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L'Armoricaine Laitière. Une coop à taille humaine

ajouté le 8 janvier 2010  -  - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois

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Le Fromagio fromage à pâte dure type Parmesan, est la pépite de l'Armoricaine Laitière. Un stock d'une année et demi estimée à 2M€.

Depuis 1950, la coopérative l'Armoricaine Laitière a fait le choix de la croissance raisonnée. Autour de valeurs humaines et sociales fortes. Le tout centré sur des marchés de niche à forte valeur ajoutée pour les éleveurs.

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Julien Uguet

L'histoire de l'Armoricaine Laitière débute en 1950 du côté de Lanfains. À la base, l'envie de quelques éleveurs locaux d'offrir davantage de valeur ajoutée à leur production. «Le lait pasteurisé, la crème et le beurre étaient distribués dans la région de Saint-Brieuc, confie Jean-Paul Linet, directeur général depuis 2004. La coopérative de Lanfains, comme elle s'appelait à l'époque, s'appuyait sur des valeurs sociétales fortes dans une logique de structure à taille humaine. Le tout couplé à des niveaux d'exigence qualitative élevés qui permettaient de payer le lait un peu plus cher qu'ailleurs. Le nombre d'adhérents n'a jamais dépassé les 200. Ils sont aujourd'hui 100 avec encore des familles historiques aux commandes.»

Partenariat historique avec Even
La croissance de l'Armoricaine est intimement liée à celle de la coopérative laitière de Ploudaniel dans le Finistère, plus connu sous le nom d'Even. «C'est elle, à travers la personne de François Dubois, ami avec Eugène Le Liard, le premier directeur de notre coopérative, qui nous a mis le pied à l'étrier.» L'argent prêté par Even permet notamment l'achat d'une ligne de conditionnement. «Les bouteilles de lait étaient commercialisées à travers leur réseau. Mais le partenariat s'est limité à cela. Nous souhaitions garder une autonomie relative sur notre business.» Cet intime rapprochement se traduira toutefois, en 1969, par la création de l'UCA Even, entre Lanfains, Ploudaniel et Lorco, une coopérative basée à Rosporden. Une union qui a pris fin en 2009 avec la création de Laïta, regroupement de Terrena, Coopagri et Even. «Grâce aux liens historiques avec Even, nous sommes parvenus à conserver un statut de partenaire associé.» Au début des années 70, l'Armoricaine Laitière déménage sur le site actuel de Milhartz. «Il fallait accompagner la diversification de la coop sur le créneau du lait ribot.» L'entreprise en profite pour tester la fabrication de fromages, glaces et autres produits de valorisation du lait. «Il fallait tirer parti de cette valeur ajoutée offerte par le terroir de Lanfains. Nous ne pouvions nous limiter au simple conditionnement pasteurisé.» Michel Huguet, rentré comme directeur adjoint en 1973 - il prendra la tête de la coop en 1984 - décide alors de s'intéresser au mythique Parmigiano Reggiano, la réglementation liée aux AOC n'étant pas aussi prégnante à l'époque. Elle se durcira en 2000. Toutefois, de ses nombreux voyages réalisés en Italie, entre1980 et1987, pour apprendre à maîtriser la technologie du Parmesan, naîtra le Fromagio. Un atelier de conditionnement sera entièrement dédié à ce fromage à pâte dure en 1992. «C'est un bon compromis qualitatif car nous respectons à la lettre la méthode de fabrication du Parmesan italien. C'est un de nos produits phares prisés des industriels. Nous réalisons entre 500 et 1.000t par an.» Pour la majeure partie exportée... en Italie!

Sur le créneau des MDD
En 2000, l'UCA Even décide de se positionner sur le créneau des MDD. L'Armoricaine se voyant confier le marché des laits fermentés. «Nous avions commencé à nous y intéresser à la fin des années 80 pour surfer sur la vague du Yop de Danone. Des produits comme Evenix ou un Juvamine à Boire ont été testés mais n'ont pas fait long feu en linéaires.» Intermarché est le premier distributeur à faire confiance à la petite coopérative costarmoricaine. «Les Mousquetaires sont des partenaires très fidèles puisque nous leur fournissons plus de 45 références différentes. Même si désormais nous travaillons avec tout le monde. Carrefour, Auchan, Cora, etc.» Entre2003 et2008, l'Armoricaine passe de 0 à 9.000t de yaourts à boire, soit 16% du marché français. Se positionner sur des marchés de niche est aujourd'hui la stratégie de la coopérative de Lanfains. Un état d'esprit, empreint de modestie mais d'un indéniable sens des affaires, qui permet à l'Armoricaine d'être encore bien vigoureuse 64 ans après sa création.

«Rester autonomes dans les affaires»


Dans un paysage laitier en pleine concentration, votre présence étonne. Jean-Paul Linet, comment expliquez-vous cette situation?
Notre croissance s'est réalisée dans l'ombre de la coopérative de Ploudaniel avec qui nous avons noué des liens très forts, qui vont au-delà de l'aspect commercial. Cela a été, et reste encore, un atout. Mais notre statut de dernière coopérative laitière dont le siège est situé dans les Côtes-d'Armor est à mettre au crédit des adhérents qui ont perpétué la volonté des agriculteurs fondateurs. Celle de rester autonome dans les affaires, à travers un niveau qualitatif très élevé, dans la production du lait et de ses dérivés.
Cette exigence vous permet de mieux payer le lait...
Effectivement, nous sommes entre 3% et 5% au-dessus de la moyenne nationale. Ce qui en pleine crise du lait, sur une année, n'est pas négligeable. En contrepartie nous respectons des critères plus drastiques depuis 1950. Ce qui amène nos éleveurs à moderniser leurs exploitations en continu. Derrière l'Armoricaine Laitière se trouvent de véritables techniciens du lait.
Vous militez plus que jamais pour le statut coopératif?
Je rajouterais à taille humaine construite autour de valeurs fortes comme la solidarité, l'entraide et le lien social. Une coop comme l'Armoricaine a cette volonté farouche de dynamiser un territoire de proximité et y maintenir emplois et centre de décision. Tout en se positionnant sur des marchés de niche à forte valeur ajoutée.

JDE | Édition Côtes-d'Armor 22 | 8 janvier 2010

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