Haute-Garonne

L'Enquête

JDE Edition Haute-Garonne 31

Sportifs de haut niveau. Du short au costume-cravate

ajouté le 5 juin 2009  -  - Mots clés : Actualité, Fait du mois, sport, reconversion

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En matière de reconversion, aucune règle ne prévaut chez les athlètes de haut niveau. Certains ne s'imaginent pas quitter le milieu sportif, d'autres prennent des chemins totalement opposés, comme le rugbyman Jean-Marie Bisaro qui s'oriente vers une carrière de géomètre (photos: Agence XV).

Qu'ils s'appellent Vincent Clerc, Christophe Kempé ou Marie-Ange Kramo, tous sont aujourd'hui confrontés à une même problématique. Comment réussir son retour à l'emploi après s'être entièrement consacré au sport de haut niveau pendant tant d'années? Si la notoriété facilite bien sûr la reconversion de certains, elle ne se substituera pas à ces lignes ?formation? et ?expérience professionnelle? si essentielles aux yeux des employeurs, si minces sur le CV de la plupart des athlètes professionnels. État des lieux en Midi-Pyrénées, où 730 sportifs de haut niveau sont à ce jour recensés.

Dossier réalisé par Aline Gandy et Marie Lepesant

Rugby. Itinéraires non tracés

De g.à d.: Philippe Spanghero, Vincent Clerc et Grégory Lamboley, associés de Team Bizness (photo: Team Bizness).



En Ovalie, il y aura eu un avant et un après 1995. Si la professionnalisation du rugby a, sans conteste, poussé les joueurs à se surpasser sur le terrain et clarifié les pratiques financières, elle a aussi fortement compliqué la donne en matière de retour à l'emploi. Souvent en âge d'occuper des fonctions de cadre mais trop justes sur le plan des études, que deviennent ces pros une fois sortis de la lumière? C'est pour «garder un pied dans la réalité» qu'Éric Artiguste dit s'être attaché, tout au long de sa carrière, à concilier rugby et activité professionnelle. Sans doute aussi parce qu'il fait partie de cette génération qui a connu la transition vers le professionnalisme, au Stade toulousain notamment où il a joué de 1993 à 1996. «Chacune des opportunités que j'ai saisies est née d'une rencontre dans la famille du rugby», se souvient-il fièrement. Michel Bocou, un dirigeant du club de Pau, est l'un de ceux qui lui ont mis le pied à l'étrier. «Il travaillait dans le secteur du recyclage des déchets et m'a proposé de me former à mes heures perdues.» Utilisant son réseau relationnel, Éric Artiguste va développer la clientèle sur son département natal, les Hautes-Pyrénées. Lorsqu'il signe à Montauban, en 2004, Michel Bocou lui confie la mission de monter une agence sur Toulouse: ce sera Ovalie Recyclage, qu'il dirige depuis cinq ans et qui compte parmi ses actionnaires deux membres de la «famille stadiste»: Thomas Castaignède et Christian Califano. «Le rugby m'a apporté la notoriété mais surtout un état d'esprit que je suis heureux d'avoir dans le monde de l'entreprise», conclut-il. Jeune retraité du Stade toulousain, Xavier Garbajosa confesse quant à luin'avoir pas vraiment anticipé sa reconversion. Par manque de temps pour se lancer dans une formation en parallèle des entraînements et des compétitions, mais aussi parce que «l'envie de continuer le plus longtemps possible est toujours là.» Lui n'a pas eu cette chance, contraint de stopper sa carrière à Noël dernier pour raisons médicales. «J'ai plusieurs pistes mais je ne veux pas me précipiter. J'ai envie de construire quelque chose de viable pour les années à venir.» Rien d'arrêté pour l'instant mais il se verrait bien dans la rénovation de biens immobiliers. «Ca a commencé par une passion pour le bricolage qui, de fil en aiguille, m'a amené à retaper des maisons et des appartements, à me plonger dans l'univers de la décoration et de l'architecture pour transformer l'ancien en neuf.» Pour l'aider à y voir plus clair dans sa démarche de reconversion, Xavier Garbajosa a fait appel à trois hommes qu'il connaît bien: Philippe Spanghero, Vincent Clerc et Grégory Lamboley. En septembre2008, ils se sont associés à Bruno Sola (fondateur de l'entreprise Bizness Conseil) pour créer Team Bizness. Présente à Toulouse et Paris, leur société se positionne comme «fournisseur officiel en performance commerciale». «Nous étions tous les trois régulièrement sollicités par des entreprises en quête de conseils sur le plan commercial ou managérial, raconte Philippe Spanghero. Il nous a semblé que nous pouvions leur apporter quelque chose d'un peu différent, en travaillant mieux sur le contenu, la méthodologie et le choix des intervenants.» Entourés de Fabien Pelous, Guy Novès, Christophe Kempé, Alain Prost ou encore Guy Roux, ils ont bâti une offre à même de «répondre à chaque demande d'entreprise, quelle que soit sa taille ou son budget», insiste Vincent Clerc, qui prend également très à coeur l'autre volet de l'activité de Team Bizness: l'accompagnement des sportifs dans leur reconversion. Un «après» qu'il a lui-même souhaité anticiper en mettant un premier pied dans l'entreprise avec Team Bizness mais surtout en continuant de se former en parallèle de sa carrière. Il est d'ailleurs sur le point de rendre le mémoire qui lui permettra de valider un mastère 2 en ingénierie et management des organisations sportives, à l'IAE de Toulouse. Si Julien Patey n'a jamais douté de l'importance de préparer sa reconversion, il n'imaginait pas y être confronté à 25 ans. Alors qu'il occupe le poste de trois quart aile au club de Blagnac, il se blesse. Son contrat terminé, la blessure est toujours là. «Je me suis retrouvé au chômage du rugby. Dans les clubs, on se soucie peu de notre devenir. Ce qui importe, ce sont les résultats», constate-t-il. Le jeune rugbyman décide alors de réaliser un bilan de compétences avec l'Agence XV. S'il ne trouve aucun club d'ici à cet été, il aimerait toutefois rester dans le monde du rugby et pourquoi pas travailler au sein de Provale, l'union des joueurs de rugby professionnels.

