

Rencontre
ajouté le 6 mars 2009 - - Mots clés : Actualité, Rencontre
Après des postes à responsabilité dans les groupes Bolloré, Geodis et Vivendi, François Lucas a pris la direction régionale de Veolia Propreté Centre Ouest. Son objectif: renforcer la compétitivité du groupe dans la région grâce à des services plus innovants.
Par Simon Janvier
Diplômé de Centrale Paris et de l'université de Standford avant des postes de direction chez Bolloré, Geodis, Vivendi et Tunis Telecom. François Lucas, nouveau directeur régional de Veolia Propreté Centre Ouest, affiche le profil type du top-manager. «Je suis un intrapreneur plutôt qu'un entrepreneur. J'ai toujours évolué au sein de grands groupes et je crois que cet environnement me correspond assez bien. Je ne suis pas sûr par exemple que je réussirai à la tête d'une entreprise de quelques dizaines de salariés», affirme François Lucas. À la tête de Veolia Propreté Centre Ouest qui couvre les Pays de la Loire, la Bretagne, le Centre et les Deux-Sèvres, soit un ensemble de 3.400 salariés pesant 500M€ de CA en 2008, l'homme est donc bien dans son environnement professionnel de prédilection. Rien ne le prédestinait pourtant à enfiler un si large costume de dirigeant d'entreprise. François Lucas, petits fils d'agriculteur et fils de médecin de campagne, revendique en effet fièrement ses origines rurales de Périgourdin.
De Bolloré chez Géodis
Après de brillantes études et une double formation ingénieur-MBA, François Lucas effectue ses premiers pas professionnels dans le groupe Bolloré. D'abord au sein de sa division tabac puis à la direction financière de SDV, filiale spécialisée dans le transport international. François Lucas aspire rapidement cependant à des responsabilités opérationnelles. Toujours au sein du groupe Bolloré, on lui confie ensuite en tant que P-dg le redressement de TTA (Tous Transports Aériens), leader français de l'organisation de fret aérien. Après ces différents postes de direction au sein du groupe Breton, François Lucas semble avoir attrapé le virus des transports et de la logistique puisqu'il intègre le groupe Geodis en tant qu'administrateur et directeur général de Geodis Overseas France. L'aventure Geodis tourne cependant court pour François Lucas, débarqué à l'occasion d'un changement de présidence du groupe de transport multimodal. Après le secteur des transports, François Lucas découvre le monde des télécommunications au sein de Vivendi et de sa filiale Maroc Telecom où il occupe durant cinq ans le poste de directeur général du pôle fixe et internet, avec pour mission de relancer l'opérateur historique marocain en perte de vitesse. «Des années riches au niveau professionnel mais aussi au niveau personnelavec la découverte d'une nouvelle cultureà Rabat», note François Lucas. Après le Maroc, cap sur un autre pays du Maghreb, la Tunisie, où le Périgourdin devient directeur général adjoint de l'opérateur national Tunisie Telecom.
«Organiser la complémentarité»
Le challenge de modernisation du réseau est passionnant mais la privatisation envisagée de l'opérateur est finalement remise aux calendes grecques par le gouvernement tunisien. François Lucas décide alors de revenir en France où il rejoint en juillet dernier Veolia Environnement, qui lui confie la direction régionale de Veolia Propreté Centre Ouest.
Après les transports et les télécommunications, nouveau secteur d'activités pour François Lucas avec la collecte et la valorisation des déchets ménagers et industriels. «Le fil conducteur de ces différents postes de direction? C'est incontestablement le service aux entreprises», indique François Lucas. L'homme se définit comme un chef d'orchestre, un leader sachant s'entourer et déléguer. «Mon métier est d'organiser la complémentarité dans l'entreprise», confie, en véritable intrapreneur, le nouveau directeur régional de Veolia Propreté Centre Ouest. Sa feuille de route est assez claire: améliorer durablement dans la région la compétitivité et la productivité des différents métiers du leader français de la gestion des déchets et des services de propreté.
Vous arrivez à la direction régionale de Veolia Propreté avec l'objectif d'améliorer la compétitivité du groupe dans l'Ouest. Sur quels leviers allez-vous miser?
