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Trecobat. L'entreprise construit l'après-crise

ajouté le 4 mars 2011  -  - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Trecobat

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Marcel Tréguer (à gauche) conserve 43% du capital de la société qu'il a fondée en 1972. Les cadres dirigeants détiennent, eux, 48%, repris fin 2010 au fonds Axa Private Equity. (Au centre, Alban Boyé, le directeur général, à droite Fabrice Tréguer, le directeur commercial).

Le constructeur de maisons individuelles de Lannilis a subi la crise immobilière. Mais Trecobat compte sur le BBC et un retour de sa clientèle pour rebondir dès 2011.

Les maisons Trecobat ont déjà préparé l'après-crise. En 2010, le groupe de Lannilis a ouvert des agences à Nantes, Rennes et Toulouse et recruté 40 personnes. Paradoxal pour une entreprise qui a perdu 20% de son activité sur l'exercice 2009-2010 avec un chiffre d'affaires de 82millions d'euros. Avant la crise, il tournait autour de 100 à 105millions d'euros. L'explication tient peut-être à une stratégie qui date de 2007. En mars, l'entreprise familiale ouvre son capital à un fonds d'investissement: Axa Private Equity. Il prend 48% des parts. L'objectif est de donner une autre dimension à Trecobat. «Avec des actionnaires, on prend du recul sur son activité, sa stratégie», commente Fabrice Tréguer, directeur commercial et neveu du P-dg, Marcel Tréguer.

De Lannilis à Toulouse
Près de quatre ans plus tard, Trecobat est un leader avec notamment 12% de parts de marché dans le Finistère. Et 6,5% environ dans le Morbihan et les Côtes-d'Armor. «Signe que nous sommes bien implantés dans ces départements.» Surtout, le groupe est sorti de ses frontières historiques, le Finistère, qui représente 30% de la production. Des agences Trecobat ont ouvert à Pacé, près de Rennes et Rezé, près de Nantes. «Des implantations logiques, grâce à nos agences à Dinan (Ille-et-Vilaine) et Pontchâteau (Loire-Atlantique). Notre image nous précédait», indique Fabrice Tréguer. Le pari, c'est celui de l'ouverture à Colomiers, près de Toulouse (Haute-Garonne). «C'est une histoire d'opportunité, relate le directeur commercial. Nous connaissions Bernard Jégou au sein de l'Union des Maisons Françaises. Ce constructeur local de maisons individuelles était à la recherche de partenaires. Nous n'y serions jamais allés sans lui.» Ces trois ouvertures ont permis la création de 40 postes, responsables de bureau d'études, conducteurs de travaux, commerciaux et assistantes. Pour ces établissements, l'objectif «à très long terme» est d'atteindre les 6,5% de parts de marché. Pour l'instant, Trecobat est à 2% à Rennes. À Toulouse, 25 dossiers sont en cours. «Nous sommes satisfaits de cette première année.» Quant à de futures implantations, les dirigeants estiment qu'il est trop tôt. «On va d'abord s'installer dans ces trois départements.» Mais l'idée n'est pas incongrue. «Dans les statistiques sorties récemment, parmi les régions et départements où l'on construit le plus se trouvent la Vendée, la Charente-Maritime, l'Aquitaine», sourit Fabrice Tréguer. Des marchés potentiels pour faire le trait d'union entre Toulouse et la Bretagne.

Les cadres dirigeantsau capital
2010 marque aussi le retrait du fonds Axa Private Equity, qui a revendu ses 48% de parts aux cadres dirigeants. Un retour à une gouvernance interne à l'entreprise, plus familiale. «C'était prévu dès le départ», dixit Fabrice Tréguer. Marcel Tréguer, fondateur et P-dg conserve 43%. Mystère sur le ou les propriétaire(s) des 9% restants. Ce changement de capital ne changera pas grand-chose à la stratégie de l'entreprise. D'autant plus que la reprise étant en bonne voie sur le marché du neuf, le groupe «devrait retrouver son niveau de chiffre d'affaires d'avant la crise cette année».

