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jeudi 2 septembre 2010

Fait du mois

JDE Edition Gironde 33

Santé. Plus de 600M€ de projets avant 2018

ajouté le 5 février 2010  - 

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Pour attirer les médecins et proposer les meilleurs soins aux patients, les établissements de santé ont une politique d'investissement constante.

Création d'un centre hospitalier à Arcachon, projets d'hôpital à Libourne et de polyclinique à Euratlantique, agrandissements programmés au CHU et dans plusieurs cliniques... Pour attirer les médecins et proposer les meilleurs soins aux patients, les établissements de santé mènent une politique d'investissement constante. Celle-ci se traduira par de nombreux chantiers dans les prochains mois. Tour d'horizon des projets, publics ou privés, qui vont remodeler l'offre de santé en Gironde.

Dossier réalisé par Yann Buanec et Orianne Esvan

La Gironde compte 71 établissements de santé. On en dénombre 184 en Aquitaine, et contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, leur nombre ne cesse de diminuer depuis plusieurs années. 210 établissements étaient répertoriés dans notre région en 2001. Les réorganisations qu'a connues le secteur privé expliquent ces disparitions. Les capacités d'accueil sont également à la baisse. Alors que l'Aquitaine comptait plus de 27.000 places et lits en 2001, elle en dispose d'environ 26.000 actuellement. La fermeture de ces lits s'est effectuée à un rythme régulier pour toutes les disciplines. Ces baisses s'expliquent avant tout par l'augmentation des courts séjours. Ainsi, le CHU de Bordeaux a-t-il enregistré plus de 200.000 séjours en 2009, contre 159.488 en 2001. La tendance est la même dans le privé, où les établissements de soins de courte durée sont passés de 418.000 séjours en 2001 à 485.000 séjours en 2007.

63% des séjours médicaux dans le public
En 2008, la durée moyenne en hospitalisation complète était de 5,9 jours en Aquitaine. Cette donnée varie cependant selon le statut de l'établissement: 4,6 jours en moyenne pour les cliniques à but lucratif, 6,1 jours dans les établissements privés à but non lucratif et 6,8 pour le public. À noter que le poids des centres hospitaliers reste prépondérant, puisque le public prend en charge 63% des séjours médicaux des Aquitains.

CHU. Des projets qui se chiffrent en millions d'euros

Le CHU de Bordeaux, que dirige Alain Hériaud, comprend les hôpitaux Pellegrin, Haut-Lévêque, Xavier-Arnozan et Saint-André.

Nouvelle maternité, agrandissement de l'hôpital pédiatrique, regroupement des services qui concernent le système digestif... Tour d'horizon des principaux chantiers que va engager le CHU de Bordeaux dans les prochains mois.




Pellegrin
Les travaux ont débuté il y a 4 ans pour réhabiliter la maternité. La 3e et dernière phase du chantier démarrera fin 2010 et s'achèvera un an plus tard. «Le bâtiment aura été refait complétement sans interruption du service, explique Alain Hériaud, Dg du CHU de Bordeaux. Nous disposerons d'un véritable pôle gynécologie - obstétrique, qui effectuera des naissances, prendra en charge les fécondations in-vitro, la procréation médicalement assistée...». L'investissement total dépasse les 40M€. Par ailleurs, le service de réanimation pédiatrique va être restructuré sur 1.300m² et le sous-sol où il se situe, agrandi de 1.000m². Les 2.500m² seront livrés en 2012, permettant d'accueillir 30 enfants, contre quinze actuellement. Investissement: 10M€ En lien avec l'université, le CHU débutera en 2011 la construction d'un institut de bio-imagerie et créera un institut des maladies neuro-dégénératives. Le budget, de 12M€, est pris en charge par l'Etat et le conseil régional. Enfin, quiconque s'est rendu à Pellegrin en voiture sait qu'il est difficile de s'y garer. «Nous allons restructurer les parkings, annonce Alain Hériaud. Une concession sera attribuée à un exploitant. Les parkings seront mieux organisés, fermés par des barrières et payant pour les personnes qui ne travaillent pas à l'hôpital».