Comme pour beaucoup d'autres secteurs, cela passe par de la recherche et de l'innovation. Sans cela, nos métiers de collecte et de valorisation des déchets risquent de se banaliser, avec davantage de concurrence sur les prix et des marges encore plus faibles. En tant que leader sur le marché de la collecte et de la gestion des déchets, tout l'enjeu est de ne pas nous endormir sur nos lauriers.
Quels sont précisément les axes d'innovation que vous évoquez?
Le premier concerne l'innovation dans les services.
Je pense ici en particulier aux nouvelles formules de redevances incitatives que nous proposons pour les collectivités. Ce sont des formules de tarification en fonction de la fréquence de l'enlèvement des bacs à ordures ménagères. Cette tarification permet d'ajuster le coût au service rendu et d'inciter les habitants à trier davantage leurs déchets. En Loire-Atlantique, Coeur d'Estuaire s'est engagée dans cette voie. Cela correspond à une mutation de notre métier. On va bien au-delà de notre activité originelle de poseur de bennes. Désormais nous faisons de la gestion de fichier d'usagers pour une tarification au plus juste grâce à de nouveaux supports informatiques. Veolia Propreté a été à l'origine de ce type de nouveau service qui s'inscrit pleinement dans le cadre du Grenelle de l'environnement. Le deuxième axe est l'industrialisation de nos métiers avec de plus grosses unités industrielles sur le territoire pour la valorisation des déchets, plutôt qu'une multitude de petits sites.
Dans ce cadre, Veolia Propreté a décidé de moderniser en 2008 l'usine de traitement et de valorisation des déchets de Couëron. D'autres investissements sont-ils programmés?
Nous achevons effectivement cette modernisation de l'unité Arc-en-ciel de Couëron. Le tri des déchets y est désormais totalement automatisé avec des techniques de pointe. Je peux vous annoncer que nous allons y démarrer une deuxième tranche d'investissement pour réaliser une unité de haute performance pour le tri des déchets industriels d'une capacité de 100.000 tonnes par an, soit le double de la capacité actuelle. A ce titre, Couëron va devenir une unité de référence en France. Le taux de recyclage de ces déchets industriels y est actuellement de 30%, il sera porté à plus de 50%, ce qui veut dire de moins en moins de déchets ultimes. L'investissement représente 10M€. La mise en service est prévue en fin d'année.
Ces dernières années Veolia Propreté a racheté deux entreprises régionales Dufeu (49) et Séjourné (44). Ces opérations de croissance externe vont-elles se poursuivre?
Non. Veolia Propreté fait attention à ses investissements. Nous allons privilégier le développement organique en 2009.
Veolia Propreté semble vouloir se positionner sur le marché du démantèlement des navires. Cette activité pourrait-elle concerner la région?
Il n'y a pas de filière existante qui soit à ce jour rentable dans ce domaine. Encore plus depuis la baisse du prix des matières premières. Maintenant, c'est effectivement un sujet qui nous intéresse et qui est à l'étude mais tout reste à faire en la matière.
1957
Naissance à Périgueux
1979
Ingénieur diplômé de l'Ecole Centrale de Paris
1987
François Lucas entre dans le groupe Bolloré comme directeur financier puis dg adjoint de la division tabac (distribution de tabac en Afrique)
1990 Dg financier de la branche mondiale de SDV (transport international)
1994
P-dg de TTA (Tous Transports Aériens) 1997 Dg de Geodis Overseas France 2001
Il est nommé directeur général du Pôle fixe et internet de Maroc Telecom, filiale de Vivendi
2006
Il devient directeur général adjoint de l'opérateur national tunisien Tunisie Telecom
2008
En juillet François Lucas est recruté par Veolia Environnement qui lui confie en septembre la direction régionale de Veolia Propreté Centre Ouest.
Il aime... - Les valeurs de fidélité. «La fidélité à ses idées et à ses amis, cela me semble primordial». - Gagner et l'envie de gagner. - Nantes. «J'ai véritablement découvert la ville lors de mon installation. Je la trouve cosmopolite, accueillante et à taille humaine». - Courir et jouer au golf. Il n'aime pas - La malhonnêteté intellectuelle, le mensonge, le dénigrement, les intrigues et les paroles non tenues. - L'immobilisme. «Le mouvement a été le fil conducteur de ma carrière».
JDE | Édition Loire-Atlantique 44 | 6 mars 2009

