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ajouté le 2 mars 2012 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Arc, Pinson, Girard, promotion, promoteur
En posant la première pierre du Belvédère, à Rennes, le Groupe Arc confirme son attachement à la capitale bretonne.
Pour vivre heureux, vivons cachés. Telle pourrait être la devise du Groupe Arc tant le promoteur immobilier rennais reste bien discret au regard d'une communication plus affirmée des Giboire et autres Lamotte. Un état d'esprit insufflé par la famille Girard, fondatrice, il y a plus de quarante ans, de ce qui est aujourd'hui devenu un acteur de poids. Autant dans sa capacité financière (près de 150M€ de CA pour 60M€ de fonds propres), que dans ses réalisations.«Très tôt on s'est spécialisé dans les grosses opérations, les gros volumes. En dessous de 20 logements, on a du mal à faire tourner la "boutique"», confie Patrice Pinson, directeur de l'agence de Rennes. C'est d'ailleurs ce qui explique pourquoi le Groupe Arc est également présent à Paris (10 personnes), ce qui est à noter pour un promoteur régional. «On a une opération en cours porte de Versailles. On a aussi 50 logements à Montrouge.» Et preuve des besoins en la matière en Ile-de-France: «on en a vendu 40 en l'espace d'un mois», relève le cadre dirigeant.
4% des Rennais logés dans une construction Arc
En moyenne, Groupe Arc - trois lettres pour Association pour la recherche dans la construction- réalise entre 600 et 1.000 logements par an. Fait réaliser devrait-on dire, son coeur de métier étant la promotion et la commercialisation. «Pour la construction, on travaille en corps d'État séparés, précise Patrice Pinson. En gros oeuvre, nous ne sommes mariés avec personne. Compte tenu de la dimension de nos programmes, on fait travailler des entreprises solides et structurées comme CCE, Legendre, Cardinal, Eiffage, Sogea...» Avec la pose le mois dernier de la première pierre du Belvédère (83 appartements), sur l'ancien site de la Brasserie Kronenbourg, rue Pierre Martin à Rennes, Groupe Arc engage la construction de son 5.000e logement dans la capitale bretonne. «Plus de 4% de la population rennaise est logée dans une construction Arc», souligne le directeur d'agence. Une présence forte qui n'empêche pas le promoteur d'être actif ailleurs en Bretagne. «À Saint-Malo, on réalise actuellement une opération de restructuration d'une ancienne maison de retraite qui domine la Rance (44 logements). Saint-Malo, pour nous, c'est une première.» Qui sera suivie d'autres opérations si l'on en croit Patrice Pinson. «Nous avons demain la volonté d'aller plus loin, confie-t-il. Dans du standing mais aussi de la primo-accession.»
Spécialité en primo-accession
Car la primo-accession, c'est une des autres spécialités du Groupe Arc. «À Rennes, dans le passé, on a fait la première opération de PLS privé (prêt locatif social). Et une grosse partie de la croissance du groupe a été faite sous l'égide du prêt PAP (prêt aidé d'accession à la propriété). On connaît donc bien cette population.» L'an passé, au total, Arc a vendu environ 600 logements sur l'ensemble de son territoire, dont 140 à Rennes et Saint-Malo. En Bretagne, Groupe Arc est aussi actif dans le Morbihan. «On a récemment construit à Vannes et on travaille avec la Ville de Quiberon autour d'un lotissement.» En revanche, si l'entreprise n'est plus présente dans le Finistère depuis une vingtaine d'années, «on pourrait tout à fait y revenir.» Côté chiffre d'affaires, la PME a connu un très léger repli en 2011 (149M€) par rapport à 2010 (153M€). Tassement qui s'explique par la crise de 2008. «À l'époque, par prudence, on a acquis moins de terrains, et ça se ressent aujourd'hui», commente Patrice Pinson. «On subit le contrecoup de la crise mais à nombre de salariés constant.» Il est vrai que le promoteur est habitué au yo-yo. En 2005, il a en effet réalisé jusqu'à 221M€ de chiffre d'affaires. Pas de quoi pour autant l'inquiéter. Sa stratégie se résume en une phrase: «nous n'avons pas un objectif de croissance à tous crins, c'est une croissance raisonnée, pas à pas». Une stratégie qui paie. Depuis sa création, il a toujours été bénéficiaire.
Attentisme début 2012 avant un redressement?
Pour 2012, Patrice Pinson constate un certain attentisme. «On vend des produits aidés et des logements très haut standing. Mais entre les deux, c'est calme.» Et le directeur d'agence de s'avancer sur les mois qui viennent. «Janvier n'a pas été bon. Ça va redémarrer doucement jusqu'au mois précédant les élections, avant une pause puis, je pense, un redémarrage les deux derniers trimestres.»
Sur le plan humain, Groupe Arc fait face à un renouvellement progressif de ses équipes. «On est en pleine mutation des générations, décrit Patrice Pinson. On a par exemple cette année trois départs au service comptabilité. On en avait déjà deux l'an passé.» L'illustration d'un turnover très faible, dans un groupe qui affirme haut et fort son caractère familial.
Comment se comporte le marché rennais de la promotion immobilière?
À Rennes, le marché est sain, car il y a une vraie demande. Vous avez une population qui reste en place et une nouvelle population qui arrive en parallèle. Pour celle en place, il faut 1.000 logements par an. Pour celle qui arrive, 3.500 logements.
Qu'attendez-vous des mois à venir?
On attend que nos confrères, et la promotion immobilière en général, se calment sur les prix du foncier. Que ce soit du côté des acquéreurs ou du côté des vendeurs. Des dispositifs comme Scellier ont permis d'écouler les stocks, mais les promoteurs se sont retrouvés avec peu de logements à vendre, d'où cette hausse du foncier.
À Rennes, le prix du foncier est-il aujourd'hui surévalué?
Je ne dis pas que c'est surévalué, je dis que c'est trop cher pour offrir des prix accessibles à une clientèle en accession à la propriété. Mais c'est un phénomène qui n'est pas uniquement rennais.
Le marché Groupe Arc est en concurrence directe avec des groupes locaux également actifs dans la promotion immobilière: Giboire, Lamotte, Launay, ou encore Blot, mais dans une moindre mesure. Bouygues est aussi un concurrent sérieux pour le groupe détenu par la famille Girard. On trouve également d'autres acteurs nationaux comme Nexity, Marignan ou Icade. Sur le territoire de Rennes Métropole, 4.500 logements sont construits par an. Et la promotion représente quasiment la moitié. Le reste: du PLUS (locatif social) ou de l'accession aidée.
1945 Louis Girard crée son entreprise de maçonnerie 1969 Création par son fils Jean-Yves d'une société de promotion immobilière : Groupe Arc Années 80 Développement en Ile-de-France après la Bretagne et les Pays de Loire 2009 Jean-Yves Girard cède les rênes de l'entreprise à ses fils Philippe, président et Stéphane, dg
Philippe Créhange
JDE | Édition Ille-et-Vilaine 35 | 2 mars 2012