Haut Lévêque
Aujourd'hui situé à l'hôpital Saint-André, le service de radiothérapie va être déplacé à Haut-Lévêque et se verra adjoindre un service de médecine nucléaire. Les travaux représentent un investissement supérieur à 12M€ et l'enveloppe globale atteint 21M€ en raison du coût des équipements. Le chantier débutera en septembre et s'achèvera en décembre 2011. Mais le plus important projet du CHU consiste à regrouper toutes spécialités qui concernent le système digestif pour créer un pôle hépato-gastro-entérologie. «Les activités de Haut-Lévêque et Saint-André vont être regroupées, indique Alain Hériaud. Nous allons rénover 14.000m² et construire 11.500m². Le coût prévisionnel est de 50M€. Ne manque plus que l'autorisation ministérielle». Les travaux d'étude sont déjà en cours et le projet pourrait être lancé en 2014.

Xavier Arnozan
Le CHU de Bordeaux, le conseil régional et l'Etat investiront 22M€ pour proposer un nouvel Ehpad (Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes). Le bâtiment actuel sera agrandi et un nouveau construit. Début du chantier en 2011 et livraison en 2015. Enfin, la part belle sera faîte à la recherche avec l'agrandissement de la PTIB (Plateforme technologique d'innovation biomédicale) entre mai 2010 et janvier 2011 et l'acquisition, au printemps, d'un TEP Scan (tomographie par émission de positron). Cet appareil de détection précoce des cancers sera le troisième dont disposera le CHU, et le seul réservé à la recherche.

Clinique du sport. Un pôle de médecine et de chirurgie du sport flambant neuf

D'ici à 2013, un pôle de médecine et de chirurgie du sport porté par les médecins de la clinique du sport de Mérignac aura vu le jour près de la sortie nº12 de la rocade.


À l'étroit dans leurs locaux de la clinique du sport à Mérignac, les médecins actionnaires de l'établissement ont fait l'acquisition en 2005 d'un terrain de 60.000m² près de la sortie nº12 pour y créer à terme un pole de médecine et de chirurgie du sport. La première étape de ce pole s'est achevée début janvier avec l'ouverture d'un centre de consultations qui regroupe une quarantaine de professionnels spécialistes de la médecine du sport et de l'appareil locomoteur (médecins, kinésithérapeutes, podologues, cardiologues, radiologues, et un centre d'analyse bio médicales). Le bâtiment de 3.500m² représente un investissement de 7M€ financé par les praticiens qui seront rejoints en mars par les médecins du Centre aquitain du dos qui consultent actuellement à la clinique Saint-Martin. Ce centre a permis la création d'une quinzaine d'emplois. La deuxième phase de ce pôle devrait voir le jour d'ici à deux ans. Un nouveau bâtiment de 2.000m² sera construit à proximité et accueillera un centre de réathlétisation pour les sportifs de compétition. Un centre de remise en forme plus grand public sera également installé dans les locaux.

Une nouvelle clinique du sport d'ici à 2013
La troisième et dernière étape sera le déménagement de l'actuelle clinique du sport de Mérignac dans un nouveau bâtiment situé à côté de ce centre de consultation et du centre de réathlétisation. «Nous n'avons pas encore chiffré l'investissement, explique Pierre-Henri Furlin, l'un des trois médecins- actionnaires de la clinique mais il s'agira d'un bâtiment en R+2 qui disposera d'une cinquantaine de lits. Il s'agit pour nous d'avoir une démarche d'entreprise et d'investir dans notre outil de travail sans forcément chercher une rentabilité immédiate comme peuvent le faire les investisseurs.» D'ici à 2013, un pôle complet de médecine et de chirurgie du sport devrait donc avoir vu le jour près de la sortie nº12, un emplacement stratégique.

Tél.: 05.56.12.14.40

Pôle santé d'Arcachon. Quand public et privé s'entendent

Le nouveau bâtiment de 27.000m² sera construit par Eiffage sur un terrain de 12ha à l'entrée de la Teste-de-Buch le long de l'autoroute.

À l'horizon 2012, un nouvel établissement de santé ouvrira ses portes à la Teste de Buch. Baptisé Pôle santé d'Arcachon, il est issu d'un partenariat inédit entre la clinique privée d'Arcachon et le centre hospitalier.