Nicole Abar. «Un dispositif gagnant-gagnant: la CIP»

Nicole Abar.



Aux entreprises tentées par l'embauche d'un sportif de haut niveau mais freinées par la contrainte d'aménagement horaire, l'État offre une réponse: la convention d'insertion professionnelle (CIP). Explications avec Nicole Abar, responsable du sport professionnel et de haut niveau à la DRDJS*Midi-Pyrénées.
Près de 730 sportifs de haut niveau en Midi-Pyrénées et seulement 16 CIP régionales actives à ce jour. Comment expliquer ce décalage?
Déjà, tous les sportifs de haut niveau ne sont pas dans une problématique d'insertion professionnelle. Pour les autres, notre travail consiste justement à promouvoir ce dispositif méconnu. À mon arrivée il y a cinq ans, seules six CIP étaient actives en Midi-Pyrénées. Du chemin a donc été fait depuis, mais nous savons que rien ne remplace une présence sur le terrain pour faire connaître le dispositif. Une partie de mon travail consiste donc à aller à la rencontre des entreprises. Quand on leur parle d'embaucher un sportif de haut niveau, leur première réaction est presque toujours négative, car elles ont l'image de quelqu'un de souvent absent, qu'il sera compliqué d'intégrer en temps partiel dans leur effectif. Mais elles changent d'avis en rencontrant des sportifs de haut niveau motivés, avec un vrai projet professionnel, en comprenant aussi que tous ne passent pas à la télévision, qu'ils sacrifient beaucoup pour un sport dont la plupart ne tirent presque aucune rémunération.
Ensuite vient la question du financement...
En effet. C'est pour eux une grande surprise d'apprendre que le ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative est prêt à les financer pour embaucher l'un de ces sportifs.
Quel est le principe de la CIP?
L'idée est de donner la possibilité à ces athlètes de poursuivre leur carrière sportive tout en leur garantissant une insertion professionnelle réussie. L'État, en direct, ou la DRDJS passe donc une convention avec une entreprise publique ou privée qui prévoit, entre autres, l'aménagement des horaires du salarié pour tenir compte de ses entraînements ou compétitions et le versement d'une somme à l'employeur pour compenser ses absences.
Quel message adressez-vous aux entreprises?
Que celles qui ont des besoins en recrutement n'hésitent pas à nous contacter. Si un sportif de haut niveau a le profil et les compétences pour cet emploi, donnez-lui une chance en lui accordant un entretien!

