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ajouté le 7 janvier 2011 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Larnicol
Après une boutique Boulevard Saint-Germain et rue de Rivoli, le pâtissier et chocolatier quimpérois prépare son implantation au Brésil.
Paris n'est plus un rêve lointain de développement là où pour avoir une stature nationale, avoir pignon sur rue s'impose. Le 16décembre, Georges Larnicol, pâtissier chocolatier à Quimper et Meilleur Ouvrier de France a ouvert sa première boutique de macarons, pâtisseries et pièces artistiques en chocolat, 132 boulevard Saint-Germain. Macarons, Kouignettes, Torchettes, ces gâteaux conçus pour les surfeurs de la Torche, pièces artistiques en chocolat, Tour Eiffel, monuments sculptés... sont entreposés dans les 80m² laissés vacants par Tati Or. Montant de l'investissement: 1,1M€. Une tête de pont pour, espère Georges Larnicol, faire ses gammes à la capitale. Car l'ambition est forte. Après Saint-Germain, une autre ouverture de boutique est prévue, 14, rue Rivoli la deuxième quinzaine de janvier. Cette fois, le chocolatier quimpérois va consentir un investissement de 800 K€. Et ça ne s'arrête pas là. La suite, ce sera, dix à douze magasins à la capitale, dans les cinq ans, rêve le Breton. «Dans les affaires, il faut aller vite. C'est ma stratégie», affirme Georges Larnicol.
Un développement en propre et par des revendeurs
La stratégie justement, elle tourne autour d'un développement en propre. Ce fils de pâtissier, élu Meilleur Ouvrier de France en 1993, s'est toujours refusé à développer son concept en franchises. Larnicol est un artisan et le revendique. «Je ne veux pas juste des billets sur la table. Quand je recrute, je rencontre les gens au moins un an avant de signer. Les plus tenaces restent...», relate le chocolatier breton qui démarra sa carrière comme vendeur de frites fraîches artisanales. Depuis «son entrée dans les ordres» en 1985 avec la création de la pâtisserie Boule-de-neige à Quimper, Georges Larnicol s'est implanté dans la plupart des villes touristiques finistériennes, à Concarneau, Locronan, Pont-Aven, Saint-Goustan. Mais aussi en dehors de la Bretagne administrative, à Nantes, Guérande, Bordeaux, Saint-Malo intra-muros. En parallèle, il a cherché à mailler l'Hexagone pour se faire un nom, à travers un réseau d'une dizaine de revendeurs (Trouville, Honfleur, Rennes Le Bastard, LeMans, Saint-Brieuc, Libourne, L'Île de Ré, La Baule, LaRochelle...) «Le profit est quasiment nul chez un revendeur. D'ailleurs, nos pièces artistiques, nous leur vendons quasiment la moitié du prix», explique le P-dg qui souhaite par ce biais «occuper le terrain et se faire connaître».
Financer la croissance
: «une réflexion en cours»
En janvier2011, l'entrepreneur ira planter son drapeau, dans le Sud de la France, avec une ouverture de boutique à Menton, gérée par la SARL Chocolaterie du Mistral. Pour s'en occuper, Georges Larnicol s'est associé à Philippe Chatelain, Meilleur Ouvrier de France. Là encore la volonté de développement est forte. Objectif: inaugurer, dans les cinq ans, une unité de production, comme celle de Melgven dans le Sud Finistère. Et approvisionner un réseau de pâtisseries-chocolateries dans tout le Sud de la France, de l'Europe mais aussi aux Émirats Arabes. Idem à Amiens où une ouverture est prévue en 2011. Un pôle qui à terme doit gérer des développements en Allemagne, Suède, Luxembourg, Belgique, Norvège...