Groupement de coopération sanitaire (GCS), c'est la structure juridique qui porte ce projet inédit en Aquitaine: la création d'un pôle de santé financé à la fois par un acteur privé, la clinique d'Arcachon (GBNA) et un établissement public, le centre hospitalier d'Arcachon. À l'horizon 2012, le bassin d'Arcachon bénéficiera d'un établissement de santé flambant neuf qui réunira sous un même toit l'hôpital et la clinique. «L'agence régionale d'hospitalisation oblige au regroupement des établissements de santé», explique Yves Noël, le directeur général du Groupe Bordeaux Nord Aquitain (GBNA).

88,4M€ d'investissement
«Au lieu d'être concurrents et de proposer la même offre de soins sur un même territoire, nous avons décidé avec Michel Haeck, le directeur de l'hôpital et administrateur du GCS, d'être partenaires, indique Yves Noël. L'idée en créant ce pôle était de mettre en commun nos compétences et de mutualiser les coûts notamment la logistique et le bloc opératoire.» Le nouveau bâtiment de 27.000m² sera construit par Eiffage sur un terrain de 12ha à l'entrée de la Teste-de-Buch le long de l'autoroute. Montant de l'investissement: 88,4M€ financé pour un tiers par la clinique et pour deux tiers par l'hôpital. «Chacun poursuivra ses activités actuelles mais sous le même toit. Le patient aura le choix entre une prise en charge par l'hôpital ou une prise en charge par la clinique, explique Michel Haeck. C'est un peu comme une copropriété. Nous mettons en commun les murs, la logistique, le plateau technique mais chacun reste maître chez soi. Les charges de fonctionnement sont ventilées au prorata de l'utilisation.» Les travaux du futur pôle santé d'Arcachon devraient être lancés en juin pour une ouverture à l'horizon 2012.

Hôpital d'Arcachon : 05.57.52.90.00 GBNA : 05.56.43.73.38

ARS. Regrouper les institutions de santé sous un même toit

Nommée en septembre responsable préfiguratrice de l'Agence régionale de santé Aquitaine, Nicole Klein explique le fonctionnement de cette nouvelle administration.
À quoi va servir l'ARS?
La loi HPST (hôpital, patient, santé, territoire) prévoit la création des agences régionales de santé. L'ARS regroupera toutes les institutions qui traitent des questions de santé au sens large, y compris le médico-social. On y retrouvera 2/3 de la DRASS (Direction régionale des affaires sanitaires et sociales), 2/3 de la DDASS (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales), l'agence régionale de l'hospitalisation et l'assurance-maladie, dans sa partie gestion du risque. Au total, cette administration regroupera 480 personnes.
Quelles économies doit générer la création de l'ARS?
Même si l'ARS a été créée dans la même logique que la RGPP (Révision générale des politiques publiques), sa première vocation est de permettre une meilleure lisibilité et efficacité de notre service public de santé. L'autorité sera plus claire et les décisions plus rapides à mettre en oeuvre. L'ARS Aquitaine devrait être créée début avril.
Comment la carte hospitalière va-t-elle évoluer dans les prochains mois?
Notre volonté est de rationaliser la santé, pour offrir la meilleure qualité de soin au meilleur coût. En Aquitaine, il est trop tôt pour dire quelle conséquence aura cette rationalisation sur la carte hospitalière. Mais l'idée est de regrouper l'offre de soin en fonction de territoires de santé.

Clinique mutualiste de Lesparre. 59 lits supplémentaires fin 2012

Jean-Marc Lismonde, directeur des cliniques mutualistes de Pessac et Lesparre.

Le bâtiment laissé vacant par l'Ehpad Fondation Saint-Léonard va permettre à la clinique mutualiste de Lesparre-Médoc de s'agrandir. 59 lits supplémentaires seront proposés fin 2012.


La Fondation Saint-Léonard, qui gère l'Ehpad de Lesparre-Médoc, inaugurera prochainement ses nouveaux locaux. Une bonne nouvelle pour ses pensionnaires, mais également pour son voisin, la clinique mutualiste du Médoc. «Nous avons signé le 21janvier un bail emphytéotique de 30 ans entre nos deux établissements, explique Jean-Marc Lismonde, directeur de la clinique mutualiste de Lesparre. Nous allons reprendre les locaux qu'abandonnera la Fondation Saint-Léonard au printemps». Les travaux débuteront en juin et devraient s'achever au plus tôt en 2012.