*Direction régionale et départementale de la Jeunesse et des Sports

Tél.: 05.34.41.73.08 nicole.abar@jeunesse-sports.gouv.fr

Altedia. «Aucun profil type chez les sportifs de haut niveau»



Symboles suprêmes de la performance, les sportifs de haut niveau n'intègrent pas pour autant le monde de l'entreprise d'un claquement de doigts. Une phase de bilan est bien souvent nécessaire, comme l'explique Patricia Trocmé, responsable de l'activité management de carrière chez Altedia*, à Toulouse.
À quel moment les sportifs de haut niveau prennent-ils contact avec vous?
Il n'y a pas de règle. Certains attendent d'avoir mis fin à leur carrière pour se tourner vers nous, d'autres se retrouvent sans contrat une ou deux saisons avant celle au terme de laquelle ils pensaient arrêter, d'autres encore- ils sont plus rares- viennent nous rencontrer beaucoup trop tôt.
En quoi sont-ils différents des candidats que vous recevez habituellement?
Sur la vingtaine de cyclistes et de rugbymen de haut niveau que nous suivons chaque année, il est impossible de dégager un profil type, tant les carrières et les histoires personnelles sont différentes. De toute façon, cela ne correspond pas à nos méthodesde travail: nous raisonnons en terme d'individu et non de catégorie.
Le manque d'expérience en entreprise ressort cependant chez bon nombre de sportifs de haut niveau...
C'est vrai que beaucoup d'entre eux ont peu ou pas de compétences professionnelles et souvent peu de diplômes. Nous devons en tenir compte dans nos prestations, qu'il s'agisse d'un simple bilan ou d'une réelle aide à l'outplacement (reclassement, ndlr). Une reprise des études, quand elle est possible, peut parfois être une bonne chose. Nous devons aussi identifier les compétences qu'ils ont pu développer au cours de leur carrière sportive et trouver comment les transférer dans le monde de l'entreprise. Parce qu'ils ont longtemps été capitaine de leur équipe, certains ont l'âge et la maturité pour occuper un poste de manager. D'autres iront plus spontanément vers une activité en libéral ou une création d'entreprise. Là encore, il n'existe aucune règle.

* Filiale d'Adecco Groupe France, Altedia est une société de conseil en management, spécialisée en ressources humaines et communication. Elle dispose de plus de 60 bureaux en France et en Europe.

Tél.: 05.62.30.12.00 ptrocme@altedia.fr

Agence XV. Parce qu'il y a une vie après le rugby...

Lucas Bouty (à g.), chargé de mission, et Christophe Gaubert, directeur de l'Agence XV (photo: Agence XV).

Avec 260 dossiers de joueurs traités cette année contre 48 lors de sa création en 2004, l'Agence XV est le témoin direct des problématiques de formation et de reconversion auxquelles doit faire face le rugby professionnel.


Ce que les joueurs de rugby ont gagné en professionnalisme ces quinze dernières années, ils l'ont sans doute perdu en facilité du retour à l'emploi. Conscientes de cet écueil, les instances professionnelles (la ligue nationale, la fédération française et le syndicat de joueurs Provale) ont créé l'association Agence XV en février2004. Deux salariés, Christophe Gaubert et Lucas Bouty, sont aujourd'hui en charge des problématiques de formation et de reconversion des joueurs du Top14 et de Pro D2 (1.200 à ce jour en activité). «Certes, les niveaux de rémunération n'ont cessé d'augmenter depuis que le rugby professionnel existe (1995, ndlr), constate le directeur, Christophe Gaubert. La moyenne actuelle est de 9.000€ net par mois en Top14 et de 4.600€ en Pro D2. En fin de carrière, les joueurs disposent d'un petit patrimoine mais qui, sauf exception, ne leur permet pas d'être rentier à vie. D'autant que la durée des carrières tend à se réduire dans l'élite...» Outre l'aspect financier, la professionnalisation du rugby a modifié la relation des joueurs à l'entreprise. «Pour des joueurs amateurs, les clubs avaient souvent un rôle d'intégrateur dans le monde du travail. Maintenant, ils s'en déconnectent pour se consacrer uniquement au sport... Notre mission consiste, entre autres, à leur proposer des formations pendant leur carrière sportive pour faciliter leur retour à l'emploi.» En 2008, l'Agence XV a proposé un accompagnement à 260 joueurs... contre 48 en 2004. La question est aujourd'hui de trouver les financements nécessaires pour répondre à une demande croissante, sans compter que la crise économique n'épargne pas les clubs sportifs: «Nous estimons à 50le nombre de contrats pro qui seront supprimés à l'intersaison», s'inquiète Christophe Gaubert.

