

A l'affiche
Huit Diffusion vient de fêter ses quarante ans de création de lingerie. Pour renforcer sa présence sur le marché, l'entreprise vient de racheter la marque Barbara et s'apprête à ouvrir ses premiers magasins en propre. Premières clientes visées: celles de Saint-Malo et Singapour.
Huit Diffusion est de ces marques qui aiment rester discrètes. Peu de gens savent que le fabricant de lingerie féminine est installé à Rennes depuis plus de 40 ans. Et pourtant, le groupe ne compte pas moins de 170 salariés, dont 120 travaillent dans la ZI Sud-Est de Rennes. Derrière ce grand bâtiment de la rue du Bignon, on crée une partie des modèles qui font la mode d'aujourd'hui, et même font évoluer un marché toujours en quête, mine de rien, de technologie pour le bien-être du corps. Car c'est bien là, dans cette ancienne entreprise de confection qui date des années 50 (et employait à l'époque 4.000 personnes), que Huit est née, en 1968. Et a fait de l'innovation son originalité. «À l'époque, la jeune entreprise a révolutionné le marché de la lingerie grâce à l'invention d'une nouvelle technique: le moulage, raconte Marc Honoré, actuel président du directoire depuis presque deux ans. Elle a libéré la femme des corsets et lingeries très structurées, en offrant des soutiens-gorge plus légers et sans coutures».
40% du CA dans les maillots de bain
Dès le début des années 70, Huit s'oriente également vers la création de maillots de bains, et en fait presque une spécialité. Résultat, aujourd'hui, la marque réalise 40% de son chiffre d'affaires dans ce secteur. «Notre marque est d'ailleurs souvent plus connue pour ses maillots de bains, car en proportion des autres marques, nous sommes plus gros sur le marché, explique Marc Honoré. Il faut dire que le marché de la lingerie est vingt fois plus important que celui du maillot...»
Plus moderne que sexy
Voilà comment Huit Diffusion innove: en créant la différence. «Nous revendiquons plus la modernité que la séduction», renchérit Marc Honoré. Ce qui n'empêche pas la marque d'être attirante et raffinée, mais en ne s'adressant pas uniquement à la jeune fille. «On se concentre sur l'offre, pour être très lisible sur un marché encombré. Si nous travaillions sur la demande, nous perdrions notre âme». L'âme de Huit, en tout cas, est bien toujours présente à Rennes, même si la production se fait à 90% en Tunisie, et que la direction générale (ainsi que le marketing) est aujourd'hui basée à Paris. Les équipes de mise au point des produits, les services financiers et le coeur logistique de l'entreprise sont toujours restés dans la capitale bretonne. Les produits en réassort, ou les classiques de la marque sont toujours fabriqués ici. C'est également à Rennes que se fait toute la découpe des ?patrons ?et des produits qui seront assemblés chez le partenaire tunisien par la suite. Les produits finis reviennent finalement à l'usine mère pour être livrés dans les différents points de vente.
Des magasins pour plus de visibilité
Les 200 modèles créés chaque année (deux collections de lingerie et une de maillots de bain) sont vendus à 40% en France, et à 60% à l'export dans une quarantaine de pays (principalement Europe et États-Unis). Une autre spécificité de Huit. Jusqu'alors, l'entreprise vendait ses créations pour des grands magasins, des chaînes ou des magasins de détail. Mais le développement de Huit est en train de prendre un sacré virage, avec l'ouverture prévue de plusieurs magasins en propre. «Le premier magasin Huit doit ouvrir à Saint-Malo intra-muros en juillet, annonce Marc Honoré. Et un second va être créé à Singapour en septembre. Le but est de rendre plus visible notre marque». Pour continuer son développement, Huit Diffusion vient également de racheter la marque Barbara, en difficultés financières, pour 2M€. Il s'agit d'une marque française classique, qui réalisait 20M€ de chiffre d'affaires. Elle est totalement différente de Huit et le restera, en devenant une filiale de Huit Diffusion. Les équipes de style sont bien différentes. Seuls les services de management commercial et de logistique seront mis en commun. Les deux marques joueront sur leur complémentarité, et pourront être représentées côte à côte dans les points de vente, pour couvrir tous les besoins du marché. Un nouveau challenge.
Virginie Monvoisin
JDE | Édition Ille-et-Vilaine 35 | 5 juin 2009