Arrivée de l'IRM
Le bâtiment de 4.000m² accueillera les activités diurnes de la clinique: administration, consultation, archivage, pharmacie, formation... L'espace libéré dans le bâtiment actuel permettra d'augmenter la capacité d'accueil. Le service soins de santé et réadaptation passera de 15 à 30 lits, la médecine, de 26 à 40 lits, et un service soins de longue durée de 30 lits sera créé. Le budget des travaux s'établit à 12M€, avec un financement à 75% de l'Agence régionale de la santé. Le projet prévoit également la création d'un groupement de coopération sanitaire afin d'accueillir, en partenariat avec le cabinet de radiologie de Lesparre, un service IRM.

Tél.: 05.56.73.10.00

Libourne. 310M€ pour un nouvel hôpital en 2018?

Le conseil d'administration du centre hospitalier de Libourne présentera prochainement à l'ARS son projet d'un nouvel hôpital.


«Notre hôpital a 40 ans et doit être reconstruit». Michel Galand, président du conseil d'administration du centre hospitalier de Libourne, a déjà obtenu le feu vert de toutes les instances de son établissement pour son projet: construire un nouvel hôpital. Le nouveau bâtiment, de 37.200m², permettrait de proposer 1.160 lits, contre 1.130 actuellement. «Nous augmenterons nos capacités en soins de suite, indique Michel Galand. Mais notre premier objectif est de disposer de locaux plus adaptés, de bénéficier des techniques modernes et ainsi de lutter contre le privé». Le nouvel établissement, qui représente un investissement de 310M€, pourrait être opérationnel en 2018. Le projet sera présenté dans les prochaines semaines à Nicole Klein, préfiguratrice ARS, qui décidera de son avenir. En attendant le possible lancement de cet énorme chantier, le centre hospitalier de Libourne proposera, en 2011, un service cardio-respiratoire de 60 lits à Robert Boulin ainsi qu'un Ehpad de 100 lits à Garderose.

GBNA.

18M€ pour l'agrandissement de la clinique bel Air D'ici à trois ans, le groupe Bordeaux Nord Aquitaine devrait fermer les cliniques Saint-Louis et Tourny pour les regrouper sur le site de la clinique Bel Air. À cette occasion un nouveau bâtiment sera construit. Montant de l'investissement: 18M€ d'ici à trois ans. À plus long terme, le groupe envisage également un agrandissement de Bordeaux Nord à Ravezies. L'enveloppe est chiffrée à 32M€.

Saint Martin. Extensions programmées

L'hôpital privé Saint-Martin, à Pessac, agrandira cette année son centre de dyalise, pour passer de 30 à 38 postes. La restructuration complète de l'unité de soins intensifs en cardiologie est également prévue. Par ailleurs, le groupe Générale de santé, propriétaire de l'établissement, a programmé pour début 2011 l'extension du bloc d'urgence, qui verra sa surface croître de 30 %.

Clinique Tivoli. Construction d'une aile supplémentaire

La clinique Tivoli prévoit la construction d'une aile supplémentaire qui comprendra un service ambulatoire ainsi que deux services d'hospitalisation. 29 lits seront créés. Une partie de la superficie sera consacrée à la rénovation de l'entrée bloc opératoire. L'ancien rez-de-chaussée permettra la rénovation complète du service chimiothérapie de jour.

Polyclinique Tondu. Déménagement à Euratlantique?

La polyclinique Bordeaux Tondu réfléchit à un déménagement vers des locaux plus grands et plus adaptés, dans le quartier de la gare. Le nouveau bâtiment, de 32.000m², pourrait accueillir 350 lits, contre 143 actuellement. Il s'agirait du premier établissement de santé dans le futur quartier Euratlantique.

Clinique chirurgicale du Libournais.

9M€ investis 9M€ ont été dépensés ces dernières années pour restructurer et rénover la clinique chirurgicale du Libournais. Les investissements se poursuivront en 2010 avec la rénovation et le réaménagement de la cuisine ainsi que la création d'une nouvelle zone de parkings.

Saint-Augustin. Nouveau service IRM

La clinique bordelaise Saint-Augustin va réhabiliter au sein de la structure actuelle un service de surveillance continue. Il est également prévu une extension de l'établissement afin d'accueillir l'exploitation prochaine d'un service d'I.R.M.

JDE | Édition Gironde 33 | 5 février 2010

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