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ajouté le 8 janvier 2010 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Le Nouy
Le fabricant de fenêtres et fermetures Le Nouy a plus de 50ans. Ce qui ne l'empêche pas d'être à la pointe de l'innovation. Une démarche récompensée par le Trophée Inpi il y a peu.
Isabelle Jaffré
Lauréat du Trophée Inpi, catégorie PME-PMI. Une dizaine de brevets déposés en deux ans. Le Nouy est définitivement tournée vers l'innovation. Le fabricant de fenêtre et fermetures de Briec investit entre 400K€ et 500 K€ en R & D chaque année. «Aujourd'hui, nous sommes conscients qu'il faut protéger nos inventions», note Alain Le Nouy, le P-dg. Le marché de la menuiserie et de la fermeture est déjà très atomisé au plan national. Mais l'arrivée d'entreprises venues de pays à bas coût n'est pas à exclure. «Pour les années à venir, il faudra également compter avec les entreprises étrangères, pour l'instant, peu présentes.» La société a son propre bureau d'études depuis plus de cinq ans. Le Nouy cherche la différenciation. «La R & D a beaucoup d'importance pour nous. Nous sommes convaincus que c'est une nécessité absolue. Il faut oser sortir des sentiers battus.» Exemple: les fenêtres en PVC... laqué, avec la gamme Colorline. «Cela repositionne le produit par rapport à l'aluminium, jusqu'alors la solution privilégiée par les constructeurs et les architectes.» Parce que le PVC a mauvaise réputation, parce que c'est du plastique, parce qu'il est moins cher, parce que c'est ce qu'on trouve en HLM. D'où des couleurs et pourquoi pas des imitations bois, pour un jour, peut-être, convaincre les architectes des Bâtiments de France qu'elles ne dénaturent pas le paysage historique.
René et Corentine
La société Le Nouy est d'abord une affaire familiale. René le Nouy, menuisier et sa femme Corentine, secrétaire comptable lancent l'entreprise en 1956. «Mon année de naissance, je ne peux pas l'oublier», s'amuse le P-dg Alain Le Nouy. Il dirige aujourd'hui l'entreprise avec son frère, François, directeur général. La menuiserie a grandi petit à petit. En 1962, le père construit le premier bâtiment sur la zone de Rosculec, à Briec, où l'entreprise est toujours installée. Aujourd'hui, elle y possède trois structures, après avoir racheté l'ancienne usine du groupe Doux aux débuts des années 2000. «La succession s'est faite naturellement, en 1990», se souvient Alain Le Nouy. En 2005, trois des cinq membres de la fratrie propriétaires de la société se retirent. «Gérer à cinq, ce n'est pas forcément facile.» L'entreprise ouvre son capital aux fonds 3i (49%) et Avenir Entreprises (11%, toujours présent). Alain et François reprennent le contrôle de l'entreprise familiale en mars2009, avec la sortie de 3i. Les deux frères détiennent désormais 68% du capital.
Fournir les artisans
La société a connu une belle ascension. Croissance à deux chiffres, chiffre d'affaires multiplié par 2,5 entre1998 et2008, 120 créations d'emplois sur la même période, 8,3M€ d'investissement entre2004 et2006. Comment le P-dg explique-t-il une telle réussite pour ce qui n'était au départ que de l'artisanat? «Un peu de chance et beaucoup de travail, avance Alain Le Nouy. La qualité de nos produits et puis une certaine éthique. Laroute était tracée. Mon père s'était positionné sur le marché des professionnels artisans menuisiers, serruriers, charpentiers, revendeurs.» Fournir les pros, se faire une clientèle «et ne pas marcher sur leurs plates-bandes en vendant aussi aux particuliers.» Aujourd'hui, l'entreprise compte 1.600 clients. Entre 500 et 1.000 sont réguliers. «Quand je suis entré dans l'entreprise, en 1976, les machines restaient très artisanales. Mon père inventait et fabriquait lui-même les outils de travail qui permettaient de faire nos assemblages, en particulier les persiennes.» C'est de là, sans aucun doute, que vient l'esprit d'innovation de l'entreprise. Désormais, Le Nouy cherche à voir plus loin que la Bretagne et le Grand Ouest. Le Nouy atteint la région parisienne, la Picardie, Bordeaux. Une agence a même été ouverte à Agen, fin 2008. Quant au projet de croissance externe, il a été mis en stand-by. «Nous restons attentifs aux opportunités, sans nous précipiter.»
