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ajouté le 4 septembre 2009 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, les recycleurs bretons, recyclage, déchets, Investissement, Création
Les Recycleurs Bretons ont des projets dans leurs cartons. L'entreprise finistérienne de collecte, de traitement et de recyclage des déchets engage, à moyen terme, près de 5 M€ en constructions immobilières et en outil de production.
Thomas Giraudet
C'est devenu une habitude. Depuis sept ans, entre croissances externes et créations ex-nihilo, Les Recycleurs Bretons agrandissent chaque année leur périmètre d'activités. 2009 coïncide cette fois avec l'ouverture d'une agence, à Guilers, pour le rachat des ferrailles et métaux, et l'émergence d'Alzéo Environnement. Créée en juin2008 sous le nom d'Iroise Environnement, cette dernière permet au groupe de se positionner sur le marché régional des effluents avec ses agences à Guilers et Rennes. «Ça nous octroie un meilleur rayonnement d'une entreprise au fort potentiel», confie Pierre Rolland. La PME s'est associée sur cette affaire avec Jean-Philippe Roudier. Alzéo Environnement intervient dans les fosses sceptiques, les bacs à graisse, les séparateurs d'hydrocarbures, les bassins de station d'épuration, les fosses de lavage,etc. afin de pomper les boues pour le compte d'industriels (agroalimentaire, BTP, secteur pétrolier) et de collectivités. «Mais nous ne faisons pas de l'assainissement classique. On procède par une déshydratation des boues par le biais de nos unités mobiles. On évite le déplacement de matériel, le coût du traitement est limité et on recycle les produits sur place», précise Pierre Rolland, à la tête des Recycleurs Bretons depuis 2003. Le dirigeant connaît bien le milieu. Sa précédente entreprise Rolland, spécialiste du dégazage de cuve, a été cédée en 2002, à Veolia. Cargill à Brest, le CHU de la Cavale Blanche, le CMB, l'ABN de Landivisiau font figure de premières références locales. En attendant plus. Pour le premier exercice complet d'Alzéo, l'objectif est d'atteindre 600 à 800 K€ de chiffre d'affaires. Et derrière, c'est aussi acquérir des compétences pour la dépollution de bateaux par exemple...
2M€ à Plouigneau
Malgré un marché des matières premières recyclables en chute au second semestre 2008 - les prix de la ferraille ont été divisés par trois en un an - le spécialiste de la collecte, du tri et de la valorisation des métaux ferreux et non ferreux a réussi à dégager une croissance organique à 11M€ de CA sur l'exercice 2008. Selon son dirigeant, une politique d'achats prudente, combinée à des stocks limités, expliquerait la solidité de l'entreprise dans l'actuelle conjoncture. À moyen terme, la stratégie d'entreprise devrait porter le volume d'activité à 13M€. Le récent arrêté préfectoral, reconnaissant ICPE (Installation classée pour la protection de l'environnement) le site des Recycleurs Bretons à Plouigneau, près de Morlaix, augmente sensiblement la capacité de stockage. Le tonnage de déchets industriels banals et commerciaux passe de 12.000t à 48.000t par an et celui de la ferraille de 8.000 à 32.000t. Ce sésame en poche, Pierre Rolland a décidé d'investir pour atteindre au plus vite la taille critique de l'entreprise. Entre 1,5 et 2M€ vont être engagés d'ici à 2012 pour agrandir de 10.000m² le site et l'équiper.
Travailler de nouvelles matières
Dans un secteur dominé par des groupes nationaux et mondiaux, l'entreprise finistérienne est attachée à son indépendance. Commercialement, elle a resserré sa stratégie sur son bassin d'implantation naturel du Nord-Finistère pour ses métiers traditionnels. «Je crois que la période de crise peut être profitable. Les professionnels sont à la recherche de proximité, de réactivité et de traçabilité dans la gestion de leurs déchets.» Mais ce n'est pas tout. Au sein de cette industrie lourde, la PME tente d'innover. En association avec deux autres industriels, dont les noms ont été tenus secrets, Les Recycleurs Bretons se donnent ainsi un an pour travailler sur la transformation de déchets en combustibles (cf ci-contre). Le site de production pourrait se trouver à terme à Saint-Thudon (Guipavas), une zone sur laquelle l'entreprise possède 40ha de terrain et où elle a prévu de rassembler les sièges sociaux de ses filiales. L'investissement global, pour une installation en 2012, pourrait avoisiner les 3M€. Une véritable vitrine pour la société.
