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ajouté le 4 décembre 2009 - - Mots clés : Actualité, Entreprise du mois, Corsiglia
La confiserie Corsiglia, qui cultive depuis cinq générations la passion du marron glacé en mariant tradition, respect du produit avec recherche et développement, sert aujourd'hui les plus grandes épiceries fines et chocolatiers. La PME a su industrialiser la gourmandise...
L'entreprise, aujourd'hui installée à Aubagne, n'a jamais cessé d'innover et d'investir dans la recherche et développement. Elle dispose ainsi d'une salle de production de marrons glacés, de 1.200m² comportant vingt-cinq cuves de 1.000 à 1.400kg, entièrement contrôlées par informatique, et d'automates d'emballage entièrement mécanisés pouvant plier jusqu'à 3,5 tonnes de marrons par jour. Pourtant, l'aventure de l'entreprise Corsiglia commence en 1855, date à laquelle Jean-Baptiste Raffetto, l'oncle du grand-père de Jean-Louis Corsiglia, actuel dirigeant de la confiserie, s'installe à New York pour y produire des fruits confits et des marrons au sirop. Il y épouse Nicoletta Corsiglia et en 1870, André Corsiglia, le grand-père de Jean-Louis, les rejoint. «L'entreprise est ensuite rachetée par une société bruxelloise et mon grand-père se rend en Belgique. Il s'y marie et son épouse, d'origine marseillaise, ne veut pas repartir pour les États-Unis», rappelle avec passion Jean-Louis Corsiglia dans la grande salle de réunion de l'entreprise où trônent les portraits des premières générations de Corsiglia dont il a hérité l'entreprise et perpétue le savoir-faire. «Ils décident alors de s'installer à Marseille». La Belle de Mai puis la rue Abbé de l'Épée (où le nom Corsiglia demeure encore sur une façade) abritent les différentes implantations de l'entreprise qui est ensuite reprise par Jean et Louis Corsiglia (le père et l'oncle de Jean-Louis). «Je suis entré dans la société en 1965. J'avais 19 ans. J'ai toujours baigné dans cet univers de la confiserie et du fruit confit », explique Jean-Louis Corsiglia, dont l'épouse Danièle est également aux commandes de l'entreprise, tout comme ses enfants, Christophe et Stéphanie.
23% du CA à l'export
Dans les années 1970, l'entreprise fabriquait de nombreux produits (fondants, guimauves, nougats, chewing-gums...) tous à base de marron ou de châtaigne. «Petit à petit, je me suis dit que nous devions nous spécialiser sur un produit et en devenir leader». Aujourd'hui, la société Corsiglia produit pour 40% des marrons au sirop et pour 60% des marrons glacés qu'elle vend aux pâtissiers et glaciers. L'entreprise fabrique également de la crème et de la pâte de marrons ainsi que des écorces de citrons et d'oranges confites. La clientèle est hexagonale, mais également internationale. L'export représente 23% du chiffre d'affaires de l'entreprise. «Sur les marchés étrangers, nous sommes vendus dans les rayons des ?department stores? ou à des importateurs qui distribuent ensuite nos produits. Nous travaillons avec les États-Unis, l'Europe du Sud (Espagne, Italie), le Bénélux, la Suisse et quelques pays d'Amérique du Sud comme l'Argentine, le Chili ou le Brésil.
Un produit festif
Malgré la crise, en 2009, l'entreprise a maintenu ses parts à l'export et s'est en outre aventurée sur le marché italien, qu'elle distribue en direct depuis janvier. «En Italie, nous sommes en contact avec les clients finaux. Notre produit est festif. Cela nous permet de ne pas trop subir les fluctuations dues à la crise». En 2002, la société a quitté ses locaux marseillais, trop étroits, pour gagner le site actuel, à Aubagne, qui appartenait à Pulco. «Si le produit est saisonnier, la fabrication, elle, est étalée tout au long de l'année. «La production des agrumes confites nous permet par exemple de lisser la saisonnalité ». En France, la clientèle de l'entreprise est constituée de pâtissiers, chocolatiers et glaciers (50%), de semi-industriels et de grands comptes (30%). «Pour les grands comptes, nous fournissons des produits à leurs marques. Dans le cas des artisans, la moitié des produits sont à notre marque...»
Depuis quand avez-vous envisagé l'export, qui représente aujourd'hui 23% de votre chiffre d'affaires?
