancaire de plus de 400M€.»

Leader dans l'âme
Directeur général de sa caisse régionale depuis neuf ans, il a basé sa gestion des hommes sur l'empathie et l'exigence. «Ce n'est pas antinomique. On ne peut pas manager si on ne comprend pas les gens. J'ai besoin de voir pour cela. Ensuite, quand je sais sur qui je peux compter, je fais facilement confiance.» Ce rôle de leader, cette propension à impulser une dynamique, le quinquagénaire les met au service de plusieurs fonctions. Car l'homme est drogué au travail. «J'ai besoin d'avoir ma journée remplie.» En plus de ses casquettes au sein de son groupe bancaire (Dg du Crédit Agricole Anjou Maine, secrétaire général adjoint de la fédération nationale, administrateur de Crédit Agricole SA, Président de B for Bank, la banque en ligne), Bruno de Laage est le président de Végépolys, le pôle de compétitivité dédié au végétal basé à Angers. Il occupe ce poste depuis mars2009. À la demande de Michel Velé, son prédécesseur. Après un premier refus. «Il cherche à s'entourer pour comprendre. Il a la curiosité pour restituer les actions du pôle vis-à-vis des entreprises et des institutions», déclare Gino Boismorin, le directeur général de Végépolys. Les administrateurs ont donc été davantage responsabilisés. Son objectif: se concentrer sur le développement en vue de l'audit de 2011. L'évaluation de 2007, qui pointait du doigt quelques errements, avait suscité des interrogations dans les collectivités, principaux financeurs de la structure. «Ça ne me choque pas qu'on demande à l'innovation d'être porteuse de conséquences économiques palpables», pense l'intéressé. Alors, Bruno de Laage, homme de consensus? «Certainement. Depuis son arrivée, il a dû être diplomate, aller au feu et tenir le cap vis-à-vis de l'État. Je ne sais pas si j'aurais eu sa patience!», confie Christophe Lachaux, l'un des administrateurs du pôle. De la patience, il en faudra au banquier pour réaliser son prochain défi: Le Mont Blanc. Annulée l'an dernier, l'expédition dépend de la météo. Mais sur ce point, Bruno de Laage est conscient que, pour une fois, il n'a pas d'influence...

Banque en ligne: «40.000 nouveaux clients par an»



Bruno de Laage est le président de B for Bank, la banque en ligne créée par les caisses régionales du Crédit Agricole.

Il en détaille pour le Journal des Entrepris

es les modalités et les objectifs

. Il évoque aussi ses ambitions pour Végépolys, le pôle de compétitivité sur le végétal.
Bruno de Laage, le Crédit Agricole a lancé le 8octobre dernier B for Bank, sa première banque en ligne. Quelles en sont les grandes lignes?
B for Bank est une filiale à 100% du Crédit Agricole, détenue à 85% par les 39 caisses régionales et le reste par le Crédit Agricole SA. Cette banque en ligne est un moyen de faire exister le groupe sur ce marché. B for Bank ne délivre pas de moyen de paiements ni de crédits. C'est une banque spécialisée sur l'épargne avec beaucoup de moyens d'informations.
B for Bank peut-elle être vue comme une concurrente des agences du Crédit Agricole?
Non. Je dirais que les deux sont complémentaires. La banque en ligne aura sa marque, ses produits. Mais la caisse régionale, elle, offre un service, une relation avec un conseiller pour étudier les conditions de crédits ou la répartition de son portefeuille. Avec B for Bank, l'internaute est seul. Il disposera d'un corpus d'informations le plus complet possible. B for Bank ne s'adresse pas à tout le monde. Elle concerne des gens qui s'estiment suffisamment autonomes pour assumer les conséquences de leurs choix.
Justement, quelle est la cible de B for bank?
Nous sommes sur des internautes avec un certain patrimoine, plutôt urbains, quadragénaires et plus. Dans la crise financière que l'on traverse, le marché de l'épargne est très important. Il a pris de l'ampleur, il s'est renforcé car les gens prennent des précautions. Le flux de l'épargne nouveau avoisine les 100milliards d'euros. C'est considérable.

Quels sont vos objectifs chiffrés?
Nous aimerions conquérir 35.000 à 40.000 nouveaux clients par an pour un volume d’épargne collectée de 1,5 à 2 Md€ par an en vitesse de croisière. C’est une banque qualitative avec des ambitions de croissance.

Parmi vos différentes casquettes, vous êtes le président du pôle de compétitivité Végépolys. L'audit de l'État en 2008 avait pointé certains manquements et notamment à l'international...
Je crois qu'on a amplifié l'impact de cet audit sans forcément regarder les audits dans les autres pôles français. Localement, on a pris cela comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu alors que c'était plutôt une incitation à corriger. L'État a validé notre stratégie de développement et notre label jusqu'en 2011. Végépolys veut devenir le pôle de référence sur la production de végétaux respectueux de l'environnement et de la santé. Ce que nous nous efforçons de faire depuis six mois.
Concrètement, qu'avez-vous décidé?
Notre nouvelle organisation incite les administrateurs à s'impliquer selon trois axes principaux: l'innovation, au travers de l'appel à projets "le tremplin de vos idées"; la compétitivité par une mise en réseau et des projets collaboratifs dans 8 filières; et enfin l'international. D'ici 2015, nous voulons que les entreprises du pôle développent de 3 à 5% leur part à l'export. Nous travaillons déjà sur des dossiers avec des clusters californiens et mexicains. À terme, avec le Plan International Meeting (N.D.L.R: 12 et 13janvier 2010), nous aimerions qu'Angers devienne le Davos du végétal!

Parcours


20 août 1951
Naissance à Saintes (17)
1974
Diplômé de HEC
1978
Entrée au Crédit Agricole de la Charente après quelques années dans le conseil et l'enseignement
1986
Directeur du marché des Entreprises au Crédit Agricole de Charente
1990
Directeur général adjoint au Crédit Agricole du Loiret
1995
Directeur général du Crédit Agricole de la Sarthe
Depuis 2000
Directeur général du Crédit Agricole de l'Anjou et du Maine. Bruno de Laage est aussi secrétaire général adjoint de la fédération nationale du Crédit Agricole et administrateur de Crédit Agricole S.A., membre du comité stratégique
Depuis 19 mars 2009
Président de Végépolys
Octobre 2009
Président de B for Bank

Il aime La randonnée en montagne. Il a déjà gravi plusieurs sommets dans les Alpes et les Pyrénées et notamment le pic d'Aneto à 3.400m d'altitude; courir (semi-marathons); sortir, la musique, le théâtre; dîner entre amis; le billard avec un verre de cognac Il n'aime pas Les gens paresseux et les tricheurs

JDE | Édition Maine-et-Loire 49 | 6 novembre 2009

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