Pierre Rolland, les cours sur le marché de la ferraille ont considérablement chuté au second semestre 2008.
Quelle est la situation aujourd'hui?
En un an, les cours ont été divisés par trois sur les matières recyclables. Le marché est devenu aujourd'hui plus raisonnable, moins spéculatif. Le ralentissement de la demande provient de la chute de l'immobilier mais aussi des pays émergents et de la Chine. Les acheteurs y sont moins nombreux. Les grands travaux pour les Jeux olympiques de 2008 ont par exemple été réalisés avant la crise et ont soutenu la demande. Mais il faut relativiser: la machine s'était emballée et 2009 sera finalement une année plus normale.
Comment s'est comportée votre entre
prise durant cette période?
Nous avons plus que limité la casse puisque nous sommes en progression, à 11M€ de chiffre d'affaires sur l'exercice 2008. Nous avions anticipé la crise en limitant les stocks et en se montrant prudents sur notre politique d'achats.
Sur quelles activités basez-vous votre croissance?
En premier lieu, les métiers traditionnels comme la collecte et le recyclage. On commence à avoir une bonne notoriété sur notre zone du Nord-Finistère et il faut capitaliser dessus. Les professionnels sont attentifs à la proximité, à la réactivité et à la traçabilité de leurs déchets. Ensuite, je crois beaucoup au développement d'Alzéo Environnement. Cette filiale nous permet d'acquérir des compétences nouvelles en assainissement de fosses sceptiques, de cuves, de bacs à graisses, de séparateurs d'hydrocarbures ou de tous types de bassins et de canalisations. On pompe et on déshydrate les boues. Les quantités de matières après traitement et les coûts sont diminués. On relance en quelque sorte l'activité que je faisais précédemment chez Rolland (revendue en 2002 à Veolia). Nous sommes toujours à l'affût d'opportunités.
Comme celles de travailler sur de nouvelles matières...
Notre projet de construction à Saint-Thudon s'inscrit en effet dans cette logique. On réfléchit depuis cinq six ans à développer nos activités de recyclage en allant vers une nouvelle matière... C'est encore un peu secret pour le moment mais ce que je peux dire, c'est que cette évolution porte sur les procédés et les outils techniques. Nous avons le foncier, la maîtrise du gisement, il ne manque plus qu'à identifier les débouchés. Nous sommes dans une phase de validation technique qui va prendre un an. L'idéal serait d'être prêt dans deux trois ans.
Les Recycleurs Bretons supporteront-ils seuls l'investissement?
Non. On vise plutôt des partenariats avec des spécialistes du déchet. L'investissement est conséquent, or, nous pouvons partager les outils de production.
1980 René Bernès crée Les Récupérateurs Bretons
2002
Création des Recycleurs Bretons à Plouigneau
200
3 Pierre Rolland rachète les Récupérateurs Bretons
2004
Acquisition de la société Jean Floch rebaptisée Floch Eco Industrie
2006
Création de Bricométal sur la commune de Plouigneau
2009
Création d'Alzéo Environnement
2012
Regroupement des services administratifs des filiales des Recycleurs Bretons sur la zone de Saint-Thudon à Guipavas
- Dirigeant : Pierre Rolland - CA : 11 M€ en 2008 - Salariés : 50 - Activité : Collecte, tri, valorisation des déchets industriels, des métaux ferreux et non ferreux, enfouissement des déchets de chantier et du BTP, traitement des effluents. - Quatre filiales : Les Recycleurs Bretons, Ceti, Floch eco-industrie, Les Récupérateurs Bretons - Sites : Guilers, Plouigneau, Rennes - Contact : 02.98.36.61.61; www.recycleurs-bretons.fr
JDE | Édition Finistère 29 | 4 septembre 2009