Le Nouy avait engagé un plan stratégique jusqu'en 2012. Où en êtes-vous?
Nous avons dû modifier notre plan stratégique compte tenu de la conjoncture. L'année 2008 a été plutôt bonne, mais 2009, très compliquée. Nous sommes rentrés un peu dans notre coquille, comme les autres nous subissons la crise et attendons une reprise. L'activité du bâtiment neuf s'est dégradée. Nos clients ont enregistré des chutes de vente allant jusqu'à -30%. Et la rénovation n'a pas compensé.
Continuez-vous à investir?
Nous avons mis en stand-by une partie des investissements car nous avons peu de visibilité. En 2009, l'objectif était de 1,5M€, nous avons fait la moitié.
Et pour 2010?
Nous n'avons pas plus de visibilité. On espère qu'au second semestre, la croissance reviendra. On reste cependant prudents. L'objectif est de maintenir l'équipe. En septembre dernier, il y a eu beaucoup de travail sur les produits pour la rénovation. Mais attention au feu de paille. Pour autant, nous allons investir dans un nouveau système informatique et de nouvelles machines.
On parle beaucoup des bâtiments basse consommation (BBC), d'économie d'énergies... C'est là qu'est l'activité aujourd'hui?
Nous nous y sommes mis depuis plusieurs années déjà. En 2005, la réglementation thermique a évolué. Nous en avions profité pour anticiper celles de2010 et2012. Nous travaillons aussi en liens étroits avec nos clients sur ces sujets, pour coller à la demande. Notre nouveau volet roulant, le VRx atteint un coefficient d'isolation thermique de 0,3. Bien au-delà des produits traditionnels, qui se positionnent autour de 0,8, voire plus. Sept brevets ont d'ailleurs été déposés pour le VRx. Il faut de nouveaux produits dans le BBC. Tous les acteurs sont très sensibles et actifs, tout simplement parce que c'est une démarche qui va dans le bon sens
sur le plan écologique.
1956
René Le Nouy crée la société Le Nouy (entreprise individuelle) au bourg de Briec.
1962
Construction du premier bâtiment sur la zone de Rosculec.
1979
Transformation de l'entreprise en société anonyme, la SA fermetures Le Nouy.
1987
Démarrage du processus de succession familiale : le capital de l'entreprise est transféré aux enfants de René et Corentine Le Nouy (Alain, François, Hervé, Henri, Gilles et Marie).
1992
Création de la société Le Nouy Distribution ayant pour objet de structurer et d'accentuer la distribution des produits Le Nouy.
2006
Fusion des sociétés Fermetures Le Nouy, Adema, Le Nouy Distribution pour former la SAS René Le Nouy.
2009
François et Alain Le Nouy reprennent le contrôle de la société avec la sortie du fonds 3i, rentré en 2005 au capital.
- CA2008 : 31,3 M€ - Effectifs : 230 - Budget R&D : entre 400 et 500 K€ - Brevets : Une dizaine de brevets déposés l'année dernière. - Capital social : 250 K€ (SAS) - Sites : Trois, regroupés à Briec, zone de Rosculec. 100.000 m² dont 35 000 m² de surface de production et de stockage. - Production : 91.000 fenêtres et fermetures fabriquées en 2008 18 produits. Depuis les persiennes jusqu'au menuiseries en PVC laquées. - Clients : 1.600 professionnels - Investissments : 8,3 M€ entre 2004 et 2006 - Contact : 02.29.40.14.14 ; contact@lenouy.com ; www.lenouy.com
JDE | Édition Finistère 29 | 8 janvier 2010

