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Bull. L'entreprise veut faire sa place sur Grenoble

ajouté le 9 janvier 2009  -  - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Bull, Agrandissement, Innovation R/D, Emploi, Leaders

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Le site de Bull à Échirolles, dans la proche banlieue grenobloise, accueille près de 480 personnes.

Le centre d'expertise et de services de Bull Grenoble est l'un des pivots de l'entreprise dans quatre domaines spécifiques: l'open source, la simulation numérique, les grandes infrastructures informatiques et le stockage. Très discret depuis de nombreuses années, le site a décidé de se remettre sur le devant de la scène locale en développant sa communication et en recentrant ses priorités sur ses clients.

Anne-Gaëlle Metzger

Le site grenoblois de Bull, implanté sur 15.000m² de locaux à Échirolles, a «une dimension ingénieur par son expertise et ses compétences autour du monde informatique», précise d'emblée Michel Bracquemond, directeur des opérations Bull produits et systèmes. Le site regroupe quatre activités: les services (150 personnes); la recherche et développement en architecture informatique (150 personnes également); un centre de compétences en infrastructure, management de système d'information (SI) et stockage (une centaine de personnes); le support vente et le conseil client (environ quatre-vingts personnes). «Nous sommes le plus gros centre en dehors du siège. À l'origine, ce site était industriel. Mais, très vite, il a basculé pour devenir le fer de lance du monde Unix, en coopération avec IBM. Et depuis une dizaine d'années, nous nous sommes diversifiés vers les technologies "open source" (NDLR: logiciels libres). C'est une politique générale du groupe mais qui est ancrée à Grenoble.» Parmi les réalisations des équipes, on retrouve notamment la conception de serveurs de simulation numérique haute performance, parmi lesquels le système de calcul Tera-10 livré au CEA.

Améliorer l'accueil des clients
Mais après des années de discrétion, Bull Grenoble a ressenti le besoin de refaire parler de lui. Arrivé en janvier2008 en Isère, Michel Bracquemond a «un rôle fédérateur transversal» et à ce titre veut «adapter le site à un monde changeant». Cela passe par trois axes principaux. «Au niveau du management, il s'agit de tourner le site vers les clients. Ensuite, nous investissons également dans la rénovation des locaux pour améliorer notre capacité à recevoir nos clients, notamment avec une salle de réunion adaptée, un espace de démonstration, des gens dédiésetc. Cela passe par des besoins de moyens physiques et matériels. Nous travaillons ainsi sur une "allée de démonstration" et prévoyons un second centre de démonstration pour infrastructure. De manière générale, nous devons optimiser notre espace, mais certainement pas le réduire. Les surfaces disponibles nous permettent d'être réactifs et d'accueillir nos clients sur le site avec des bureaux dédiés, parfois pendant plusieurs semaines.»

Se faire moins discret
Dernier axe de développement: une présence locale moins discrète. «Il nous faut développer le business local, réexister et communiquer.» Ainsi, Michel Bracquemond avoue que Bull n'a en local de lien qu'avec les écoles. Anne de Darassus, la responsable des ressources humaines du site, précise qu'ils sont partenaires de l'Ensimag et présent à son conseil d'administration, présent dans le conseil de supervision d'une filière de Polytech, accueillent des apprentis du Miage, interviennent dans certains cours,etc. «Les échanges sont ainsi facilités, souligne-t-elle, ce qui est important pour les stagiaires et les apprentis que nous accueillons. Et puis il faut faire entendre la voix de l'industrie dans les formations. Il est essentiel d'être associé aux réflexions des écoles pour qu'elles connaissent nos attentes.» Bull Grenoble est également impliqué dans le projet Pilsi (Pôle d'innovation international pour les logiciels et systèmes intelligents), un sous-projet du projet Campus, pour la création des infrastructures informatiques avec l'université Joseph-Fourier et Minalogic. «Mais au niveau "corporate", il faut encore convaincre, explique Michel Bracquemond, car il faut bien choisir les endroits où l'on investit. Nous sommes encore en phase de travail; la décision se prendra en février ou mars. Nous participerons de toute façon au Pilsi; mais au-delà, nous voudrions être très impliqués.»

Viser les grands groupes
Du côté des entreprises, il reste du chemin à parcourir. Si Bull travaille avec quelques sociétés locales telles que Kelkoo ou STMicroelectronics, l'entreprise n'est guère présente par ailleurs. Mais le site bénéficie depuis un an et demi du travail d'un second commercial. «Ils ont des objectifs forts pour 2009. Nous visons les grands groupes implantés sur l'agglomération grenobloise. Il n'y a aucune explication à ce que nous n'ayons pas plus de business en local.»