Le savoir-faire en BBC
Trecobat se targue d'être passée très tôt au BBC. «Depuis toujours nous misons sur la recherche et développement. Ainsi nous avons déjà acquis le savoir-faire», explique Fabrice Tréguer. Au 1er janvier2013, cette norme environnementale sera obligatoire pour toutes les nouvelles constructions. Mais déjà, Trecobat a livré 200 maisons BBC. Des bâtis plus chers d'environ 10% en moyenne. «Mais c'est moins que pour certains de nos concurrents. D'ailleurs nous avons des discussions avec des bailleurs sociaux un peu partout car nous savons faire le BBC moins cher.» Un axe de développement parmi d'autres. «Actuellement nous faisons 15% de notre production sur les maisons ossature bois, ajoute le dirigeant. Nous pouvons aussi en faire pour le tertiaire car les murs sont très faciles et rapides à monter.» Chez Trecobat, la R & D est un travail de fond: «Il faut sans cesses'adapter aux nouveaux modes de vie.» Le groupe travaille déjà sur la prochaine norme, la maison passive (qui ne consomme pas plus qu'elle ne produit). Les nouvelles technologies sont aussi au coeur de sa réflexion avec des offres de systèmes domotiques, que ce soit pour la gestion du chauffage, des volets roulants, de l'éclairage, de la téléphonie ou encore des alarmes.

Trecobat


(Lannilis) 320 salariés Chiffres d'affaires: 82millions d'euros infos@trecobat.fr 02 98 04 01 82

« Le marché du neuf repart»

 Trecobat.  L'entreprise construit l'après-crise


Trecobat sort d'une période difficile, comment l'analysez-vous?
Nous avons en effet perdu 20% de notre chiffre d'affaires, à 82millions d'euros. La crise a touché notre clientèle principale. Les acheteurs, dont c'est la 2e et 3e accession à la propriété, représentent 60%. Ils ont déjà un premier bien à vendre et un prêt relais. Avec la chute du marché de l'ancien, ils ont eu du mal à trouver des acquéreurs au prix qu'ils souhaitaient.
Comment avez-vous pallié cette perte de clientèle?
Les aides comme le prêt à taux zéro ont, par contre, boosté les ventes aux primo accédants. Leur part dans notre clientèle est passée de 30% à 50%. Cependant, cela a fait baisser le prix moyen de la construction de 120.000€ à 108.000€, d'où une perte de chiffre d'affaires.
Et aujourd'hui?
On sent que le neuf repart. Notamment parce qu'il y a eu un rééquilibrage du marché de l'ancien. Au prochain exercice, à fin août2011, on devrait avoir retrouvé notre niveau de chiffre d'affaires d'avant la crise, soit entre 100 et 105millions d'euros. La norme BBC obligatoire au 1erjanvier 2013 devrait aussi aider, car nous avons déjà le savoir-faire.

Le marché Le marché de la construction de maisons individuelles est très concurrentiel. «12 % est déjà une excellente part de marché», souligne Fabrice Tréguer, directeur commercial de Trécobat. La région Ouest (Bretagne + Pays de Loire + Poitou-Charentes) correspond à un quart du marché français. La reprise est très marquée depuis le début 2010, sur l'année, le nombre de ventes de maisons individuelles est en croissance sur toutes les régions, mais particulièrement dans l'Ouest avec environ +22%. (Source : Union des maisons francaises).

1972 Création de Trecobat à Lannilis par Marcel Tréguer
1989 Acquisition de la marque Maisons Goéland (Morbihan) 1995 Rachat de la société Guy Philippe dans les Côtes d'Armor 2007 Entrée au capital du fonds Axa Private Equity 2010 Rachat des parts du fonds (48 %) par les cadres dirigeants

Isabelle Jaffré

JDE | Édition Finistère 29 | 4 mars 2011

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