

Entreprendre
ajouté le 9 septembre 2011 - - Mots clés : Dossiers, Entreprendre, Capital
En France, seules 10% des entreprises de plus de dix salariés sont transmises à la génération suivante. Pourtant la fiscalité est devenue attractive. Comment donc assurer la continuité familiale de l'entreprise? Quelques clés permettent de lever les freins humains et techniques.
Dossier réalisé par Caroline Scribe
Curieux paradoxe! Selon une étude récente du cabinet PwC sur les entreprises familiales françaises réalisant plus de 25M€ de CA, menée en collaboration avec le Family Business Network France (FNB), 58% des dirigeants familiaux interrogés souhaitent transmettre leur entreprise à la prochaine génération. L'enquête réalisée auprès des lecteurs du Journal des Entreprises, en lien avec TMO Régions, va dans le même sens: 47% des chefs d'entreprise envisageant de céder leur entreprise dans les cinq ans à venir placent la famille en tête de leurs réponses. Pourtant, en dépit de cette volonté affichée, le taux de reprise des entreprises par les héritiers est très faible en France. Le rapport Mellerio, remis au gouvernement en 2009, fait ressortir que le taux de continuité familiale des entreprises plafonne à 10% dans le pays alors qu'il atteint 55% en Allemagne, 58% aux Pays-Bas et 72% en Italie. Quelles que soient les intentions exprimées, les entreprises familiales françaises sont pour la plupart rachetées par des groupes ou des repreneurs extérieurs.
Une fiscalité attractive mais des freins psychologiques
Largement majoritaire dans l'Hexagone, où elle représente 83% des entreprises, le business familial contribue à environ 50% du PNB et des emplois. La transmission représente un moment critique dans son cycle de vie. Réussir cette étape apparaît comme un enjeu crucial pour des entreprises familiales qui, selon l'étude PwC, ont les moyens de devenir leaders dans leurs domaines d'activité. À l'évidence, il existe en France des freins à la transmission de l'entreprise dans le cadre familial. Depuis une dizaine d'années, la France a progressivement rattrapé son retard par rapport à ses voisins sur le plan de l'attractivité de la fiscalité de la transmission. En combinant différents dispositifs, la transmission de l'entreprise à ses héritiers peut coûter moins de 5% de sa valeur. Encore faut-il que les chefs d'entreprise connaissent et maîtrisent des solutions qui restent complexes. «Je pense que si mes clients avaient une meilleure connaissance des mécanismes fiscaux, ils seraient plus enclins à opter pour une transmission familiale» estime Thierry de Lorgeril, avocat fiscaliste dans le cabinet Bretlim Consultants, implanté à Versailles, en région lyonnaise, à Saint-Nazaire et à Guérande.
Ne pas s'y prendre trop tard
«Les intentions de transmettre à la prochaine génération progressent mais les chefs d'entreprise s'y prennent tard pour concrétiser leurs souhaits, tant sur le plan patrimonial qu'opérationnel. Alors que la clé de la réussite réside dans l'anticipation de la transmission qui permet de désamorcer les problèmes humains et fiscaux», analyse pour sa part Diane de Ferron, déléguée générale du FBN France. En cause, le profil psychologique des entrepreneurs qui ont du mal à abandonner les rênes de leur société. «Le dirigeant craint de perdre sa vitalité, de voir son modèle remis en cause», confirme Xavier Gautier, spécialisé dans le conseil aux entreprises familiales, notamment sur les problèmes de gouvernance. La transmission familiale brasse, en un cocktail potentiellement explosif, des questions d'argent, de pouvoir, de sentiments... Dans ces conditions, on comprend que les spécialistes s'accordent à recommander de régler les problèmes humains et de gouvernance avant de s'attaquer aux aspects techniques de l'opération.
Comment passer le flambeau?
JDE | Édition Provence-Côte-d'Azur | 9 septembre 2011