Tél.: 05.34.40.07.92 contact@agencexv.com

Shapers. Le club d'entreprises partenaires bientôt créé

Eva Roche, directrice de Shapers et son président, Benjamin Boukpeti, international togolais en kayak, médaille de bronze aux JO de Pékin.

L'association Shapers lancera prochainement un club d'entreprises, sponsors ou mécènes, pour soutenir les meilleurs sportifs de haut niveau du Grand Sud-Ouest dans la gestion de leur carrière et de leur reconversion.


Ils sont aujourd'hui une cinquantaine de sportifs, évoluant au niveau élite dans le Grand Sud-Ouest (Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Aquitaine), à être accompagnés par l'association Shapers. Qu'il s'agisse d'appui à la performance, de gestion de carrière, d'orientation ou de reconversion, Shapers est devenue, depuis sa création en 2003, l'interlocuteur privilégié de nombreux partenaires de sportifs de haut niveau. «Des collectivités, des équipementiers ou des clubs font appel à nous parce qu'ils ont envie d'apporter davantage que leur soutien financieraux sportifs qu'ils suivent», observe Eva Roche, directrice de la structure et ancienne vice-championne de France en kayak. En matière de reconversion, l'anticipation est ici de rigueur. «C'est quelque chose qui se prépare sérieusement et dont la composante psychologique ne doit pas être négligée. Un sportif de haut niveau qui met fin à sa carrière doit nécessairement en faire le deuil, qui plus est lorsque cette fin n'a pas été choisie, en cas de blessure par exemple.» Pour aller plus loin dans le soutien qu'elle apporte aux sportifs d'élite du Grand Sud-Ouest, Shapers créera très prochainement un club d'entreprises partenaires. «Petites ou grandes, sous la forme de sponsoring ou de mécénat, toutes peuvent accompagner un sportif dans la gestion de sa carrière ou la préparation de sa reconversion. Et quel que soit le montant investi, les retombées pour une entreprise sont très fortes, en terme d'image ou de motivation des équipes par exemple.»

Tél.: 06.81.48.55.93 info@shapers.fr

Panathénées. Un mastère délivré par l'ESC Toulouse

Alexandra Le Mouel.

Depuis 2003, Panathénées Stratégie Management assure la responsabilité pédagogique du mastère spécialisé en gestion des institutions et des activités sportives de l'ESC Toulouse.


Il y a trois ans, l'ESC Toulouse et l'agence Panathénées Stratégie Management (PSM), spécialisée notamment dans le marketing sportif, ont dressé le même constat: «Le monde du sport se professionnalisant de plus en plus, les sportifs de haut niveau ont besoin d'acquérir des connaissances en marketing, finances, stratégie pour espérer se reconvertir dans de bonnes conditions», analyse Alexandra Le Mouel, responsable pédagogique du mastère et directrice clientèle de PSM. Ainsi est né le mastère spécialisé en gestion des institutions et des activités sportives. Depuis sa création, cette formation, ouverte aux étudiants de niveau Bac+5, a accueilli près de 130 étudiants. Sur la vingtaine d'élèves de chaque promotion, deux à quatre sont des sportifs de haut niveau.

10% des étudiants quittent le milieu du sport
«Beaucoup ont trouvé un emploi dans des clubs ou des agences d'événementiel sportif ou encore chez des équipementiers. Environ 15% des anciens étudiants ne travaillent plus du tout dans le monde du sport», explique Alexandra Le Mouel. Les projets de création d'entreprise sont, quant à eux, plutôt rares. La kayakiste Anne-Lise Bardet, médaillée de bronze aux JO de Sydney, a suivi cette formation en 2005-2006. «Le stage m'a permis de participer de manière opérationnelle à différents projets», explique-t-elle. Un seul bémol toutefois: «Ce diplôme ne prépare pas à un métier en particulier. Il est, selon moi, préférable d'avoir eu une expérience professionnelle auparavant.»

www.psm-pfm.com/mastere.php

Jimmy Algerino. «Ne pas me couper d'un monde qui m'a tant apporté»

Jimmy Algerino (photo DR).

Bien qu'il ait raccroché les crampons en 2005, l'ancien capitaine du PSG, Jimmy Algerino, n'imaginait pas se couper définitivement du milieu du football.


