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ajouté le 5 juin 2009 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, HEF
HEF poursuit son développement. Nouvelle installation sur le site Carnot à Saint-Étienne, nouvelles acquisitions en vue aux USA et en Allemagne, implantations en Turquie et en Roumanie... Malgré la crise, HEF conserve une forte capacité d'auto-financement.
Gilles Cayuela
Créée en 1953 par Jacques-Jean Caubet, HEF (Hydromécanique et Frottement) était à l'origine un centre de recherche en tribologie, science de l'usure, du frottement et de la lubrification. «Dans les années 60-70, on est passé du statut de centre de recherche à celui d'inventeur de nouveaux procédés. On a créé des laboratoires, pris des brevets, et puis on s'est dit qu'il fallait faire quelque chose de ces brevets. Dans un premier temps, on a concédé des licences d'exploitation», explique Georges Cros, P-dg d'HEF depuis 1987. En 1978, HEF quitte Saint-Étienne pour emménager dans des locaux plus grands à Andrézieux-Bouthéon. «À la même époque, les Japonais se sont montrés très intéressés par notre invention: la sulfuration à basse température des aciers. Ils nous ont demandé une station préindustrielle. Là, on a pris une gifle. On a compris que pour vivre un jour de nos recherches, il fallait se doter de nos propres outils de développement industriel», développe Georges Cros. Et de poursuivre: «Le début des années 80 a également été marqué par le virage de l'international. Pour rentabiliser nos inventions, on a compris qu'il ne fallait pas se limiter à l'hexagone et qu'il fallait être capable d'accompagner nos clients un peu partout dans le monde».
PVD et croissance externe
Aujourd'hui implanté dans une vingtaine de pays (60% du CA à l'export), HEF est devenu un leader international dans l'ingénierie des surfaces. Capable de proposer à ses clients, grands donneurs d'ordres, une prestation globale allant de l'acte de recherche à l'exploitation en passant par le développement industriel et le transfert de technologie, le groupe ligérien entend bien accentuer son leadership dans les années à venir. Spécialiste de la nitruration en milieu liquide ionique (90% du marché mondial), HEF s'est fixé pour objectif numéro1 d'atteindre sous trois ans une taille critique mondiale dans le domaine des dépôts sous vide (PVD). «Aujourd'hui, nous pesons à peine 4% du marché mondial. Les dépôts sous vide représentent 8 à 10% de notre CA. Il faut que l'on multiplie par trois le poids de cette activité dans les trois ans à venir», expose Georges Cros. Pour y parvenir, HEF mise sur la croissance externe. Après avoir pris en 2008 une participation de 50% dans la société américaine NCT (Boston) et créé une joint-venture au Japon baptisée TS Plasma, le groupe s'apprête à investir entre 10 et 15M€ par an sur trois ans pour réaliser de nouvelles acquisitions. «On cible en priorité les États-Unis et l'Allemagne qui sont les principaux pays dans le monde qui définissent les solutions de demain», explique Georges Cros.
20M€ pour ISIS
En parallèle, HEF s'active pour développer de nouvelles technologies autour des dépôts sous vide. Dans cette optique, le groupe installera dès juillet une partie de ses effectifs dans les 7.500m² de la Fabrique 5000, située sur le site de l'ancienne Manufacture d'armes de Saint-Étienne. Acquis auprès de Saint-Étienne Métropole, le bâtiment accueillera notamment l'équipe de recherche de la plateforme ISIS (Initiative Structurante en Ingénierie de Surfaces). Développée à 50/50 avec le CEA et labellisée par Viaméca, cette plateforme sera dédiée à la R & D et au transfert technologique de nouveaux procédés de dépôts en phase vapeur pour les industriels. Dotée d'un budget d'investissement de 20M? sur six ans, ISIS n'est en fait que la première pierre du projet de développement d'HEF sur Saint-Étienne. «ISIS est une première unité. L'objectif est de développer et de mettre en place d'autres plateformes technologiques autour des couches sous vides et de contribuer ainsi à faire du site de la Manufacture un pôle de compétences reconnu dans l'ingénierie des surfaces», conclut Georges Cros.
Comment se porte HEF en cette période de crise?