Nous avons toujours travaillé à l'export. Dès les années 1970, nous avons participé à des salons (Sial, ISM...) et nous avons décroché des commandes pour Harrod's à Londres et pour des clients au Japon. Les salons sont très importants pour faire apprécier nos produits. En mars prochain, je vais aller à Shanghai, via la CCI de Lyon où nous sommes en contact avec un partenaire qui dispose d'une franchise de chocolatiers/ pâtissiers en Chine et qui essaye d'y développer une certaine culture gastronomique française.
Le marron glacé est donc un produit qui voyage bien?
Nous pouvons exporter vers des destinations lointaines sans soucis car nous avons mis en place depuis 1986 un brevet qui nous permet d'emballer les marrons sous vide tout en conservant leur saveur. Nous avons des délais de conservation de 24 mois qui nous permettent d'être largement distribués n'importe où dans le monde, et de servir les clients les plus prestigieux. L'idée de cette innovation m'est venue à l'international, au Japon, sur un salon, alors que je grignotais un sandwich emballé dans un sachet sous vide...
Des contraintes gustatives entraînent-elles l'adaptation de certains produits en fonction des pays?
Pour vendre nos produits, nous nous sommes rendu compte que les gens devaient avoir une culture gustative liée au marron ou à la châtaigne. Nous nous adaptons de toute façon à toutes les demandes gustatives des pays. Pour la Chine, nous devrons proposer des produits sur une thématique liée au sucré/salé, et pour le Japon, nous réalisons de la pâte de marron désucrée.
Depuis votre emballage sous vide, vous ne cessez d'innover, que ce soit techniquement ou en matière de produits...
Les possibilités d'utilisation du marron sont infinies. Depuis deux ans, nous avons par exemple lancé un marron givré dont nous adaptons l'alcool en fonction des régions: rhum pour les DOM-TOM, Mirabelle, poire williams, cognac... Tout le matériel industriel a été personnalisé pour notre production. Nous avons ainsi huit plieuses automatiques qui viennent du Japon et qui permettent de ne plus toucher le marron avec les mains.
Autour de Jean-Louis Corsiglia, qui s'occupe de la production et de la recherche et développement, de l'impulsion commerciale et de l'export, ses deux enfants, Christophe et Stéphanie, se consacrent respectivement à la gestion financière et aux grands comptes. «Stéphanie est près de moi depuis 14 ans et je me décharge peu à peu sur elle d'une partie de l'export». Marianne Thomas a intégré la société voici cinq ans. Cet ingénieur en industrie agroalimentaire est entrée dans l'entreprise comme responsable qualité. «Peu à peu, je me suis également investie dans la production, les recettes...», explique-t-elle. Nassera Chenine, qui supervise aujourd'hui la partie conditionnement, soit une trentaine de personnes en basse saison, est entrée dans l'entreprise voici 28 ans comme saisonnière. De son côté, David Apicella est dans l'entreprise depuis 21 ans, après avoir obtenu un BTS de comptabilité et gestion. «J'ai été engagé comme aide comptable et depuis je n'en suis plus reparti», commente-t-il avec humour. Aujourd'hui David Apicella s'occupe du réseau de représentants et des achats.
1855
Jean-Baptiste Raffetto s'installe à New York et y produit des fruits confits et des marrons au sirop
1896
Création de la première société Corsiglia à Marseille
1932
Installation de l'entreprise rue Xavier Progin, à Marseille
1965
Jean-Louis Corsiglia, l'actuel dirigeant, entre dans l'entreprise
1996
Acquisistion de 14 hectares de châtaigneraie, à Collobrière dans le Var
2002
L'entreprise quitte la rue Progin pour s'installer à Aubagne
Danièle Corsiglia, P-dg Jean-Louis Corsiglia, directeur général délégué Stéphanie Corsiglia, directeur général déléguée CA : 15 M€ Effectif : 50 (100 de septembre à décembre) Part du chiffre d'affaires à l'export : 22 à 23% Superficie de l'usine : 4.400 m² Superficie de l'entrepôt : 2.500 m² Nombre de pâtissiers livrés : 4.500 Poids annuel de marron cru acheté : 450 à 500 tonnes. Corsiglia 455 Chemin de la Vallee - 13400 Aubagne Tél.: 04.42.36.99.99 Fax : 04.42.36.99.85 et 04.42.03.64.43
Didier Gazanhes
JDE | Édition Provence-Côte-d'Azur | 4 décembre 2009