On peut avoir réussi sa carrière de footballeur professionnel et s'accorder, malgré tout, le temps de la réflexion sur son devenir. «Rester dans un milieu qui m'a tant apporté a toujours été pour moi une évidence», assure le Toulousain Jimmy Algerino, latéral droit qui a marqué l'équipe du PSG entre1996 et2001. Avec franchise et humilité, il confie avoir subi un vrai contrecoup à la fin de sa carrière, «une fin que j'ai pourtant eu la chance de choisir alors que d'autres sont partis sur blessure.La reconversion, on a beau vouloir l'anticiper, cela reste très abstrait tant que l'on est en activité. L'année après avoir raccroché, j'ai eu besoin de décompresser, de rompre un peu avec mes habitudes. Je me suis aussi beaucoup questionné sur ma nouvelle vie, dans laquelle j'avais du mal à me projeter...» Passé ce «break», Jimmy Algerino se plonge dans la préparation du diplôme BE1 puis du DEF, «pas forcément pour devenir entraîneur», plutôt par soif de théorie après tant d'années de pratique. En parallèle, le club de Castanet lui confie la section débutants: «Essayer de transmettre aux enfants un peu de ce que j'ai reçu est un projet qui me tient à coeur.» Il en est un autre pour lequel il s'investit pleinement depuis bientôt un an. Président de l'association Rêves sans Frontière, il travaille, avec une trentaine de bénévoles, à l'organisation d'une journée de solidarité, le 10juin, au profit de l'association Gol de Letra (cf. encadré). Le temps des interrogations est bel et bien révolu...

Insep. Encourager le «double projet»

L'Institut national du sport et de l'éducation physique (Insep) a vu ses missions évoluer en même temps que les mentalités dans le monde du sport de haut niveau. Ou comment projets professionnel et sportif ont cessé d'être antinomiques.


L'Insep le reconnaît bien volontiers: le projet professionnel n'a pas toujours été au coeur des préoccupations des sportifs de haut niveau (SHN), loin s'en faut. Apparue dans les années 70, la notion de «double projet», conciliant sport à haut niveau et retour vers un emploi ou une formation, a mis du temps à s'imposer. «Nous en avons fait une réelle priorité dans les années 2000», analyse Véronique Leseur, manager du pôle de professionnalisation des SHN à l'Insep, elle-même ancienne championne d'escrime. La meilleure traduction de cette prioritéest sans doute la création, il y a deux ans, d'un département dédié à l'orientation, la formation et l'accès à l'emploi (Dofe) au sein de l'Institut, qui emploie une cinquantaine de personnes.

Parler le même langage
L'un des outils du Dofe est le Carrefour de la performance, organisé à Paris, tous les 18mois environ et dont la 3e édition se tiendra en 2010. «Notre objectif est inchangé: provoquer la rencontre entre deux mondes et faire en sorte qu'ils parlent le même langage en matière d'emploi. Tandis que les sportifs connaissent mal les entreprises ou alors uniquement par le biais du sponsoring, celles-ci voient souvent le sport de haut niveau comme quelque chose de contraignant, peu compatible avec un programme de formation par exemple. Des deux côtés, il faut combattre les idées reçues.»

Tél.: 01.41.74.43.46 veronique.leseur@insep.fr

Jean-François Soucasse. Un épilogue dicté par la raison

L'actuel directeur général du TFC a derrière lui dix années de football professionnel auxquelles il a choisi de mettre un terme à 29ans pour débuter une autre vie qu'il voulait tout aussi captivante.


À la question «Quel genre de footballeur étiez-vous?», Jean-François Soucasse répond placidement: «Un joueur moyen qui a exploité toutes ses capacités.» Là où la nostalgie a souvent fait perdre l'objectivité à certains, lui revient avec beaucoup de lucidité sur son parcours, qu'il dit avoir construit sur des choix rationnels. Débuts dans le football à 6ans, entrée au TFC à 13 ans, professionnel à 19 ans, contrats à Toulouse, Saint-Étienne, Perpignan et Nîmes. «À 29 ans, j'avais une proposition très correcte d'un club de L2que j'ai refusée. Il me semblait avoir fait le tour d'un sport dans lequel je m'étais retrouvé pendant 10ans mais qui ne m'avait jamais passionné, contrairement à d'autres.» Jean-François Soucasse sait aussi qu'il n'attaque pas sa reconversion sans bagage: un BacC mention Bien et un Bac+2 en action commerciale constituent la base d'un CV qui ne va pas tarder à s'étoffer. En 2e année d'IUP de gestion des métiers du sport, il saisit l'opportunité de stage que lui offre l'un des intervenants, par ailleurs directeur général du TFC, qui évolue alors en National. Après trois mois à travailler sur le projet de construction d'un nouveau centre de formation, il est rappelé pour concrétiser ce grand chantier, devenu une réalité avec la montée du TFC en L2. Ce seront là ses premiers pas dans une entreprise qu'il n'a pas quittée depuis et où il occupe le poste de Dg depuis février2008.