«Bull est une entreprise attractive pour les candidats»



Bull a poursuivi en 2008 à Echirolles une politique active de recrutements avec l'embauche de plusieurs dizaines de personnes. Anne de Darassus, responsable des ressources humaines du site, nous explique cette démarche qui devrait se poursuivre en 2009.
Quels profils avez-vous recrutés sur Grenoble en 2008?
Nous avons recruté 70 personnes, dont une dizaine arrivera en poste début 2009, de niveau bac+5. Le groupe a pour sa part effectué cinq cents recrutements. Sur le site, il s'agit essentiellement de débutants, ainsi que de quelques confirmés. Certains étaient déjà chez nous en tant que stagiaires ou apprentis. Le groupe encourage aussi la cooptation. Le candidat qui arrive par ce biais a une motivation pour l'entreprise qui ne vient pas seulement de la vue du recruteur: il possède un éclairage de l'intérieur.
Quelles sont vos autres voies de recrutement?
Nous travaillons aussi par annonces, par une présence sur les forums, des publications sur des sites d'emploi et les offres sont sur notre site internet. Bull est une entreprise attractive par son image et sa notoriété. Ce qui revient dans le discours des candidats, c'est l'implication de Bull dans les logiciels libres, avec un état d'esprit, une culture et des valeurs qui rejoignent ceux des jeunes informaticiens. Les résultats et les produits de Bull sont aussi des facteurs déterminants pour eux.
Comment se passe l'intégration de ces jeunes recrues?
Nous organisons un «Welcome day» pour présenter la société de manière globale, la politique des ressources humaines, sa communication,etc. C'est un moment d'échanges et d'interactivité. Ensuite, les managers et chefs de projets organisent des échanges plus informels avec leurs équipes. Et à la fin de chaque période d'essai, un entretien formel permet d'avoir un retour, aussi bien pour l'employé que pour le service RH.
Quelle est la politique de Bull en matière de ressources humaines?
Un des éléments important quand on entre dans l'entreprise, c'est le fait d'avoir un entretien annuel avec son manager. Il est alors question d'objectifs, de performance, mais aussi de plan de formation, de mobilité,etc. Nous ne sommes pas une SSI où les gens sont gérés par un commercial. Mais nous sommes un grand groupe présent sur toute la France avec des perspectives d'évolution.
2009 verra-t-elle encore une importante vague de recrutements?
Nous allons encore recruter pour la branche services, mais cette fois des profils plus expérimentés. Mais nous allons avancer prudemment, en fonction de la visibilité des projets.

L'équipe dirigeante. Une organisation matricielle

Le site grenoblois de Bull compte plusieurs responsables de services dans une organisation matricielle et transversale.


Michel Bracquemond, 44 ans, est arrivé sur le site grenoblois de Bull en janvier2008, après une douzaine d'années dans l'entreprise. Directeur des opérations Bull produits et systèmes, il a ici «un rôle fédérateur et transversal» sur le site. «Mais je ne suis en rien le supérieur hiérarchique de toutes les équipes. Je dirais que je suis le facilitateur qui fait le lien entre elles.» Il supervise tout de même un service d'une centaine de personnes. Anne de Darassus est, elle, la responsable des ressources humaines du site, avec là encore un rôle transversal. Elle s'occupe classiquement «de la vie du contrat de travail et du recrutement», avec les équipes de consultants en recrutements basés à Paris et Marseille. Jean-Louis Clavaud est le responsable «Coopération IBM». En effet, les équipes de R & D de coopération IBM travaillent en partenariat avec les équipes Aix IBM et les équipes du Linux technical center d'IBM basées aux USA. Eric Monchalin est le responsable R & D HPC (high performance computing, calcul scientifique). Ce service mène une politique de croissance qui lui permet d'assurer un large spectre d'activités et d'expertise allant du support à l'avant vente au déploiement de grandes affaires et configurations spécifiques. Christian Guérin est le responsable du centre d'excellence StoreWay qui s'est transformé pour soutenir les objectifs de croissance ambitieux de Bull dans le stockage (voir notre édition du 07novembre 2008). Michel Larrouquère est le responsable du centre HA (centre des services de haute disponibilité). Crée en 1999, le Centre HA est une véritable tour de contrôle dédiée à la continuité de services des infrastructures les plus critiques des clients. Xavier Fédi est le responsable du «Support open systems». Denis Bram est le responsable R&D Open Source.

Bull

- P-dg: Didier Lamouche - Actionnariat: France Télécom (10%), Nec (3%), Debeka (2%) et flottant (85%); cotée en bourse sur l'Euronext comp B - CA 2008: 1,2Md€, dont 47% réalisés en France - Chiffres clés 2007: résultat d'exploitation (Ebit), 25M€; fonds propres, 77M€; trésorerie nette, 193M€ - Effectif: 8.000 dont 480 à Echirolles - Présence dans 50 pays, avec des centres de développement en France, Chine, Pologne et aux Etats-Unis - En France: quatre principaux centres de R & D à Paris, Echirolles (nouvelles technologies et open source), Nice et Bordeaux; un centre industriel à Angers; quatre centres de support et d'hébergement à Trélazé (près d'Angers), Nantes, Lyon et Saint-Ouen; quatre centres de services à Paris, Bordeaux, Marseille et Echirolles; quatorze agences principales, dont une à Echirolles. - Tél.: 04.76.29.75.00 - www.bull.fr

Etapes


1919 Fredrik Rosing Bull invente les machines à cartes perforées
1930
Création de Bull à Zurich qui s'installe en France en 1931 et devient Compagnie des machines Bull (CMB) en 1933.
Années 50
Création d'un calculateur électronique et commercialisation d'un «ordonnateur»

1971
Arrivée de Bull à Echirolles
Années 1980
Commercialisation du micropackaging
1983
Le groupe informatique CMB devient Bull
1996
Privatisation de Bull
2008
Inauguration d'un centre international de stockage et protection des données à Echirolles

JDE | Édition Isère 38 | 9 janvier 2009

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