

Conjoncture
ajouté le 1 juillet 2011 - - Mots clés : Actualité, Conjoncture
BTP Pour faire face aux vols sur les chantiers, les professionnels du bâtiment tentent de s'organiser. À défaut de répression efficace, la meilleure arme reste la prévention.
Comment lutter contre les vols sur les chantiers? C'est la question qui taraude l'ensemble des professionnels du bâtiment. En Loire-Atlantique, on estime à 30M€ le préjudice subi en 2010 par les entreprises suite à ces vols. «Il y a bien sûr le coût direct de ces cambriolages, mais aussi leur coût indirect pour les entreprises suite aux dégradations commises par les cambrioleurs ou aux retards qu'entraînent ces vols pour les professionnels. Au final, c'est une perte d'exploitation pour les entreprises concernées. D'autant que ces pertes ne sont que très partiellement couvertes par les assureurs», déplore Louis Richard, président de la FFB 44 (Fédération du Bâtiment). «Les vols impactent d'un tiers la rentabilité d'un chantier pour un professionnel. C'est une vraie problématique», ajoute Norbert Pinto, président de la section FFB Saint-Nazaire Côte Atlantique.
Flambée des matériaux
Et le phénomène ne semble pas devoir s'arrêter. En cause, la flambée du cours des métaux. Le cuivre, qui s'échange autour de 8.000 € la tonne, est ainsi la cible privilégiée des malfaiteurs, avec à la clé de sérieux préjudices pour nombre de professionnels, en particulier les électriciens. Les forces de l'ordre semblent encore largement dépourvues face à cette délinquance. Pour ce type de délit, la police et la gendarmerie reconnaissent un taux d'élucidation largement inférieur à la moyenne des autres infractions. Pour faire face, la FFB a engagé une campagne nationale intitulée «Ras le vol» et signé une convention avec la préfecture. Celle-ci a débouché sur la mise en place d'un correspondant sûreté au sein de l'organisation professionnelle, chargé de sensibiliser les entreprises ligériennes à la sécurisation de leur chantier.
Systèmes de prévention
À ce jour, la prévention semble en effet le meilleur moyen pour se prémunir des vols sur les chantiers. Cela passe par le signalement auprès des forces de l'ordre des chantiers à risque, des systèmes de géolocalisation pour les engins, la clôture et l'éclairage la nuit des chantiers, voire leur surveillance. «À partir d'un certain niveau, toutes ces précautions représentent un coût que l'entreprise ne peut pas forcément répercuter. Face à cela, on pourrait imaginer que le maître d'ouvrage prenne à sa charge un lot sécurité sur son chantier», estime Louis Richard. En attendant, et afin de lutter contre le trafic de métaux, gendarmerie et police indiquent qu'elles ont renforcé en Loire-Atlantique le contrôle des registres des ferrailleurs qui seront également prochainement interdits de régler leurs achats de métaux en espèces. Peut-être un premier pas vers la baisse des vols de chantier en attendant une très hypothétique baisse du prix des matériaux.
S.J.
JDE | Édition Loire-Atlantique 44 | 1 juillet 2011

