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JDE Edition Loire-Atlantique 44

Yves Gillet. Un précurseur du développement durable

ajouté le 5 juin 2009  -  - Mots clés : Actualité, Rencontre

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Créé en 1982 par Yves Gillet, le groupe SCE compte aujourd'hui 520 collaborateurs et pèse 38 M€. Une taille qui lui permet de se positionner sur des marchés d'aménagement à enjeux nationaux et internationaux.

En faisant rimer aménagement et environnement dès 1982, Yves Gillet a fait du groupe nantais SCE un des acteurs incontournables de l'ingénierie en aménagement du territoire. Avec une idée en tête:«Grandir et rester soi».

Simon Janvier

Le développement durable, il y a ceux qui en parlent, ceux qui le pratiquent et ceux qui en ont été précurseurs sans même le savoir. Yves Gillet fait incontestablement partie de cette dernière catégorie. Lorsqu'il crée SCE en 1982, le vocable de développement durable n'a pas encore émergé. À 27 ans et arborant un CV pour le moins éclectique mentionnant un DUT de génie civil, une maîtrise de sciences et techniques en aménagement et un DEA en sociologie urbaine, Yves Gillet veut intégrer la dimension environnementale dans les projets d'aménagement du territoire. L'idée est alors révolutionnaire.

«Ne plus avoir de chef»
Surtout, après une courte expérience d'ingénieur à la DDE de la Mayenne et à la Chambre d'agriculture de Loire-Atlantique, ce fils d'agriculteur de Derval n'a qu'une idée en tête: «Ne plus avoir de chef». SCE est dès lors lancée avec le soutien financier de deux associés et avec deux salariés. Avec sa triple qualification d'ingénieurs-urbaniste-sociologue, Yves Gillet parvient peu à peu à convaincre les maîtres d'ouvrage de l'intérêt de prendre en compte l'environnement dans leurs réalisations. En même temps que SCE gagne ses premiers marchés en matière d'aménagement de ZAC, d'axes routiers ou d'études de paysage, l'entreprise s'enrichit de nouvelles compétences pour compter aujourd'hui quelque 35 métiers, d'ingénieurs génie civil aux éclairagistes en passant par les acousticiens, paysagistes, agronomes, hydrogéologues et autres cartographes.

Entraîneur-joueur
Un champ de compétences qui se structure en 2003 avec la constitution du groupe SCE détenu à 70% par Yves Gillet, le solde étant aux mains de six cadres dirigeants de l'entreprise. Un groupe qui comprend outre SCE (ingénierie en aménagement du territoire), Créocéan (ingénierie en océanographie), Memoris (réalisation de systèmes d'information liés à l'aménagement) et Groupe Huit (études en développement urbain). L'ensemble pèse aujourd'hui 38M€, 520 collaborateurs, une dizaine d'agences en France et plusieurs filiales ou bureaux de représentation à l'international. Une croissance vertigineuse au regard du petit bureau SCE créé à Sainte-Luce-sur-Loire en 1982. Pour expliquer ce succès entrepreneurial, Yves Gillet use d'une métaphore. «Dans l'entreprise, je suis une sorte d'entraîneur-joueur qui va identifier des talents, animer leurs compétences et leur donner les moyens d'innover». Un entraîneur-joueur qui s'attache d'abord à l'humain pour recruter ces fameux talents, bien plus qu'aux CV aux airs d'inventaire à la Prévert.

«Le business n'est pas une finalité»
Si le groupe SCE est devenu en l'espace de 25 ans un acteur de référence en matière d'aménagement du territoire, pas question pour autant de grossir pour grossir. «Que l'on soit 700 ou 800 demain dans le groupe SCE, ce n'est pas l'important. Il faut certes être performant mais le résultat ce n'est pas l'objectif, c'est la démarchequi compte », affirme Yves Gillet. Une façon de conforter la devise de SCE: «Grandir et rester soi». Derrière cette formule se cache une philosophie de vie. L'entreprise n'est pas tout au yeux d'Yves Gillet. Une fois rangée sa casquette de dirigeant de SCE, il se mue en administrateur du WTCNA pour faire part de son expérience à l'international, en membre du réseau Entreprendre Atlantique, en organisateur de la prochaine Solidaire du Chocolat (la course à la voile entre Nantes Saint-Nazaire et le Mexique), ou planche au sein du nouveau conseil d'attractivité internationale, qui oeuvre à donner à la métropole Nantes Saint-Nazaire une dimension internationale. Sa philosophie, l'entraîneur-joueur souhaite désormais la faire partager à l'échelle métropolitaine.