Christophe Kempé. Nouveau pivot de la communication?

Christophe Kempé.

En signant pour deux saisons supplémentaires avec le Toulouse Union Handball, le pivot international Christophe Kempé, âgé de 34 ans, s'est fixé pour objectif de préparer «sérieusement» sa reconversion. Difficile d'en trouver le temps jusqu'alors, pris entre le club dans lequel il évolue depuis onze saisons et l'équipe de France qu'il a rejointe en 1996 pour remporter avec elle deux titres de champion du monde, un titre de champion olympique, un autre de champion d'Europe et la liste ne s'arrête pas là... «Par rapport à son palmarès, le hand français souffre d'un déficit médiatique énorme, déplore-t-il. On sent pourtant une demande du public qui a envie de mieux connaître ses champions. D'où ma décision de créer ma société, Kempé 9 Communication.» Et les idées se bousculent chez le sportif que l'on sent très attaché à réussir sa nouvelle vie professionnelle. «Très tôt, j'ai mis mes études de côté pour me consacrer à ma passion. Je ne regrette rien mais tout ce que j'ai appris pendant ces 15 années au meilleur niveau, je veux m'en servir pour faire avancer la communication autour de ce sport.»

Actes Expertises. Une sportive bien intégrée

Pour Jean-Jacques Hatier, dirigeant du cabinet d'expertise-comptable Actes Expertises, embaucher un sportif est une première. Son passé dans le monde du sport - il a pratiqué le rugby à XIII - est sûrement pour beaucoup dans ce choix. Les conseils de la structure ASM Management et la rencontre avec Marie-Ange Kramo, joueuse dans la D1 féminine du TFC, ont fait le reste. «Quand je l'ai embauchée, elle avait une formation scolaire en comptabilité. Je l'ai formée et aujourd'hui, elle est responsable d'un portefeuille clients, raconte le dirigeant. La CIP n'est pas compliquée à mettre en oeuvre, ce qui reste le plus important, c'est la relation entre le sportif et l'entreprise.» Pour Marie-Ange Kramo, intégrée dans l'entreprise depuis août2007, c'est une véritable aubaine. Lors des stages effectués pendant ses études, elle s'est souvent heurtée à des chefs d'entreprise peu compréhensifs face à ses absences. À 30 ans, elle peut sereinement envisager la fin de sa carrière sportive, d'ici à un ou deux ans certainement.

www.actesexpertises.com

L'événement du 10juin

L'association Rêves sans Frontières a été créée fin 2008. Sa première action se concrétisera le 10juin au Stade Ernest-Wallon, lors d'une journée de solidarité en faveur des enfants défavorisés du Brésil. Les fonds collectés seront reversés à la fondation Gol de Letra. Ses créateurs- Raï et Leonardo, anciens coéquipiers d'Algerino - feront le déplacement à Toulouse le 10juin, accompagnés de Socrates. La journée, jalonnée d'animations brésiliennes, sera marquée par un dîner de gala, précédé d'un match caritatif, à 19h, opposant des grands noms du sport. Billets: 5,50€, en vente sur www.stadetoulousain.fr et dans les réseaux France Billet et Ticket Net Rens.: www.reves-sans-frontiere.org

les cip dans le 31

Seize conventions d'insertion professionnelles (CIP) régionales sont à ce jour actives en Midi-Pyrénées. En Haute-Garonne, les entreprises qui ont embauché des sportifs de haut niveau par le biais de ce dispositif sont: Accenture, Actes Expertises, Aeroconseil Aircraft Engineering, Airbus France, CIMPA, GPdis Sud-Ouest Bardou, la DRDJS, Infoterra, la Lyonnaise des Eaux, Mena Toulouse Service, la Région et Solutions Expertise.

JDE | Édition Haute-Garonne 31 | 5 juin 2009

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