Un concept de restaurant de Kig A Farz et Homard Bleu
Pièce après pièce, le pâtissier conçoit donc l'architecture de son entreprise. Pour financer la croissance, le scénario d'une prise de participation -provisoire- de financiers n'est pas à exclure. «Une réflexion est en cours à ce sujet», note Georges Larnicol, attaché à la maîtrise du groupe artisanal. À l'heure actuelle, le développement est pyramidal. Il s'appuie sur une holding de tête à 100% Georges Larnicol. Lequel détient des participations dans des sociétés distinctes, à l'intérieur desquelles il souhaite, au fil du temps, faire entrer d'autres artisans ou Meilleurs Ouvriers de France.
Autre fer de lance, la restauration via l'entreprise Biscuiterie Quimpéroise Restauration et Chocolat. Elle gère le restaurant ?le Petit Gaveau?, rue des Boucheries à Quimper. Dans le futur, Georges Larnicol lui confiera la gestion d'un concept de restaurant où on ne mangera que du Kig Ar Farz ou du Homard Bleu. Le Breton le testera à Paris puis dans des grandes villes françaises.
Un navire de 12 tonnes pour les Tonnerres de Brest?
Larnicol veut aussi se faire un nom au-delà, au Brésil. Un pays plein de promesses. Le Quimpérois s'est donc associé à Olivier Cozan, le fils d'une figure finistérienne de la politique, résidant du Brésil depuis dix-sept ans et professionnel de la restauration (lire ci-contre). Alors, pour se faire remarquer, une Formule 1, taille réelle, entièrement en chocolat pourrait rouler à Copacabana. En Bretagne, la petite histoire du bateau flottant en chocolat (4,20 mètres pour 1,2 tonne quand même...), a fait le tour du monde des rubriques ?insolites?. Un joli coup marketing. Après la première course de voiliers à Concarneau, l'été prochain, peut-être un navire de 12 tonnes entièrement en chocolat pour les Tonnerres de Brest 2012... «Il faut arrêter de vouloir être adulte...», s'exclame cet artiste conquérant.
Quel est votre plan au Brésil?
Dans les prochains mois, nous allons ouvrir un magasin de 100m² à Copacabana et une première unité de production comme celle de Pont-Aven. Ensuite on ouvrira un second magasin à Ipanema le quartier des affaires. En phase B, quand nous aurons déjà trois à quatre magasins, nous investirons 10 à 15M€ pour une usine de production de masse de cacao. On achètera des fèves très haut de gamme (le criollo) en Haïti. Le Brésil, qui l'a soutenu après le tremblement de terre, jouit de relations politiques amicales. On importera nos fèves et on s'approvisionnera aussi en forastero au Brésil, très gros producteur de fèves de cacao.
Pourquoi une unité de masse de cacao?
En France, on mange 4kg de chocolat par an contre 7kg en Belgique et entre 18 et 20 grammes en Chine. Le jour où la Chine passe à 36 grammes on risque de se heurter à un sacré problème sur le marché de la fève de cacao.
Le chocolat va devenir un produit très haut de gamme...
D'où l'intérêt de garantir notre indépendance et de protéger ce que l'on fait.
Le marchéL'industrie française de la chocolaterie compte environ 70 entreprises dont 90% de PME et emploie plus de 11.700 salariés. Elle comprend des groupes de taille internationale comme Lindt, Cémoi ; une cinquantaine de PME comme Valrhona mais aussi de nombreux artisans comme Georges Larnicol. En France, un enfant consomme 12grammes de chocolat par jour et un adulte 5,7grammes.
1985 Ouverture de la pâtisserie Boule-de-neige à Quimper 1999-2001 Ouverture d'un premier self-service de chocolats et pâtisserie à Concarneau. Puis ouverture à Locronan. 2003-2004 Pont-Aven puis Saint-Goustan 2006-2007 Nantes et Guérande 2008 Bordeaux
2010 Saint-Malo et Paris 2011 Copacabana
Armelle Gegaden
JDE | Édition Finistère 29 | 7 janvier 2011