«Doubler notre chiffre d'affaires d'ici à 2015»


Yves Gillet, SCE a connu de forte croissance ces dernières années. Sur quelles perspectives tablez-vous pour les prochains exercices ?
De 2003 à 2008, nous avons doublé le chiffre d'affaires du groupe SCE et nous prévoyons à nouveau de doubler ce chiffre d'ici à 2015. Aujourd'hui, notre croissance se fait sur de gros marchés à enjeux nationaux ou internationaux que nous abordons en partenariat avec d'autres acteurs pour partager les risques et parce que nous n'avons pas toutes les compétences. Ce qui est intéressant, c'est que nous prenons des parts de marché à des concurrents plus gros que nous.
Vous vous positionnez en particulier de plus en plus sur les marchés de transports en commun...
Avec Obermayer et AUP, nous avons effectivement été retenus pour la maîtrise d'oeuvre du Tram-Train Nantes-Châteaubriant, un contrat de 7M€. L'année dernière nous avions obtenu le marché de la maîtrise d'oeuvre du projet de connexion des lignes 1 et 2 du tramway nantais. Nous sommes également candidat pour les tramways de Toulouse et de Tours ainsi que pour le projet de bus en site propre à Saint-Brieuc. Le ferroviaire fait partie de nos axes de développement. Parmi les gros dossiers que nous avons en cours, nous faisons aussi partie du consortium mené par Vinci pour l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Depuis 1994, vous vous développez à l'étranger avec des filiales en Roumanie, en Inde, en Algérie et à Abu Dhabi. Ce mouvement va-t-il se poursuivre?
Nous sommes allés à l'étranger pour nous mettre à l'abri d'éventuelles difficultés du marché en France. On a choisi d'aller sur des pays émergents ou du Moyen-Orient car ces marchés ne disposent pas des compétences que nous proposons. D'ici à la fin de l'année nous allons créer d'autres filiales au Quatar, à Casablanca au Maroc et en Bulgarie. Au Vietnam où nous réalisons une étude de faisabilité pour la station d'épuration d'Ho-Chi-Minh-Ville, nous allons créer un bureau de représentation.
Comment parvenez-vous à attirer de nouvelles compétences chez SCE pour faire face à cette croissance? Le salaire n'est pas tout. Nous, nous proposons un véritable projet de vie à nos collaborateurs avec par exemple des possibilités d'aller à l'étranger
au sein de nos filiales. On les fait également grimper en compétences. Pour cela, nous allons créer une école du Groupe SCE avec Audencia et l'université de laRochelle. L'idée est de proposer, en interne ou à des étudiants, des modules diplômants ou non. Cette école du Groupe SCE doit nous permettre de fidéliser un plus nos collaborateurs et de recruter de nouveaux talents. Depuis le début de l'année, nous avons par exemple recruté 25 personnes.

Parcours


1955
Naissance à Derval
1982
Création de SCE à Sainte-Luce-sur-Loire
1988
SCE quitte Sainte-Luce pour s'installer dans ses locaux actuels de la Chantrerie
1994
SCE s'internationalise et décroche ses premiers marchés à l'étranger
1998
Jusqu'alors uniquement basée à Nantes, SCE ouvre plusieurs agences en France. La première, dans le Pays Basque. Au Liban, SCE décroche un important marché pour le schéma d'eau potable de Beyrouth
2003
Naissance du groupe SCE avec ses filiales SCE, Créocéan, Memoris et le rachat de Groupe Huit
2009
SCE obtient la maîtrise d'oeuvre du tram-train Nantes-Châteaubriant

Il aime : - L'audace des gens qui entreprennent. - L'art contemporain. Les locaux de SCE accueillent régulièrement des expositions et l'entreprise est partenaire d'Estuaire 2009. - La course à pied. Il a terminé les derniers marathons de Paris et de New-York. - Le golf et la plongée. - Le Golfe du Morbihan et la Corse.Il n'aime pas : - L'intolérance. - La mauvaise foi. - Le manque d'envie.

JDE | Édition Loire-Atlantique 44 | 5 juin 2009

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