En 2008, nous avons réalisé 128M€ de chiffre d'affaires. Sur 2009, on s'attend à un repli compris entre 12 et 15%. Notre capacité d'autofinancement qui était de 15% du CA en 2008 sera ramenée à 10% cette année. Et ce, grâce à une politique de rationalisation que nous avons mise en place. Quand on réalise 7 à 8 très bonnes années, on a tendance à prendre de la mauvaise graisse. La crise est l'occasion de retrouver la forme en supprimant certaines dépenses comme faire appel à des consultants extérieurs sur certains dossiers qui relèvent de nos compétences et que nous aurions pu traiter en interne.
Certains sous-traitants vous reprochent de les avoir abandonnés, alors qu'ils avaient investi dans des machines. Qu'en est-il réellement?
On a moins de marché et donc moins de marchés à sous-traiter. On peut comprendre que quelqu'un investisse pour répondre à un marché, mais on ne s'est jamais engagé à fournir des volumes dans le temps. Et puis, il appartient à chaque chef d'entreprise de voir, en fonction de la répartition de ses clients, la fragilité de sa société. Nous avons donc décidé de ne plus trop charger les petites structures pour éviter de leur faire prendre des risques que l'on ne manquera pas de nous reprocher. Nous aussi on a des marchés arrêtés et on ne va pas pour autant voir nos donneurs d'ordres pour leur dire c'est dégueulasse ce que vous nous faites. Nos donneurs d'ordres ont envie de travailler avec des gens capables d'affronter les fluctuations du marché.
La crise ne semble pas freiner vos investissements!
La structure de notre capital nous garantit une autonomie financière qui nous permet de réaliser des développements en croissance interne et externe. 95% des salariés ont des actions dans la société, via une holding qui détient 66% du groupe. Chaque année, 85% des bénéfices sont réinvestis.
Vous allez installer une partie de vos activités sur Saint-Étienne. Lesquelles?
Nous avons décidé de regrouper une partie de nos activités sur Saint-Étienne dont la plateforme ISIS développée avec le CEA. ISIS est une première unité. L'objectif est de développer et de mettre en place d'autres plateformes technologiques autour des couches sous vides. Le site de Saint-Étienne accueillera également une partie de la mécanique du groupe à la fois sur l'aspect fabrication et développement de nouvelles articulations. Très vite, le site accueillera une centaine de personnes. L'objectif étant de créer des emplois pour atteindre à terme 200 salariés. On crée de la recherche à Saint-Étienne, on ne transfère pas la recherche d'Andrézieux comme j'ai pu le lire ici et là.
Et votre nouvelle machine laser-femtoseconde?
Elle sera installée sur le site de la Manufacture. Dans un premier temps, elle sera dédiée à la microtexturation des composants des moteurs de compétitions (F1, Moto GP, etc.). Cette technologie permet de réduire de 30% les frottements. Ce qui permet de diminuer l'usure des pièces et la consommation de carburant. Si nous réussissons dans la compétition, cette technologie pourrait ensuite être adaptée sur des moteurs en série et sur d'autres applications.
D'autres projets?
Il faut que l'on complète notre présence à l'international. Nous devrions ouvrir deux nouvelles unités de fabrication en Turquie et en Roumanie d'ici 2010-2011.
1953 Création d'HEF (centre de recherche en tribologie).
1962 Création d'un laboratoire de recherches en traitement de surfaces, débouchant en 1964 sur le premier dépôt de brevet.
1970 1er contrat de licence. Création de Techniques Surfaces (unités d'exploitation industrielle).
1972 Dépôt de plusieurs brevets sur un nouveau procédé de nitruration, le SURSULF, aujourd'hui exploité dans le monde entier.
1980 Début de l'internationalisation.
1994 Création de HEF Formation (stages inter et intra-entreprises).
1998 Création du département mécanique, conception et fabrication de bagues et articulations.
2001 Rachat de l'allemand Dufferit.
2004
Création d'ISIS avec le CEA.
2009 Nouvelle implantation à Saint-Étienne sur le site Carnot.
- Raison social : HEF SAS - Dirigeant : Georges Cros - Actionnariat : Salariés (66%). Famille Caubet (33%). - Chiffre d'affaires : 128 M€ en 2008 (60% à l'export) - Capacité d'autofinancement : 15% en 2008 , 10% en 2009 - Effectif : 1.200 salariés - 54 sociétés dont 27 en Europe (15 en France) - 4 entités : HEF R&D, Techniques Surfaces (filiales d'exploitation), HEF Duferrit (Transfert de technologie), HEF Formation (formation continue) - Tél. : 04.77.55.55.22 - www.hef.fr
JDE | Édition Loire 42 | 5 juin 2009

